Cowboy Beebop (1999)

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Imagine un western spaghetti qui a fait un détour par la voie lactée, s’est arrêté dans un bar jazz, puis a décidé de devenir un anime culte en fumant une clope au ralenti. Cowboy Bebop, c’est l’histoire d’un équipage de chasseurs de primes si fauchés qu’ils pourraient demander une rançon à leur frigo vide. Entre un héros qui fait la gueule mieux que Clint Eastwood, un pilote qui parle à son vaisseau comme à un chien, une arnaqueuse amnésique, un hacker survolté, et… un vrai chien, l’aventure est garantie. Accrochez vos ceintures, mettez du jazz, et préparez-vous à rater toutes vos primes avec panache. See you, space cowboy

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Présentation:

Cowboy Bebop (1998) : un classique entre jazz et cinéma

Contexte de création
Cowboy Bebop est une série d’animation japonaise en 26 épisodes, créée en 1998 par le studio Sunrise sous le pseudonyme collectif “Hajime Yatate” et réalisée par Shin’ichirō Watanabe. La musique, signée entièrement par Yōko Kanno, a été composée par des genres variés (jazz, blues, blues, country…) et enregistrée avant même que le scénario ne soit finalisé La série a été diffusée au Japon d’avril 1998 à avril 1999 – d’abord partiellement sur TV Tokyo puis intégralement sur la chaîne satellite WOWOW. Dès ses débuts, Cowboy Bebop a reçu un accueil critique extrêmement favorable: les journalistes l’ont saluée comme un «anime culte» au style novateur Elle fut d’ailleurs un succès commercial mondial, conquérant aussi bien le Japon que l’Amérique, l’Europe et au-delà. Aux États-Unis, en septembre 2001 Cowboy Bebop devint le premier anime diffusé dans la case Adult Swim de Cartoon Network, ouvrant la voie à de nombreux dessins animés destinés à un public mature.

Synopsis (sans spoiler)
En 2071, l’équipage du Bebop (Spike, Jet, Faye, Ed et leur chien Ein) parcourt le système solaire à bord d’un vieux vaisseau spatial, assumant le métier de chasseurs de primes (« cowboys » de l’espace) pour gagner sa vie. Chaque épisode présente généralement une nouvelle mission : la capture d’un fugitif ou la résolution d’un problème local. Cette structure épisodique permet un mélange d’aventures rocambolesques, d’humour et de moments d’action spectaculaires (courses-poursuites en vaisseau, fusillades stylisées, combats de kung-fu dans l’espace).

En toile de fond, on découvre que chaque personnage est hanté par son passé. Ainsi, sans dévoiler la fin, on comprendra progressivement que Spike fuit un amour tragique et son ancien monde criminel, que Faye cherche à retrouver la mémoire qu’elle a perdue, et que Jet ne parvient pas à oublier son métier de policier et son histoire personnelle. Ces éléments s’entremêlent subtilement au fil des épisodes, ajoutant de la profondeur au récit sans briser son accessibilité. Au final, Cowboy Bebop se démarque par son ton unique : c’est un space-opéra influencé par le western et le film noir, qui se lit comme une bande de comics ou un feuilleton SF, à la fois fun et mélancolique.

Personnages principaux

  • Spike Spiegel – Chasseur de primes « cool », adepte des arts martiaux et pilote hors pair. Ancien membre d’un gang appelé les Red Dragons, Spike a simulé sa mort pour échapper à son passé. Vêtu d’un costume bleu délavé, il incarne l’antihéros flegmatique, prêt à dégommer les méchants tout en restant nostalgique d’un amour perdu.

Jet Black – Coéquipier de Spike et capitaine du Bebop. Ex-officier de la police interstellaire (ISSP) sur Ganymède, il a dû remplacer son bras gauche par un membre cybernétique après une mission tragique. Figure paternelle de l’équipe, Jet est un homme posé, soucieux de justice, mais qui porte lui aussi le poids de son passé (une femme et une famille qu’il a perdus).

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Faye Valentine – Jeune femme impulsive et charmeuse, toujours à la recherche de crédits ou de gains faciles. Sortie d’un long sommeil cryogénique en 2068, elle se réveille sans aucun souvenir de son identité passée. Endettée dès son réveil, elle parcourt l’espace à bord de son vaisseau Red Tail, escroquant les autres pour survivre. Malgré son attitude superficielle, Faye cache une grande vulnérabilité liée à sa mémoire défaillante.

Edward Wong Hau Pepelu Tivrusky IV (Edward) – Génie du hacking surdoué de 13 ans, surnommée “Ed”. Orpheline rebelle et excentrique, elle apporte une énergie enfantine à l’équipage. Toujours pieds nus et souriante, Ed tape frénétiquement sur son clavier pour pirater les systèmes de bounty ou dénicher des informations, souvent au grand dam de Spike.

Ein – Chien de race Welsh Corgi, nommé « chien data ». Adopté par Spike après un échec de capture, Ein s’avère extraordinairement intelligent. Il reste muet à l’écran, mais multiplie les interventions cocasses (par exemple en ouvrant des portes ou en position de salut militaire), ce qui en fait la mascotte tendre de l’équipage.

