
Imagine une chanson qui s’appelle “Teeth”. Forcément, tu t’attends à une balade romantique sur l’importance du brossage après chaque repas, ou à un tutoriel musical pour apprendre à bien utiliser le fil dentaire. Eh bien non ! Wage War, eux, ont préféré sortir la perceuse du dentiste et transformer la chaise de consultation en pogo géant. Résultat : au lieu d’un détartrage tranquille, tu te prends une avalanche de riffs, des cris gutturaux qui remplacent la roulette, et une ambiance qui donne plus envie de casser des molaires que de porter un sourire Colgate. Bref, “Teeth”, c’est un peu comme une visite chez le dentiste… sauf qu’ici, c’est toi qui finis par demander l’anesthésie générale. 🦷🔥
Wage War – Teeth: croquer la trahison à pleines dents
Vous avez probablement déjà ressenti l’envie de dire ses quatre vérités à un « ami » toxique. Eh bien, le groupe Wage War l’a fait pour vous en musique avec « Teeth ». Cette chanson, aussi subtile qu’une extraction de dent sans anesthésie, aborde la trahison et les faux amis sur fond de metalcore survitaminé. Préparez-vous : on vous propose une présentation du groupe, le contexte de création de Teeth (et de l’album Manic dont elle est tirée), une analyse amusée des paroles bien corsées, et un coup d’œil critique (et humoristique) au clip officiel. Accrochez-vous, ça va secouer… et peut-être vous faire sourire !

Présentation du groupe Wage War
Wage War est un groupe de metalcore américain originaire d’Ocala, en Floride. Formé en 2010 (sous le nom Empires à l’époque, preuve qu’ils visaient déjà la grandeur avant de préférer la guerre ouverte), le quintette se compose de Briton Bond (chant scream, celui qui hurle comme s’il venait de marcher sur un Lego), Cody Quistad (guitare rythmique et chant mélodique, le beau gosse vocal de l’équipe), Seth Blake (guitare lead), Chris Gaylord (basse) et Stephen Kluesener (batterie). Autrement dit, cinq garçons floridiens qui ont choisi les gros riffs et les breakdowns corrosifs plutôt que la plage et le surf – on a tous nos hobbies.
Style musical : Wage War évolue dans un registre metalcore musclé, mélangeant des couplets hurlés à pleins poumons et des refrains mélodiques taillés pour être repris en chœur (histoire qu’on puisse chanter dans sa voiture après avoir bien secoué la tête sur le couplet précédent). Le groupe sait allier la brutalité – des guitares lourdes, des cris qui feraient fuir un alligator de Floride – et des passages plus mélodiques qui adoucissent (un peu) le propos. Cette dualité chant crié/chant clair est un grand classique du metalcore, et Wage War l’exécute avec efficacité : Briton Bond vous attrape par le col avec ses vociférations pendant que Cody Quistad vous réconforte (ou vous achève, au choix) avec un refrain entêtant.

Évolution notable : Depuis ses débuts, Wage War a sorti cinq albums studios (et un EP), en affichant une progression intéressante – eh oui, même les brutes évoluent ! Leur premier album Blueprints (2015) a posé les bases : un son metalcore pur et dur, sans concession, qui a immédiatement parlé aux fans du genre. Deadweight (2017) a enfoncé le clou avec des titres encore plus lourds (comme le désormais classique « Stitch », apprécié pour son riff imparable et son ambiance « je règle mes comptes dans le pit »). Puis est arrivé Pressure (2019), un album qui a surpris en incorporant davantage de mélodies et de refrains chantés. Ce virage un peu plus accessible – disons radio-friendly – a fait lever quelques sourcils chez les puristes (certains fans craignaient que le groupe devienne aussi doux qu’un chaton… spoiler : ce n’est pas arrivé). Au contraire, Pressure a permis à Wage War de gagner en maturité et d’attirer un public plus large, tout en conservant de belles bastonnades sonores.
