La difficulté dans les jeux vidéo

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Depuis une dizaine d’années, un débat fait rage quant à l’approche de la difficulté dans les jeux vidéo, notamment depuis que les jeux de type « Souls-like » trustent les premières places des ventes. Pour certains jeux, c’est un argument marketing, pour d’autres, c’est simplement une évolution logique du jeu vidéo.

Entre accessibilité et élitisme, nous allons voir comment le jeu vidéo utilise la difficulté pour raconter des histoires ou appuyer des propos également.

Aujourd’hui, nous sortons le mode expert des placards et approchons l’élite des joueurs.

La difficulté dans les jeux vidéos c’est quoi?:

La difficulté est un concept présent dans tous les jeux vidéo. C’est le catalyseur du défi dans un jeu vidéo et c’est un aspect du processus de conception du jeu auquel les développeurs de jeux doivent réfléchir sérieusement pour pouvoir atteindre l’expérience désirée dans leur jeu. La difficulté peut servir à de nombreuses fins différentes dans un jeu, chacune ayant un effet sur les joueurs et leur expérience globale. Elle peut servir de fondement ou de marches vers la progression, aidant les joueurs à apprendre le jeu et les maintenant engagés tout au long de leur expérience ; elle peut devenir un obstacle que les joueurs doivent surmonter pour progresser dans un jeu ; ou elle peut servir de punition pour un manque de maîtrise. Tous les jeux n’ont pas besoin que la difficulté serve à toutes ces fins, voire à aucune ; il est donc crucial pour les développeurs de jeux de définir quelles sont les fins que la difficulté sert dans leur jeu et de gérer la difficulté dans leur jeu pour atteindre cette fin désirée. Ce processus de gestion de la difficulté est à la fois extrêmement subjectif et complexe, et dépend entièrement des besoins du jeu et de l’expérience que les développeurs souhaitent transmettre ; pourtant, beaucoup ont cherché à trouver la meilleure ligne de conduite ou, à tout le moins, les aspects à prendre en compte lors de l’exécution de la tâche. Pour commencer à apprendre ces subtilités, nous devons d’abord discuter des formes de difficulté utilisées par les développeurs dans leurs jeux.

A quoi sert la difficulté?:

La difficulté dans les jeux vidéo sert à plusieurs choses :

  1. Challenge et Engagement : Une difficulté appropriée peut rendre le jeu plus engageant en offrant un défi aux joueurs. Cela les encourage à améliorer leurs compétences pour surmonter les obstacles et progresser dans le jeu.
  2. Rejouabilité : Une difficulté variable ou des modes de difficulté différents peuvent encourager les joueurs à rejouer le jeu pour découvrir de nouvelles façons de le jouer et relever des défis plus difficiles une fois qu’ils maîtrisent les bases.
  3. Satisfaction de la Réussite : Surmonter des obstacles difficiles et accomplir des objectifs dans un jeu peut procurer une sensation de satisfaction et de réussite aux joueurs, ce qui les incite à continuer à jouer.
  4. Adaptation au Public Cible : Les jeux peuvent être conçus avec différentes difficultés pour répondre aux besoins et aux préférences d’un large éventail de joueurs, des débutants aux joueurs expérimentés.
  5. Narration : Dans certains jeux, la difficulté peut être utilisée pour renforcer l’histoire en créant des obstacles ou des moments de tension qui font avancer le récit de manière organique.
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Un long héritage depuis les jeux arcades:

Les jeux d’arcade étaient souvent difficiles pour plusieurs raisons. Tout d’abord, les développeurs de jeux d’arcade voulaient que les joueurs dépensent plus d’argent pour jouer. En rendant les jeux difficiles, les joueurs étaient plus susceptibles de perdre rapidement et de dépenser plus d’argent pour continuer à jouer.

De plus, les capacités techniques limitées des machines d’arcade ont également joué un rôle. Les jeux d’arcade des années passées avaient souvent des graphismes et des contrôles simples, mais cela signifiait également que les mécaniques de jeu étaient souvent basées sur des réflexes rapides et des mouvements précis. Les contrôles eux-mêmes pouvaient être difficiles à maîtriser, ce qui ajoutait à la difficulté globale du jeu.

Enfin, la conception des jeux d’arcade était souvent centrée sur la compétition entre les joueurs. Les jeux étaient conçus pour être des défis que les joueurs devaient surmonter pour obtenir un score élevé et se classer parmi les meilleurs. Cette compétition intrinsèque nécessitait souvent des niveaux de difficulté élevés pour maintenir l’engagement des joueurs.

Comment créé cette difficulté?:

Dans les jeux vidéo, il existe plusieurs moyens de créer de la difficulté pour les joueurs afin de maintenir l’intérêt et le défi. Voici quelques techniques couramment utilisées :

