
Ah, les remakes de films à Hollywood ! Parce que pourquoi se creuser la tête à inventer quelque chose de nouveau quand on peut simplement recycler de vieux succès, non ? Rien ne dit « créativité » comme refaire un film qui avait déjà du succès il y a 30 ans, en y ajoutant quelques effets spéciaux modernes et des acteurs à la mode. Après tout, pourquoi prendre le risque de surprendre le public avec de l’originalité quand on peut leur vendre la même histoire encore et encore ? Hollywood, l’usine à rêves… ou plutôt, l’usine à recyclage.
Qu’est ce qu’un remake?:
Un remake pour le cinéma est une nouvelle version d’un film existant, où l’histoire originale est réinterprétée avec un nouveau casting, une mise à jour de la production et parfois des modifications dans le scénario.

Le premier Remake:
Le premier remake dans l’histoire du cinéma est généralement considéré comme étant « The Great Train Robbery » (1903). Ce film de 12 minutes, réalisé par Edwin S. Porter, est lui-même un remake partiel d’un court-métrage britannique de 1900 intitulé « A Daring Daylight Burglary », réalisé par Frank S. Mottershaw. « The Great Train Robbery » a eu un impact significatif sur le développement de la narration cinématographique et a été refait plusieurs fois au cours des décennies suivantes.
Cependant, il est important de noter que le concept de remake a existé presque depuis les débuts du cinéma. Le cinéma des premiers temps comportait de nombreux films qui reprenaient des thèmes, des histoires ou des scènes populaires, souvent sans que cela soit formellement reconnu comme des « remakes » dans le sens moderne du terme.

Les remakes à travers le temps:
Les remakes font partie intégrante de l’industrie cinématographique hollywoodienne depuis ses débuts. Voici un aperçu de certains des plus grands remakes qui ont marqué l’histoire du cinéma :
Années 1930 et 1940
1. « Scarface » (1932) et « Scarface » (1983) :
-Original : Réalisé par Howard Hawks, le premier « Scarface » raconte l’ascension et la chute d’un gangster inspiré par Al Capone.
– Remake : Le remake de Brian De Palma avec Al Pacino transpose l’histoire à Miami et se concentre sur la montée de Tony Montana dans le monde de la drogue.

Années 1950 et 1960
2. « Ben-Hur » (1959) :
– Original: Ce film est lui-même un remake d’une version muette de 1925. La version de 1959 réalisée par William Wyler et mettant en vedette Charlton Heston est un des plus grands succès de son époque, remportant 11 Oscars.
3. « The Magnificent Seven » (1960) :
– Original : Ce western est un remake de « Les Sept Samouraïs » (1954) de Akira Kurosawa. Réalisé par John Sturges, il transpose l’action du Japon médiéval au Far West américain.

Années 1970 et 1980
4. « Invasion of the Body Snatchers » (1978) :
– Original : La première version de 1956 est un classique de science-fiction basé sur le roman de Jack Finney.
– Remake : La version de 1978 réalisée par Philip Kaufman est souvent considérée comme supérieure, offrant une interprétation plus sombre et paranoïaque.
5. « The Thing » (1982) :
– Original : « The Thing from Another World » (1951) est basé sur la nouvelle « Who Goes There? » de John W. Campbell.
– Remake : John Carpenter réinvente l’histoire avec des effets spéciaux révolutionnaires et une atmosphère intense.

Années 1990
6. « Cape Fear » (1991) :
– Original : La version de 1962, réalisée par J. Lee Thompson, est un thriller psychologique avec Gregory Peck et Robert Mitchum.
– Remake : Martin Scorsese dirige Robert De Niro et Nick Nolte dans un remake plus violent et psychologiquement intense.
7. « The Mummy » (1999) :
– Original : Le film de 1932 avec Boris Karloff est un classique de l’horreur.
– Remake : Stephen Sommers transforme le film en une aventure bourrée d’action avec Brendan Fraser et Rachel Weisz.