En 2021, Wage War revient aux affaires avec Manic, leur quatrième album. Celui-ci se veut un condensé de tout ce que le groupe sait faire de mieux, mais avec un petit grain de folie en plus. Le titre Manic annonce la couleur : l’album a été conçu en pleine période de pandémie mondiale, avec des hauts, des bas, et une bonne dose d’incertitude – de quoi rendre n’importe qui un peu maniac. Wage War en a profité pour expérimenter de nouvelles sonorités, ajoutant par exemple quelques touches électro et des vibrations nu-metal sur certains morceaux. Rassurez-vous, ils n’ont pas troqué leurs guitares contre des synthés planants : c’est toujours du gros son, mais agrémenté de surprises modernes. Bref, Wage War n’a pas stagné – ils ont mis les bouchées doubles pour se renouveler sans perdre leur identité. (Pour l’anecdote, depuis Manic, un cinquième album intitulé Stigma est sorti en 2024, preuve que le groupe continue sur sa lancée… mais ne brûlons pas les étapes, revenons à nos moutons, ou plutôt à nos dents).

Contexte de création de la chanson « Teeth » et de l’album Manic
Plongeons-nous en 2021. Après l’ère Pressure, Wage War est en plein élan créatif. Le monde tourne au ralenti à cause du COVID et nos cinq musiciens se retrouvent coincés à la maison (comme nous tous à binge-watcher Netflix… sauf qu’eux ont été un peu plus productifs). En avril 2020, pendant le confinement, le groupe annonce sur Twitter qu’il travaille sur de nouveaux morceaux – hashtag #WW4 pour le 4ème album. Plutôt que de faire du pain maison ou du sport en visio, Wage War compose donc Manic, en canalisant toute la frustration et la folie ambiante de l’année 2020. Autant dire que le résultat risque d’être intense, vu l’état du monde à ce moment-là. Le batteur Stephen Kluesener confiera d’ailleurs plus tard que l’album reflète tout ce qu’ils ont traversé pendant cette période chaotique. On comprend mieux d’où vient le titre Manic : une sorte de montagnes russes émotionnelles, entre espoir et désillusion, le tout mis en musique.
« Teeth », précisément, naît dans ce contexte. C’est l’un des morceaux composés durant ces sessions fiévreuses. Le groupe va la choisir comme troisième single pour faire patienter les fans avant la sortie de Manic. En effet, Wage War dévoile d’abord « High Horse » en août 2021 (un vrai coup de massue sonore pour dire « hey, on n’a pas perdu notre agressivité »), puis « Circle the Drain » plus tard en août (un titre plus mélodique, introspectif). Et en septembre 2021, surprise : « Teeth » débarque, accompagnée d’un clip lyric vidéo. On pourrait dire que c’est la mise en bouche parfaite avant l’album complet (oui, mise en bouche, on n’allait pas rater ce jeu de mots dentaire si facile).
Le choix de Teeth comme single n’est pas anodin. Le groupe lui-même a expliqué que « Teeth est le premier aperçu de nouveau territoire sonore sur Manic. » En clair, Wage War voulait expérimenter différents sons et productions, et voir jusqu’où ils pouvaient aller. Et côté paroles, « Teeth parle tout simplement d’une relation toxique, à sens unique. On en a tous eu — et cette chanson parle du moment où on coupe les ponts. » Ambiance ! On est loin d’une bluette romantique : Teeth se place d’emblée sous le signe de la colère libératrice. Cela donne un titre à l’énergie brutale, taillé pour exorciser les frustrations accumulées. Si Manic est un album qui balance entre fidélité aux racines et nouveautés, Teeth en est le porte-étendard : un morceau sombre, énervé, avec ce qu’il faut de modernité, qui montre que Wage War a les crocs (c’était difficile de résister à celle-là).

Analysedes paroles de « Teeth »
Passons à table – ou plutôt, sur le billard du dentiste – pour disséquer les paroles de « Teeth ». Autant prévenir : niveau finesse, on est plus près du coup de masse d’arme que de la petite tape amicale. La chanson est une véritable lettre de rupture adressée à un « ami » toxique, et le moins qu’on puisse dire est que le narrateur règle ses comptes de manière bien cash. On retrouve tous les ingrédients d’une amitié qui tourne vinaigre : mensonges, trahison, abus de confiance, et ras-le-bol général. Mais au lieu de s’apitoyer en silence, le chanteur vide son sac avec la délicatesse d’un pitbull. Petit tour des joyeusetés qu’on peut relever dans le texte, avec notre touche maison d’humour grinçant :
- « If I found a rope then you would tie the noose » – « Si je trouvais une corde, tu ferais le nœud coulant » : On entre tout de suite dans le vif du sujet (et dans le nœud, littéralement). L’image est forte : le chanteur dit carrément que s’il apportait la corde, l’autre s’empresserait de préparer le pendu… Sympa l’ami ! Partage des tâches version morbide. On a connu des déclarations d’amitié plus tendres ; ici, on comprend que l’« ami » en question serait du genre à vous pousser du tabouret une fois la corde au cou. Ambiance colonie de vacances très spéciale, avec le petit camarade qui vous regarde danser avec la mort au bout de la corde (« You drop the door while you watch me dance with death » – il lâche la trappe et te regarde gigoter, en gros). Autrement dit, dès qu’il peut vous enfoncer, il le fait, et probablement avec du popcorn à la main. Meilleur pote ever.