Thèmes majeurs

  • Solitude et nostalgie : Chaque membre de l’équipage est un solitaire qui fuit son passé. Les anti-héros du Bebop « dérivent dans le temps et l’espace, chacun défini par sa solitude ». Spike a perdu l’amour de sa vie, Faye est abandonnée à elle-même sans souvenirs, et Jet regrette son ancienne vie de policier. Cette solitude caractéristique donne à la série une tonalité douce-amère, où les personnages apprennent peu à peu à dépendre les uns des autres.
  • Identité et mémoire : La quête d’identité est centrale. Faye traîne son amnésie criogénique et cherche à reconstituer son histoire, tandis que Spike tente de se définir en laissant derrière lui son nom et ses liens avec un syndicat criminel. Cette idée que l’on est en partie prisonnier de son passé se reflète dans plusieurs intrigues. Les personnages portent aussi des « masques » – tantôt camarades, tantôt concurrents – dans ce jeu entre leurs vies présentes et passées.
  • Liberté et errance : Le titre Cowboy Bebop évoque la figure du cow-boy de l’espace, nomade sans patrie. La série montre un univers sans barrière apparente où l’équipage est libre de voguer d’une planète à l’autre. Cette liberté de l’errance spatiale est ambivalente : elle permet d’échapper à des destinations non choisies, mais elle confine chacun à une vie précipitée, toujours en fuite, jamais enracinée.
  • Mélancolie et sens de la vie : Derrière la façade cool et humoristique, la série explore l’angoisse existentielle. Comme le note un critique de VICE, Cowboy Bebop est en fin de compte « une exploration de l’angoisse existentielle » dont le message est qu’« il est normal de se sentir seul parfois » et que seuls « l’amitié et l’aventure peuvent donner un nouveau sens » à la vie. Les musiques lentes (parfois au piano ou chantées) ponctuent les scènes clés de tristesse, et le motif récurrent est qu’il faut accepter ses pertes pour avancer.

Style visuel et direction artistique

La série affiche une esthétique visuelle très cinématographique. Le character design de Toshihiro Kawamoto se reconnaît à ses silhouettes élancées et anguleuses, caractéristiques de l’anime (« sleek, angular designs » pour Kawamoto). Le résultat est un rendu graphiquement soigné : l’animation est fluide et de qualité cinématographique (qualifiée ainsi par la critique), avec des mouvements précis lors des combats et des chasses spatiales. Les décors alternent entre des panoramas urbains (d’inspiration réaliste : on reconnaît clairement des villes rappelant New York ou Hong Kong) et des paysages futuristes détaillés (stations orbitant autour de Mars, déserts stellaires, intérieurs rétro-futuristes). Au final, l’univers visuel de Cowboy Bebop est un « pot-pourri » d’influences cinématographiques – western, film noir, SF, animation classique, comédie musicale – savamment harmonisé.Sans la bande-son de Yoko Kanno comme fil rouge émotionnel, cette richesse stylistique n’aurait pas atteint son statut d’œuvre culte.

Musique de Yoko Kanno

La musique occupe une place centrale dans Cowboy Bebop. Composée par Yoko Kanno (ci-dessus au centre, lors d’un concert dédié à la série en 2016) et interprétée par son groupe The Seatbelts, la bande originale mélange jazz, blues, country, bossa nova, électro et même opéra. Chaque morceau correspond à l’ambiance de l’épisode : l’opening emblématique “Tank!” est un jazz endiablé qui lance l’action, tandis que des pièces plus lentes (piano ou chantées en anglais) dramatisent les moments de tristesse. Kanno explique qu’elle composait souvent la musique avant d’avoir fini le scénario, créant ainsi des scènes écrites autour d’une mélodie. Les critiques ont unanimement salué cet apport musical : le Japonais Keith Rhee l’a qualifiée de « changement bienvenu » comparé aux J-Pop habituelles, et Anime News Network parle même d’« incroyable bande-son ». En somme, les musiques de Yoko Kanno ne servent pas seulement de fond sonore ; elles participent activement à la narration et à l’atmosphère – renforçant le ton à la fois nostalgique, nerveux ou mélodramatique de la série.

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Impact culturel et postérité
Cowboy Bebop est aujourd’hui considéré comme un jalon de l’animation japonaise. Souvent cité parmi les meilleurs anime de tous les temps, il a permis à un large public international de (re)découvrir le potentiel narratif des dessins animés pour adultes. Par exemple, le site The A.V. Club l’a qualifié de « franc succès » et de « passerelle » vers la compréhension du médium animé. Aux États-Unis, il a redéfini ce qu’on attendait de la « coolitude » en animation (le producteur Sean Akins note qu’il a « relooké » les attentes du public) et influencé de nombreux créateurs : le réalisateur américain Rian Johnson cite Cowboy Bebop comme source d’inspiration visuelle pour son film Brick. L’écrivain Orson Scott Card a même déclaré avoir trouvé la série « meilleure que la plupart des films de science-fiction » qu’il connaît. Par son mélange d’action stylée, de profonde mélancolie et de musique exceptionnelle, Cowboy Bebop a laissé une empreinte durable : il a popularisé auprès du public international un anime mature et ambitieux, et continue d’inspirer le cinéma et la culture pop dans le monde entier.

Et voilà, Cowboy Bebop, c’est un peu comme une clope dans l’espace : ça brûle vite, ça fait réfléchir, et ça te laisse un goût amer mais stylé. On y trouve des chasseurs de primes fauchés, un corgi plus intelligent que la moitié de l’équipage, et des solos de saxophone qui te brisent le cœur pendant qu’un gars se fait jeter par une vitre en slow motion.

Mais au fond, la vraie leçon c’est que peu importe ton passé, ton futur, ou ton addiction au nouilles instantanées : l’important, c’est de continuer à avancer, même si tu glisses dans les étoiles avec un sourire mélancolique et un soupir jazzy.

See you, space cowboy… et n’oublie pas de nourrir le chien.

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