  1. Niveau de compétence des ennemis : Augmenter la puissance, l’intelligence artificielle ou la capacité des ennemis à mesure que le joueur progresse dans le jeu.
  2. Limitations des ressources : Réduire la quantité de ressources disponibles pour le joueur, comme la santé, les munitions, ou les objets de soin.
  3. Augmentation de la vitesse : Accélérer le rythme du jeu ou des événements pour rendre les actions du joueur plus difficiles à exécuter.
  4. Complexité des énigmes : Introduire des énigmes plus complexes ou des défis de résolution de problèmes qui exigent une réflexion stratégique.
  5. Limitations de temps : Introduire des limites de temps pour accomplir des objectifs ou des tâches, ce qui oblige le joueur à agir rapidement et efficacement.
  6. Réduction de la tolérance aux erreurs : Augmenter les conséquences des erreurs du joueur en imposant des pénalités plus sévères ou en limitant les chances de récupération après un échec.
  7. Intelligence Artificielle améliorée : Améliorer l’IA des ennemis pour qu’ils adoptent des stratégies plus avancées, s’adaptent aux mouvements du joueur et coopèrent entre eux.
  8. Nouveaux mécanismes de jeu : Introduire de nouveaux mécanismes ou des éléments de gameplay uniques qui nécessitent une maîtrise supplémentaire de la part du joueur.
  9. Gestion de la difficulté dynamique : Adapter dynamiquement la difficulté du jeu en fonction des performances du joueur pour maintenir un niveau de défi approprié.

Un retour en grace dû aux jeux indy:

Les jeux indépendants et les jeux de type « Souls-like » ont gagné en popularité au cours de la dernière décennie, mais leurs origines remontent un peu plus loin. Les jeux indépendants, qui sont développés par des petites équipes ou même des individus, ont commencé à se faire remarquer plus sérieusement vers le milieu des années 2000 avec des titres comme « Braid » et « Super Meat Boy ». Cependant, c’est vers la fin des années 2000 et le début des années 2010 que le mouvement indépendant a véritablement pris son envol avec des jeux comme « Minecraft », « Limbo » et « Fez ». Depuis lors, les jeux indépendants ont continué à gagner en popularité grâce à des plateformes de distribution numérique comme Steam, itch.io et le PlayStation Store.

Quant aux jeux de type « Souls-like », ils ont gagné en popularité à partir du succès fulgurant de « Dark Souls » de FromSoftware, sorti en 2011. Le gameplay difficile et exigeant de « Dark Souls », associé à un monde sombre et mystérieux, a captivé de nombreux joueurs et a inspiré toute une nouvelle génération de jeux. Depuis lors, de nombreux développeurs ont cherché à capturer l’essence de « Dark Souls » dans leurs propres jeux, créant ainsi le genre des « Souls-like ».

Un débat entre « casu » et « PGM »

Le débat entre les joueurs casual et les pro gamers est complexe et varié. Les joueurs casual jouent pour se détendre, s’amuser et passer du bon temps, sans nécessairement chercher à exceller. Les pro gamers visent souvent l’excellence compétitive, s’entraînant intensivement et participant à des tournois professionnels. Les pro gamers investissent beaucoup de temps dans la pratique et l’amélioration de leurs compétences, adoptant une approche stratégique du jeu. Ils bénéficient souvent de ressources telles que des entraîneurs, des équipes professionnelles, des sponsors et des revenus provenant de compétitions et de streaming. Les pro gamers font partie d’une communauté compétitive, tandis que les joueurs casual participent à une communauté plus détendue axée sur le partage d’expériences et de conseils. La perception sociale des jeux vidéo compétitifs peut varier selon les cultures et les groupes démographiques. En fin de compte, le débat entre joueurs casual et pro gamers reflète les différentes motivations, attitudes et expériences des individus impliqués dans la communauté du jeu vidéo.

Faut-il un compromis pour contenter tout le monde?

« De mon point de vue, chaque œuvre a sa propre difficulté interne, que ce soit dans son gameplay, ses énigmes, ses combats ou d’autres mécaniques internes. Ce n’est pas parce qu’un jeu est trop difficile ou facile qu’il est mauvais, du moment qu’il raconte quelque chose. Je prends l’exemple de Celeste (que nous avons déjà analysé sur le blog) : si le jeu était trop simple, le sentiment de réussite ne serait pas aussi fort et même le propos du jeu serait dilué. Les jeux de la série Souls sont aussi de cette trempe, car beaucoup apprécient la complexité des affrontements contre les boss.

En revanche, les jeux à vocation plus narrative ont plus intérêt à ne pas se couper de leur public, car c’est plus le fond que la forme qui importe. Un Uncharted, Red Dead Redemption n’a pas besoin de difficulté pour raconter quelque chose. »

« Si je devais opter pour un compromis, ce serait une adaptation de la difficulté en fonction des performances du joueur. Ainsi, chacun y trouverait son compte : celui en quête de challenge serait satisfait, tout comme le joueur occasionnel cherchant simplement à se détendre entre une journée de travail et une soirée télévisée, qui pourrait également profiter de l’expérience.

Les modes de difficulté aux titres accrocheurs comme dans Wolfenstein ne sont pas de mon goût. »

Conclusion:

La difficulté dans les jeux vidéo est une composante essentielle de l’expérience ludique, offrant un défi stimulant aux joueurs et ajoutant une dimension de satisfaction à la réussite. Cependant, trouver le juste équilibre entre un défi gratifiant et une frustration excessive est crucial pour garantir une expérience de jeu agréable. Les développeurs doivent tenir compte de la diversité des compétences et des préférences des joueurs lors de la conception de niveaux de difficulté, offrant des options pour s’adapter à différents styles de jeu. De plus, la difficulté peut être utilisée de manière stratégique pour renforcer l’immersion narrative ou pour prolonger la durée de vie d’un jeu. En fin de compte, la difficulté dans les jeux vidéo est un élément dynamique qui peut être ajusté et optimisé pour offrir une expérience de jeu enrichissante à une large gamme de joueurs.

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