- « You wouldn’t die for me but I would hang for you » – « Toi, tu ne mourrais pas pour moi, mais moi je me pendrais pour toi » : Là on a le contraste parfait de la relation à sens unique. D’un côté, le chanteur serait prêt à tout sacrifier (jusqu’à sa vie, rien que ça) pour l’autre, tandis que l’ami toxique, lui, ne lèverait pas le petit doigt. En gros, « je donnerais ma chemise (et ma vie) pour toi, mais toi tu me laisserais crever la bouche ouverte ». On sent l’amertume couler à flots, et franchement on compatit. Qui n’a jamais eu l’impression de trop donner sans rien recevoir en retour ? Bon, ici c’est version extrême : ce n’est plus tendre l’autre joue, c’est carrément mettre la corde autour de son cou pendant que l’autre regarde sa montre.
- « Do you call that a friend? » – « Tu appelles ça un ami ? » : Question rhétorique balancée comme un crachat. On devine bien que la réponse est non. C’est dit, on officialise : l’ami s’apparente plutôt à un beau traître. Ce genre de phrase, on pourrait la texter tard le soir à la personne qui nous a déçu, mais Wage War préfère la hurler dans un micro sur fond de guitare furieuse. Chacun sa thérapie.
- Plus loin, le narrateur enfonce le clou (dans la plaie déjà bien béante) : « You only took from me but did you ever care? ’Cause when your back’s to the wall, you disappear just in time to let me fall. » En VF : « Tu n’as fait que prendre de moi, est-ce que tu t’en es jamais soucié ? Car quand t’étais dos au mur, tu disparaissais juste à temps pour me laisser tomber. » En gros, l’ami profiteur par excellence, présent pour les bons moments (et pour profiter des ressources) mais aux abonnés absents dès que ça se complique. On connaît tous ce spécimen qui pique dans votre réserve d’amitié et d’attention, puis qui s’évapore quand c’est à son tour de soutenir. Ici, Wage War le décrit avec la poésie d’un croche-patte dans l’escalier : tu disparais pile pour me voir me ramasser. Quelle élégance !
- Arrive le refrain, ultra accrocheur malgré sa hargne : « Take what you need, use me up, and then leave » (« Prends ce dont tu as besoin, utilise-moi à fond puis laisse-moi »). On dirait presque le slogan d’un supermarché (version dark : « Servez-vous, c’est open bar, puis jetez l’emballage »), sauf qu’ici l’« emballage », c’est le pauvre narrateur. La mélodie du refrain est chantée de manière plus mélodique, presque hymnique, ce qui crée un contraste un peu ironique vu le venin des paroles. C’est comme si on chantait joyeusement « profite de moi et fous le camp » – le tout pourrait devenir un chant de supporters pour club de mauvaises fréquentations. Le refrain continue : « Hard to believe you were company I shouldn’t keep » (« Difficile de croire que tu étais une compagnie que je n’aurais pas dû garder »). Ah, la clarté qu’on a après coup… Le narrateur admet qu’il n’aurait jamais dû traîner avec ce parasite, mais il s’en rend compte un peu tard, une fois qu’il a le cœur en lambeaux. Comme on dit, on ne voit le serpent qu’après la morsure. On compatit, et on hoche la tête en rythme.
