Give it All (Rise Against (2004)

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Imagines-toi, été 2004, tu es sur ta Playstation 2, sur Need For Speed Underground 2. Tu as fait ta plus belle Mitsubishi rose pailletée, avec un gros aileron et des spoilers arrière, et là, tu tombes sur cette chanson « Give it All », une claque instantanée qui te donne envie de taper tes meilleurs drifts et de vaincre toute la concurrence.

Aujourd’hui, prépare-toi à vivre à 200 km avec le groupe Rise Against, le groupe de rock/punk hypervitaminé. N’oublie surtout pas de tout donner après avoir écouté cette chanson.

Rise Against – « Give It All »: un hymne punk pied au plancher

Couverture du jeu Need for Speed: Underground 2 (2004), dont la bande-son survoltée comprend « Give It All » de Rise Against. Le morceau « Give It All » du groupe punk Rise Against file à toute vitesse dans nos souvenirs de gamers. Sorti en 2004 sur l’album Siren Song of the Counter Culture, ce titre de punk hardcore mélodique survitaminé a marqué les esprits, notamment en accompagnant nos courses urbaines endiablées dans Need for Speed: Underground 2. Accrochez vos ceintures : on part pour une analyse sur les chapeaux de roues de cette chanson, avec présentation du groupe, décryptage des paroles, du clip, du contexte, et même un détour par l’album dont elle est tirée. Préparez-vous à passer la seconde entre riffs percutants et clins d’œil à la conduite rapide !

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Présentation du groupe Rise Against 🎸🏁

Rise Against est un groupe de punk rock américain formé en 1999 à Chicago. Dès ses débuts, le quatuor (mené par le chanteur et auteur Tim McIlrath, accompagné de Joe Principe à la basse, Brandon Barnes à la batterie, et plus tard Zach Blair à la guitare) s’est forgé une réputation dans la scène punk hardcore grâce à une musique mêlant mélodie accrocheuse et énergie féroce. Le groupe ne fait pas dans la demi-mesure : tempos rapides, gros riffs et refrains chantants, le tout porté par une conscience sociale aiguisée. En effet, Rise Against est reconnu pour ses textes engagés qui abordent des thèmes tels que l’injustice politique, la défense des animaux ou l’environnement. Ce groupe très politisé intègre volontiers ses convictions dans ses chansons et albums, perpétuant l’esprit protestataire du punk.

Malgré (ou grâce à) cet engagement, Rise Against a su élargir son public au fil des années. Avant 2004, ils évoluaient dans la sphère punk indépendante (chez Fat Wreck Chords) avec deux albums studio acclamés par la critique underground. Leur signature sur une major (Dreamworks/Geffen) en 2003 pour l’album Siren Song of the Counter Culture a pu faire grincer quelques dents chez les puristes criant au « sell out », mais le groupe est resté fidèle à ses valeurs. D’ailleurs, Rise Against ne s’est jamais privé de dénoncer ce qui ne tourne pas rond : « tout au long de leurs cinq années d’enregistrements, ces hardcore kids de Chicago n’ont jamais eu besoin qu’on les encourage à se rebeller contre le système ». Cette détermination farouche transparaît justement dans Give It All, le titre qui nous intéresse – et qui va devenir leur premier grand coup d’éclat auprès du grand public.

Contexte de « Give It All » et de l’album 🚦🎶

En 2004, Rise Against sort donc Siren Song of the Counter Culture, son troisième album et le premier sur un label majeur. « Give It All » en est le single phare, dévoilé à l’automne 2004. Pour le groupe, c’est une période charnière : ils passent des tournées Warped Tour et de la scène punk underground à une audience beaucoup plus large. L’album met toujours en avant un punk hardcore mélodique, mais bénéficie d’une production plus soignée (signée Garth Richardson). Pas de panique pour autant, la rage est intacte – comme un moteur gonflé à bloc sous le capot.

Pochette de l’album Siren Song of the Counter Culture (2004), illustrée par Shepard Fairey. Ce 3e album de Rise Against marque leur passage en major et contient « Give It All ». L’expression « Siren Song of the Counter Culture » peut se traduire par « le chant des sirènes de la contre-culture » – un titre évocateur pour un album qui cherche à attirer l’oreille du grand public vers un message engagé. Au départ, les ventes de l’album ont été modestes, mais grâce au bouche-à-oreille et à l’intensité des tournées, Rise Against finit par entrer dans les classements. L’opus atteint la 136e place du Billboard 200 et sera certifié disque d’or aux États-Unis. Surtout, Give It All et Swing Life Away (autre single notable, acoustique celui-là) sont créditées comme les chansons qui ont propulsé Rise Against dans la cour des grands en élargissant son audience. Pour beaucoup d’auditeurs, Give It All a été la porte d’entrée vers l’univers du groupe – en particulier pour nous, gamers, qui l’avons découverte en pleine course de street racing virtuelle.