Années 2000 et 2010
8. « Ocean’s Eleven » (2001) :
– Original : La version de 1960, avec Frank Sinatra et le Rat Pack, est une comédie de casse élégante.
– Remake : Steven Soderbergh réalise une version modernisée et stylisée avec George Clooney, Brad Pitt, et Matt Damon.
9. « True Grit » (2010) :
– Original : Le film de 1969 avec John Wayne, qui lui a valu un Oscar.
– Remake : Les frères Coen dirigent Jeff Bridges dans une version plus fidèle au roman original de Charles Portis.
10. « A Star Is Born » (2018) :
– Original : Cette histoire a été racontée plusieurs fois, d’abord en 1937, puis en 1954 avec Judy Garland, et en 1976 avec Barbra Streisand.
– Remake : La version de 2018 avec Bradley Cooper et Lady Gaga est un succès critique et commercial.

Années 2020
11. « Dune » (2021) :
– Original : La première tentative de 1984 réalisée par David Lynch est considérée comme un échec critique malgré son statut culte.
– Remake : Denis Villeneuve réalise une version acclamée, offrant une adaptation visuellement époustouflante et fidèle au roman de Frank Herbert.

Pourquoi tant de remake de nos jours?:
Les remakes de films sont devenus particulièrement fréquents au cours des dix dernières années pour plusieurs raisons. Voici quelques-unes des principales motivations derrière cette tendance :
1. »Sécurité Financière » : Les studios de cinéma préfèrent investir dans des projets ayant déjà prouvé leur succès commercial. Un remake bénéficie d’une reconnaissance de marque et d’une base de fans existante, ce qui réduit les risques financiers par rapport à un projet original.
2. « Nostalgie : Le public est souvent attiré par des histoires et des personnages qu’il connaît et aime déjà. Les remakes capitalisent sur la nostalgie, attirant à la fois les fans de l’original et une nouvelle génération de spectateurs.
3. « Technologie Moderne » : Les avancées technologiques en matière d’effets spéciaux et de techniques de tournage permettent de raconter d’anciennes histoires avec une qualité visuelle et sonore améliorée. Cela donne aux réalisateurs la possibilité de réinventer des classiques avec des moyens modernes.

4. « Mondialisation et Marchés Internationaux » : Les studios cherchent à attirer un public global. Les remakes de films populaires peuvent être adaptés pour mieux plaire aux goûts culturels et aux sensibilités des marchés internationaux, augmentant ainsi leur potentiel de revenus.
5. « Propriété Intellectuelle » : La législation sur la propriété intellectuelle permet aux studios de conserver les droits sur des franchises en produisant régulièrement de nouvelles versions. Cela évite que les droits ne tombent dans le domaine public.
6. « Innovations Narratives » : Les remakes offrent la possibilité d’explorer des perspectives différentes ou de mettre à jour des thèmes et des contextes pour les rendre plus pertinents pour le public contemporain. Cela peut inclure des adaptations qui sont plus inclusives ou qui reflètent des changements sociaux et culturels.
7. « Marketing Facile » : Un film dont le titre est déjà connu bénéficie d’un marketing plus facile. Le nom et le concept étant familiers, le coût de la promotion peut être réduit car le film attire automatiquement l’attention des médias et du public.

Analyse d’un mauvais remake:
Le remake de « Oldboy » par Spike Lee, sorti en 2013, a été largement critiqué en comparaison à l’original coréen de 2003 réalisé par Park Chan-wook. Voici quelques raisons principales pour lesquelles le remake est considéré comme inférieur à l’original :
1. « Fidélité à l’original » :
– Le film de Park Chan-wook est acclamé pour son style visuel unique, son atmosphère sombre et sa narration innovante. Le remake de Spike Lee, bien que tentant de suivre l’intrigue de près, n’a pas réussi à capturer l’essence et la profondeur de l’original.
2. « Tonalité et atmosphère » :
– L’original a une tonalité sombre, intense et souvent dérangeante, ce qui contribue à son impact émotionnel. Le remake, malgré ses efforts, n’a pas réussi à reproduire cette atmosphère de manière aussi convaincante, semblant parfois plus plat et moins immersif.
3. « Performances des acteurs » :
– Les performances de Choi Min-sik dans le rôle principal de l’original sont largement considérées comme exceptionnelles, apportant une intensité et une complexité émotionnelle au personnage. Bien que Josh Brolin ait livré une performance solide dans le remake, beaucoup ont estimé qu’elle n’atteignait pas le même niveau de profondeur.