- Et bien sûr, la phrase-titre, celle qui justifie le nom « Teeth » : « Wounds cut so deep when you lie to me right through your teeth » – littéralement « Les blessures sont profondes quand tu me mens droit à travers tes dents. » L’expression anglaise “to lie through your teeth” signifie mentir effrontément, mentir comme on respire, avec un aplomb monstrueux. Ici, Wage War joue sur le mot teeth (dents) pour donner un titre marquant à la chanson. Visuellement, on imagine la personne en face avec un grand sourire (toutes dents dehors) en train de débiter ses mensonges. Un sourire carnassier, faux, qui laisse des plaies béantes chez celui qui y a cru. La voix mélodique de Cody Quistad entonne ce passage avec une sorte de désillusion amère, tandis que Briton Bond renchérit de ses hurlements en arrière-plan – comme une conscience en colère qui vocifère « menteur ! » en écho. Honnêtement, on ne peut pas faire plus clair : le refrain vous rentre dans la tête et la phrase « right through your teeth » vous mord à l’oreille autant qu’elle vous reste en mémoire.
- Continuons l’inspection des lyrics : « It’s not love, you wouldn’t get it » (« Ce n’est pas de l’amour, tu ne comprendrais pas »). Le narrateur précise bien qu’ici, ce qu’il a donné, c’était de l’amitié sincère (voire de l’amour platonique) – quelque chose de vrai – mais l’autre en face n’a jamais été fichu de le comprendre ni de le rendre. « Accepting apologies but knowing you’d never give it » (« J’acceptais tes excuses en sachant que tu n’en ferais jamais »). Aïe. On visualise le schéma : le faux ami fait des crasses puis sort des excuses bidon (ou même pas du tout d’excuses), et le narrateur, bonne poire, pardonnait à chaque fois… tout en sachant intérieurement que l’autre ne ferait jamais la même chose. C’est le give and take version enfer : un qui donne tout, l’autre qui ne donne rien. Le chanteur conclut ce passage par « I think I’m pushed to the edge » (« Je crois que tu m’as poussé à bout »). Tu m’étonnes Maurice ! À force de se faire marcher dessus, il arrive au point de rupture, le fameux moment du « trop c’est trop ». « Take it or leave it, but I won’t forget » – en gros « c’est comme ça, prends-le ou laisse-le, mais je n’oublierai pas ». On sent que la sentence tombe : cette relation est finie, il n’y aura pas de retour en arrière. On imagine bien le chanteur, bras croisés, regard noir, disant ça avant de claquer la porte… ou plutôt avant de lancer le dernier refrain d’une voix déterminée. C’est un peu la version hardcore de « Je te souhaite bien du plaisir, bye ».
- Le pont musical de la chanson est tout aussi jovial : « I’m so tired of knives in my back, smile to my face, it’s only a mask » – « J’en ai marre des couteaux dans mon dos, les sourires que tu m’adresses ne sont qu’un masque ». La métaphore du couteau dans le dos pour la trahison, un grand classique, mais efficace. Le narrateur est épuisé de se faire poignarder par surprise par celui qu’il considérait comme un ami. Et les sourires hypocrites, très peu pour lui désormais. Qui n’a pas connu un faux-jeton qui vous fait un grand sourire devant et vous critique dès que vous avez le dos tourné ? Wage War le décrit ici sans ménagement : le sourire n’est qu’un masque, derrière c’est la fourberie totale.
- Et l’apothéose : « Now I trust no one, to hell with the rats » – « Maintenant je ne fais confiance à plus personne, au diable ces rats ». Ah, les « rats » ! On devine que le terme désigne ces fameux amis traîtres (aucun rongeur n’a été maltraité dans l’affaire, rassurez-vous, c’est une image). Envoyer les rats au diable, c’est simplement dire « au diable les traîtres ! ». On atteint ici le summum du ras-le-bol. Le narrateur a tellement donné sa confiance à un ingrat qu’il en perd foi en l’humanité (du moins, il dit ça sous le coup de la colère – on espère qu’il trouvera des amis plus fiables plus tard, hein). C’est un peu comme quand, après une grosse déception, on déclare dramatiquement « c’est fini, je ne ferai plus confiance à personne ! »… Bon, on sait qu’en vrai il y aura d’autres personnes de confiance, mais sur le moment, la colère parle. Et Wage War traduit cette colère en hurlant « to hell with the rats » avec un groove féroce. On a presque envie de lever le poing et de crier avec eux, en pensant à tous les Judas de notre vie.