Il faut dire que 2004 est aussi une année où le climat politique est électrique aux États-Unis (élection présidentielle oblige). Dans ce contexte, de nombreux groupes rock sortent des titres aux paroles revendicatives. Rise Against, fidèle à sa réputation, en profite pour diffuser ses messages à plus grande échelle. Give It All s’inscrit dans cette vague de morceaux protestataires envoyés comme des coups de klaxon en pleine heure de pointe. Le contexte socio-politique transparaît d’ailleurs subtilement dans la chanson et son clip, sans jamais sacrifier l’efficacité musicale qui la rend idéale pour foncer pied au plancher, que ce soit dans la vraie vie ou dans un jeu de course.

Analyse des paroles 🏆🎤

Sur le plan des paroles, « Give It All » est un véritable cri du cœur. Comme son titre l’indique (« Tout donner » en français), la chanson parle du fait de se consacrer corps et âme à une cause, à sa passion, à son identité profonde. Le chanteur Tim McIlrath a décrit ce morceau comme « une sorte d’hymne punk rock sur ce que c’est que d’être punk de nos jours, sur ce que ça signifie d’être un humain dans le monde actuel ». Dit autrement, Give It All exprime l’urgence de vivre authentiquement et de défendre ce en quoi l’on croit, à fond, sans retenue – un peu comme un pilote qui appuie à fond sur l’accélérateur lorsqu’il voit la ligne d’arrivée.

Dès le premier couplet, les images utilisées évoquent une lutte pour émerger : « Break through the undertow… Pollution burns my tongue… » (« Je brise le courant contraire, la pollution me brûle la gorge… »). On ressent une asphyxie, une rébellion contre un environnement oppressant (pollution, noyade métaphorique dans la masse). Le narrateur cherche son air, sa voix. Très vite, il remonte à la surface et retrouve la parole pour crier son message. La métaphore de l’apnée illustre le besoin vital de s’exprimer. Pour un public gamer, on pourrait y voir l’équivalent d’une voiture qui manque d’oxygène et enclenche son nitro pour faire un saut en avant et dépasser l’obstacle.

Arrive alors le refrain, simple mais fédérateur, véritable carburant du morceau : « Give it all! Now there’s a reason why I sing, So give it all! And these reasons that belong to me… » (« Je donne tout ! Voici la raison pour laquelle je chante, alors donne tout ! Et ces raisons m’appartiennent… »). McIlrath affirme haut et fort pourquoi il s’époumone : il a des convictions (« ces raisons ») bien à lui, qui le poussent à tout donner dans la musique. Le refrain sonne comme un rallying cry, un appel à la fois pour lui-même et pour l’auditeur à se dépasser et à être vrai. C’est le moment où tout le monde chante en chœur les poings levés, un peu comme des pilotes chantant victoire en franchissant la ligne d’arrivée. Musicalement, ce refrain est ultra entraînant – on se surprend à hurler “Give it all!” à pleins poumons, libérateur, tel un moteur qui rugit dans la nuit.

Les couplets suivants continuent sur cette lancée en décrivant la scène underground (« We give it all, this is the reason why I sing… », « Rise Against ce sont des voix qui s’élèvent du sous-sol » pourrait-on interpréter). On y ressent l’idée d’une communauté qui se serre les coudes dans l’ombre, prête à faire du bruit pour se faire entendre. Dans le dernier passage, les paroles mentionnent “l’héritage” qu’on laisse et le fait d’utiliser chaque voix (« voice ») comme un instrument de changement, quitte à tout sacrifier (« la voix de chacun compte et on y met tout ce qu’on a »). L’ensemble de la chanson reste assez général dans son propos – pas de référence directe à un événement ou une politique spécifique – ce qui la rend d’autant plus universelle et intemporelle. C’est un appel à l’action et à l’authenticité qui parle aussi bien au fan de punk engagé qu’au joueur moyen cherchant un shoot d’adrénaline sonore.

En somme, les paroles de Give It All sont à l’image d’une course poursuite effrénée : il y a de la tension, de la détermination, et au bout la délivrance. Ce n’est pas pour rien que ce morceau nous donne envie de tout donner sur la piste (de danse ou de course) : il célèbre ce moment où l’on fait sauter les barrières, où l’on presse l’accélérateur de sa vie jusqu’au rupteur pour atteindre ce qui compte vraiment pour nous. 💥

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Analyse du clip 🎬🚇

Le clip vidéo de « Give It All » prolonge parfaitement le message de la chanson, en le transposant dans les rues de Chicago. Réalisé par James Cox, le clip démarre sur une scène insolite : Rise Against joue le morceau en live dans une rame de métro bondée. Imaginez la tête des usagers en heure de pointe voyant un groupe punk surgir et transformer la ligne en concert improvisé ! L’idée est claire : pas de séparation entre le groupe et le public – tout le monde partage la même énergie brutale dans ce wagon lancé à pleine vitesse. Les passagers, d’abord indifférents, se prennent au jeu, secouent la tête en rythme et chantent avec Tim McIlrath, comme si le métro devenait une extension de la scène. Cette proximité avec le public symbolise l’aspect communautaire du punk : on est tous dans le même train, au propre comme au figuré.

