
Avant la sortie du jeu Black Myth : Wukong, une controverse concernant un étrange document a provoqué l’indignation.
Pour la seconde moitié de 2024, le jeu chinois Black Myth: Wukong est prometteur, offrant des combats de boss épiques et une direction artistique inspirée de la mythologie orientale. Malgré un score global élevé de 82/100 sur Metacritic, sa sortie est entachée par plusieurs polémiques, dont une communication controversée qualifiée de censure, ternissant la réputation du studio Game Science et de son partenaire Hero Games.

WUKONG DÉPOLITISÉ ?
Quelques jours avant la sortie de Black Myth : Wukong (le 20 août), plusieurs créateurs de contenu ont partagé un document curieux sur les réseaux sociaux concernant le jeu chinois. Ce document aurait demandé aux influenceurs contactés de garder le silence sur plusieurs sujets spécifiques après avoir joué à Wukong. La liste des sujets inclus des thèmes politiques tels que la pandémie, le confinement, l’industrie chinoise du jeu vidéo, et même le féminisme. Bien qu’il ne soit pas un contrat légal, mais plutôt un brief officieux communiqué aux créateurs de contenu en accompagnement de leur clé du jeu, cela reste absurde et trop restrictif. Il est indiqué que c’est Hero Games, partenaire marketing et principal investisseur de Game Science, qui en serait à l’origine.

Okay I’m actually surprised here, but I have confirmed with a US creator I trust that the Black Myth Wukong guideline email is real. An extended conversation with an email tracing back to the company resulted in an actual code for the game. It’s not some random google doc pic.twitter.com/UzIgBWuiE8— Paul Tassi (@PaulTassi) August 18, 2024
Résumé du contenu:
Un document suscite initialement des doutes quant à son authenticité, mais Forbes confirme que les exigences du studio sont légitimes. Ces exigences ne semblent pas s’appliquer aux journalistes, car ces derniers sont soumis à des accords de non-divulgation plus traditionnels. Bien que décrite comme une forme de censure, la pression exercée sur les influenceurs n’est pas contraignante, laissant la décision de s’y conformer à leur discrétion.

GAME SCIENCE INTERROGE
Maintenant, au-delà des questions déontologiques qu’implique toute cette affaire, celui-ci nous donne envie de nous interroger sur quelques points spécifiques. D’abord, la politique qu’est celle de Game Science. Et ensuite, une réflexion plus globale sur la liberté d’expression de la presse et des influenceurs JV.
Premièrement, pourquoi interdire la mention de la pandémie et du confinement ou de commenter l’industrie du jeu en Chine ? Le développement de Wukong a débuté en 2018, et a été lourdement impacté par la la crise du Covid-19 – celle-ci a été gérée de façon particulièrement drastique par la Chine – et, il règne une très forte opacité sur les conditions de travail des développeurs de Game Science pendant cette période.

Le contenu discute des défis rencontrés par les employés de Game Science pendant la pandémie et soulève des questions sur le traitement de ces derniers par le studio. Il mentionne également l’inclusion du féminisme dans le document du studio, ce qui suscite davantage de questions étant donné l’histoire de misogynie de Game Science, telle que documentée dans une récente enquête d’IGN. L’article met en lumière les préoccupations concernant la conduite de l’entreprise envers ses équipes internes, compte tenu de son passé problématique.

DO’S AND DON’TS : ADIEU ESPRIT CRITIQUE
Outre le fait de restreindre les possibilités de langage des journalistes et testeurs, soulignons que le caractère particulièrement vicieux de la seule ligne des « Do’s » (ce que doit faire le journaliste) : « Enjoy The Game » (apprécier le jeu). Si cela peut paraître anodin, il s’agit en réalité d’une instruction donnée très vicieuse. Le message sous-jacent est que le journaliste/testeur DOIT apprécier le jeu, et donc de ne surtout pas évoquer des problèmes ou des impressions négatives.
L’injonction à apprécier le jeu fait écho à ces tendances des réseaux sociaux, et d’une franche des testeurs/représentants de la communauté JV sur les réseaux, à toujours présenter les choses sous le meilleur angle, en excluant toute partie critique ou tout argument allant à l’encontre de la hype provoquée par un jeu. Ici, le message de Game Science est clair : vous qui testez ce jeu, vous devez l’aimer, vous devez l’encenser, et ne surtout pas le critiquer. Celles et ceux qui oseront braver cela se verront sûrement blacklistés, et ne recevront pas les clés des futurs jeux du studio. Avec des conséquences simples : pas de test le jour de la sortie du jeu, pas de visibilité, pas de clic, pas de reconnaissance.

QUESTIONS D’ÉTHIQUE
La situation souligne l’existence de liens non officiels entre certains journalistes, studios et influenceurs, avec des cadeaux et des faveurs accordés aux testeurs. Cela brouille la frontière entre jugement partial et liberté critique, surtout lorsque les exigences des entreprises interfèrent avec l’éthique des médias. Certains éditeurs vont jusqu’à demander à leurs représentants de presse de contacter les journalistes pour modifier de mauvaises critiques afin d’augmenter la moyenne de notation d’un jeu sur Metacritic.

Si les exigences des studios avec des NDA sont justes, il n’y a pas de problème, mais il est important de réfléchir à cette limite éthique, surtout si elle est mise en danger par des firmes peu scrupuleuses. Les influenceurs doivent décider de leur propre ligne déontologique et de l’usage de leur esprit critique.
A savoir que je vous prépares une très grosse chronique sur les femmes et la Pop culture qui devrait sortir début octobre.


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