La chanson se conclut en martelant une dernière fois le refrain, histoire que le message rentre bien dans le crâne (et qu’il tourne en boucle dans nos têtes). Les mots « lie to me right through your teeth » sont répétés en écho, comme un mantra de délivrance. On peut imaginer le chanteur exorciser définitivement ce mauvais ami à travers ces dernières paroles, un peu comme on se laverait la bouche (c’est le cas de le dire) de toute cette amertume. Musicalement, Teeth envoie du lourd, mais on s’était promis de ne pas faire d’analyse technique – retenons juste que la rage et l’énergie du son collent parfaitement aux paroles assassines.
En fin de compte, les paroles de « Teeth » dressent le tableau sans concession d’une amitié toxique qu’on décide de terminer à grands coups de vérité. C’est cathartique, intense, et ça ne fait pas dans la dentelle (sans mauvais jeu de mots). Wage War exprime tout haut ce que beaucoup pensent tout bas en cas de trahison : « Tu m’as menti, tu m’as utilisé, tu m’as trahi… maintenant, c’est fini, va au diable et adieu. » Le tout emballé dans une métaphore mordante (c’est le cas de le dire) autour des dents et de la morsure. Humour noir et colère blanche font bon ménage ici : on souffre pour le narrateur, mais on ne peut s’empêcher de sourire (jaune) en entendant à quel point il y va franco. Au passage, la prochaine fois que quelqu’un vous mentira effrontément, vous pourrez toujours lui dire « je sais que tu me baratines right through your teeth » – si cette personne comprend la référence, elle saura qu’elle est en sursis dans votre carnet d’adresses !

Analyse du clip vidéo officiel de « Teeth »
Parlons maintenant du clip officiel. Pour Teeth, Wage War n’a pas tourné de vidéo narrative avec des acteurs ou des scènes du groupe en plein désert (classique du metalcore) – non, ils ont opté pour un clip lyric vidéo. En clair, le clip se concentre sur les paroles affichées à l’écran, synchronisées avec la musique, plutôt que sur une histoire filmée. On pourrait croire que c’est paresseux, mais détrompez-vous : ce format a ses avantages, surtout pour une chanson centrée sur un message aussi direct. Et puis soyons honnêtes, vu la vitesse à laquelle Briton Bond éructe ses vérités, un petit sous-titrage dynamique n’est pas de trop pour capter chaque punchline.
Le lyric video de « Teeth » est à l’image de la chanson : dynamique, sombre et percutant. Sur fond de visuels abstraits et un peu inquiétants, les paroles jaillissent à l’écran en lettres capitales bien lisibles – souvent en blanc sur fond noir ou dans des teintes contrastées qui claquent. Chaque mot clé semble surgir avec agressivité, un peu comme si le texte lui-même criait sur le spectateur. Par moments, la typographie tremble ou se déforme au rythme des gros riffs et des breaks du morceau, ajoutant un effet d’urgence et de tension visuelle. On sent que tout a été fait pour renforcer l’impact du message : les mots « lie », « teeth », « noose » etc., apparaissent peut-être avec une emphase particulière, histoire qu’on les prenne bien en pleine figure.
L’ambiance générale du clip est oscure, avec un côté un peu glitched/halluciné (fidèle à l’esprit de l’album Manic qui joue sur le thème de la folie). Pas de petit lapin mignon ou de coucher de soleil ici : on est plutôt dans des textures grunge, des effets de brouillard, des éclairs lumineux au bon moment – de quoi garder l’adrénaline au max. Le clip parvient à créer une atmosphère oppressante juste avec du graphisme et du texte, ce qui est pile ce qu’il faut pour accompagner ce règlement de comptes musical. Imaginez un karaoké, mais version séance d’exorcisme d’une amitié toxique : on suit les paroles à l’écran, sauf qu’au lieu d’un gentil fond d’aquarium, on a des visuels qui tabassent.