Parallèlement à cette performance sous terre, le clip suit quelques jeunes clandestins qui ont l’air d’avoir une mission bien précise. On les voit dissimuler dans leurs sacs du matériel inhabituel : bombes de peinture, marqueurs, stickers… Que préparent-ils ? En fait, au lieu d’aller manifester en criant dans un mégaphone, ces activistes d’un soir passent à l’action directe dans la ville. À la nuit tombée, ils se dispersent et commencent à vandaliser les symboles de la société de consommation autour d’eux. Un panneau publicitaire pour un burger bien gras ? Hop, ils le recouvrent d’un message alertant sur les risques de maladies cardiaques liés à la malbouffe. Une affiche de parfum sexiste à un arrêt de bus ? Ils la transforment en un visuel de résistance féministe. Même le zoo local y passe : sur la cage du lion en captivité (dont le directeur du zoo n’est autre que le patron des vandales le jour), nos rebelles nocturnes collent un autocollant « I have spent my whole life in a cage » (« J’ai passé toute ma vie en cage ») pour dénoncer la condition animale. Chaque acte de vandalisme détourne un message publicitaire ou institutionnel pour lui donner une tournure contestataire. C’est du culture jamming (détournement de pub) dans toute sa splendeur, un bras d’honneur créatif envoyé à l’establishment – tout à fait dans l’esprit de Rise Against.

La séquence la plus marquante arrive vers la fin du clip : alors que le morceau atteint son climax, les jeunes activistes se retrouvent sur un pont qui surplombe la ville, juste à temps pour admirer le résultat de leurs actions. Les affiches taguées, les panneaux modifiés brillent dans la nuit comme autant de signaux de détresse ou de balises de résistance. Sur un pare-chocs de voiture, on distinguait un sticker « Four More Years » (slogan en faveur d’un pouvoir en place)… remplacé astucieusement par un autre affichant « One More Month », comme un compte à rebours avant le changemen. Ce clin d’œil à l’élection imminente de 2004 montre que Rise Against n’a pas peur de secouer le bateau, musicalement et politiquement. Finalement, le groupe et les fans sortent du métro en courant, Tim McIlrath finit par se jeter dans la foule (stage diving spontané en pleine rue), symbolisant l’union totale entre l’artiste et son public dans ce moment de chaos positif.

Visuellement, ce clip est nerveux, intense, filmé caméra à l’épaule, collant au plus près de l’action. L’ambiance nocturne urbaine, les néons, les graffitis – tout rappelle l’univers de l’underground et, par ricochet, l’esthétique street racing de Need for Speed: Underground 2. On retrouve cette atmosphère de vitesse clandestine et de rébellion juvénile dans les deux œuvres. Pas étonnant qu’à l’époque beaucoup de fans de NFS aient adoré la vidéo autant que le jeu : on y voit finalement des « pilotes » d’un autre genre, fonçant à contre-courant dans la jungle urbaine au son d’un punk rageur.

En résumé, le clip de Give It All met en scène la philosophie DIY et contestataire de Rise Against : investir l’espace public (même un métro bondé) pour y faire entendre sa voix, et inciter chacun à prendre le volant de la contestation à sa manière (ici via le street art subversif). Le tout est présenté de façon brute mais galvanisante, à l’image de la chanson. Une performance à 200 km/h, aussi bien musicalement que visuellement, qui donne envie de sortir faire des dérapages (contrôlés) contre l’ordre établi.

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Conclusion : Un morceau qui donne tout et nous emmène loin 🏁🔥

« Give It All » de Rise Against est plus qu’une chanson punk énergique de plus. C’est un véritable coup de boost musical qui allie la vitesse (dans le rythme comme dans l’esprit) et le fond (un message d’authenticité et de révolte positive). Pas étonnant que ce titre ait trouvé une place de choix dans un jeu de course comme Need for Speed: Underground 2, tant il insuffle une bonne dose d’adrénaline à qui l’écoute en roulant à tombeau ouvert virtuellement.

Au fil de notre analyse, on a vu comment le groupe, fort de ses racines punk hardcore et de ses convictions, a su emballer dans Give It All un hymne fédérateur qui donne envie de tout lâcher, de foncer vers ses idéaux sans regarder dans le rétroviseur. Les paroles nous rappellent l’importance de s’engager pleinement, la musique nous le fait ressentir physiquement avec son tempo survitaminé, et le clip nous le montre par l’action concrète dans les rues.

En un sens, Give It All c’est un peu la NOS du réservoir musical de Rise Against : trois minutes intenses qui propulsent le groupe vers le grand public et nous propulsent, nous auditeurs, dans un état d’euphorie combative. Que l’on soit fan de punk rock, de jeux vidéo ou simplement en quête d’un bon vieux shoot d’énergie sonore, cette chanson nous rappelle qu’il faut parfois appuyer sur l’accélérateur et vivre (ou jouer) à fond la caisse pour se sentir pleinement vivant. Alors la prochaine fois que vous aurez besoin d’un coup de boost – sur la route, sur la console ou dans la vie – n’hésitez pas à lancer Give It All. Montez le volume, ouvrez grand les vitres (ou les fenêtres de jeu), et laissez Rise Against vous entraîner dans la course. Ready, set, go! 🏆🎸🚗

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