4. « Violence et brutalité » :
– « Oldboy » de Park Chan-wook est connu pour ses scènes de violence graphique, mais celles-ci sont intégrées de manière à renforcer la narration et le développement des personnages. Le remake, en revanche, a été critiqué pour sa violence perçue comme plus gratuite et moins justifiée narrativement.
5. « Originalité et innovation » :
– Le film de 2003 est loué pour son originalité et sa manière unique de raconter l’histoire, avec des rebondissements imprévisibles et une fin choquante. Le remake, étant une réinterprétation, souffre de la comparaison en termes d’innovation et d’originalité, paraissant plus comme une copie que comme une œuvre avec sa propre identité.
6. « Réception critique et publique » :
– L’original a reçu des éloges critiques et a gagné de nombreux prix, contribuant à sa renommée internationale. Le remake, en revanche, a été accueilli de manière mitigée par la critique et a été un échec commercial, ce qui reflète une réception nettement moins enthousiaste.
En somme, le remake de Spike Lee est souvent jugé défavorablement en raison de sa difficulté à reproduire la magie de l’original, tant sur le plan stylistique que narratif, ainsi que des attentes élevées créées par le succès du film de Park Chan-wook.

Analyse d’un bon remake:
Le film « La Colline a des Yeux » (The Hills Have Eyes) de 2006, réalisé par Alexandre Aja, est souvent considéré comme supérieur à l’original de 1977 réalisé par Wes Craven pour plusieurs raisons :
1. « Production et Technologie » :
– « Qualité de la production » : Le remake bénéficie d’un budget plus important, ce qui se traduit par une meilleure qualité de production en termes de décors, costumes, et effets spéciaux.
– « Technologie avancée » : Les progrès technologiques permettent des effets spéciaux plus réalistes et impressionnants, ce qui renforce l’horreur et l’impact visuel du film.
2. « Réalisation et Style » :
– « Réalisation » : Alexandre Aja apporte une approche plus moderne et stylisée à la réalisation, avec une mise en scène plus dynamique et intense.
– « Cinéphilie » : Le remake est imprégné d’une compréhension plus profonde des codes du genre, rendant hommage à l’original tout en l’améliorant.

3. « Scénario et Personnages » :
– « Développement des personnages » : Le remake développe davantage les personnages, leur donnant plus de profondeur et rendant leurs actions et réactions plus crédibles.
– « Scénario » : Bien que fidèle à l’original, le scénario du remake introduit des éléments narratifs supplémentaires et des scènes plus élaborées qui enrichissent l’intrigue.
4. « Intensité et Horreur » :
– « Violence et gore » : Le remake est plus explicite et brutal, avec des scènes de violence plus graphiques qui augmentent l’horreur ressentie par le spectateur.
– « Tension » : La tension est maintenue de manière plus efficace tout au long du film, grâce à une réalisation plus maîtrisée et à un rythme plus soutenu.
5. « Contexte et Réception » :
– « Modernisation du contexte » : Le remake transpose certaines thématiques dans un contexte plus contemporain, rendant le film plus pertinent pour le public moderne.
– « Réception critique » : Le remake a souvent été mieux accueilli par la critique et le public en raison de ses améliorations techniques et artistiques.
En résumé, le remake de « La Colline a des Yeux » est généralement considéré comme supérieur à l’original en raison de sa qualité de production, de sa réalisation moderne, de son développement des personnages, de son intensité accrue, et de son adaptation au contexte contemporain.

Conclusion:
Le cinéma américain semble être coincé dans une boucle sans fin de remakes, recyclant inlassablement ses propres succès d’antan. Dans un monde où la créativité devrait être célébrée, Hollywood semble préférer la sécurité des histoires éprouvées à l’exploration de nouvelles idées. Cette tendance à recycler n’est peut-être rien de plus qu’une manifestation de la peur du risque et de la perte de l’imagination collective. Alors que les studios comptent les billets verts accumulés par ces réinterprétations, le public se retrouve souvent à revisiter le passé plutôt qu’à découvrir des visions nouvelles et audacieuses. Finalement, peut-être que cette répétition incessante est le reflet d’une industrie qui, en dépit de ses ressources immenses, a perdu de vue l’essence même de l’art : l’innovation et l’audace.


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