D’un point de vue humoristique, on pourrait dire que le groupe nous mâche le travail en affichant chaque parole. Impossible de chanter à côté, même si on a du mal à comprendre Briton quand il hurle, tout est écrit noir sur blanc. C’est le genre de clip où tu peux pointer l’écran en criant « tellement vrai ! » à chaque ligne assassine, le tout depuis ton canapé. Bon, on évitera de le faire en public transports, sous peine d’inquiéter les voisins. En tout cas, pour les non-anglophones, c’est pratique : plus d’excuse pour ne pas saisir le torrent de rancune qui se déverse. Et il faut avouer que voir les mots “to hell with the rats” s’afficher, c’est assez jouissif dans le contexte – un peu comme si on les lançait nous-mêmes.
Visuellement, ce lyric video est efficace car il garde le focus sur l’essentiel : les paroles et l’énergie. Pas de distraction avec une storyline compliquée ou des coupes sur chaque membre du groupe faisant sa meilleure metal face. À la place, on a une immersion dans la psyché du narrateur. On lit sa colère en temps réel. Chaque phrase apparaît comme un coup de poing textuel, si bien qu’à la fin on est presque aussi essoufflé que si on avait couru dans un mosh pit. Certains mots pourraient même s’afficher en rouge ou secouer l’écran (c’est souvent le genre d’effet qu’on trouve dans les lyric videos rock/metal pour accentuer les moments forts). Si vous êtes du genre à aimer chanter en même temps, ce clip vous prend par la main – ou plutôt par la gorge – et vous invite à scander avec le chanteur ces paroles vengeresses.
On peut aussi voir ce choix de clip lyric comme un signe que, sur Teeth, le message prévaut sur l’image. Wage War voulait qu’on se concentre sur les mots, sur le texte qui sort tout droit du cœur (et des tripes). Pas besoin d’artifices visuels complexes quand on a des phrases aussi tranchantes à offrir. D’ailleurs, vu la teneur des paroles, on imagine mal un scénario littéral (genre mettre en scène quelqu’un qui attache réellement une corde ou plante des couteaux dans un dos – ça tournerait vite au court-métrage d’horreur kitsch). Le lyric video permet de rester dans l’allusion stylisée, tout en laissant l’imagination de chacun visualiser ses propres traîtres à envoyer balader.
En résumé, le clip officiel de « Teeth » est un karaoké cathartique : il vous crache les paroles à la figure avec style, sur un habillage visuel sombre et nerveux parfaitement accordé à la chanson. C’est simple mais redoutablement pertinent. Pas besoin de voir le groupe mimer la colère, on la lit sur l’écran et on l’entend dans la musique. Le ton est donné, brut, sans fioritures – et ironiquement, c’est peut-être encore plus percutant ainsi. Pour ceux qui aiment l’esthétique, on apprécie le côté minimaliste agressif : c’est un peu comme si les mots eux-mêmes, tels des petites bêtes énervées, venaient vous mordre (oui, encore une métaphore de morsure, on ne s’en lasse pas) au fil du clip.

Conclusion : « Teeth » de Wage War est un défouloir musical et lyrical qui aborde la trahison avec un mordant certain (pun intended). Entre la présentation du groupe qui sort les crocs depuis ses débuts en Floride, le contexte d’un album Manic né en plein tumulte, l’analyse des paroles qui révèle une liste de griefs aussi longue qu’un jour sans pain (ou sans dentifrice, au choix), et le clip lyric qui enfonce chaque mot dans nos rétines, on a fait le tour de la question avec humour et franchise. Wage War nous livre une sorte de thérapie par le metalcore : écouter Teeth, c’est un peu comme hurler sur son ex-meilleur ami fictif pendant 3 minutes, mais en ressortant étonnamment soulagé et le sourire aux lèvres (un sourire carnassier, bien sûr).
En adoptant un ton légèrement moqueur, on peut savourer à la fois la puissance cathartique de la chanson et le côté très premier degré de ses métaphores. Oui, c’est exagéré, oui c’est dramatique – mais c’est diablement efficace et on en redemande. Après tout, qui n’a pas rêvé de dire ses quatre vérités à quelqu’un qui l’a déçu ? Wage War l’a fait en musique, avec du style et de la rage. Alors la prochaine fois que vous vous sentez trahi, plutôt que de ruminer dans votre coin, mettez « Teeth » à fond, chantez avec le clip lyric en pointant chaque mot du doigt, et laissez l’énergie vous envahir. C’est brutal, c’est honnête, et ça fait du bien par où ça passe – un peu comme un bon détartrage émotionnel. Allez, sans rancune… et au diable les faux amis !

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