Boogalion Mafia (Bawdy Festival 2009)

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Ok, imagine la scène : tu es à un barbecue de quartier, tout le monde a sorti les merguez, la playlist fait encore tourner du Jul, et là… BOOM, débarque “Boogalion Mafia” de Bawdy Festival. Résultat ? Mamie lâche sa salade de pâtes, le voisin arrête de se plaindre du bruit, et même le chat du coin se met à headbanger sur la table de jardin. Parce qu’il faut être clair : avec un titre pareil, on ne sait pas si on doit sortir son plus beau pas de danse, appeler la mafia italienne… ou simplement trembler en se disant que ça va barder. Bref, bienvenue dans un univers où les décibels sont des armes et où la fête ressemble plus à un champ de bataille qu’à un bal musette. 🎉💥

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« Boogalion Mafia » – Sous le grand chapiteau de Bawdy Festival

Numéro 1 – La troupe Bawdy Festival entre en piste

Bienvenue sous le chapiteau punk hardcore et nu metal de Bawdy Festival, un groupe français originaire de Seine-et-Marne. Formée en 2003 du côté de Pontault-Combault, la troupe a sévi jusqu’en 2010 en répandant un joyeux chaos clownesque. Sur scène comme dans le public, tout le monde est grimé en clown haut en couleur – une véritable armée de nez rouges – et le spectacle est un enchantement bariolé mêlé à la violence du punk hardcore. Le ton est donné : ici, ça riff furieusement tout en faisant le pitre macabre. Bawdy Festival se définit d’ailleurs fièrement comme un groupe de « clowncore », terme aussi déjanté que leur univers.

Sous les projecteurs, on retrouve cinq clowns-musiciens aux pseudonymes dignes d’un cirque frappadingue : Teddy DKC au chant (clown en chef hyperactif), Bungy Bingo Fucka à la guitare, Stupid Clown à la basse, N-DMC aux claviers et machines, et Joko à la batterie. Leurs concerts tiennent du carnaval infernal – imaginez une fête foraine hantée animée par des clowns maléfiques qui enchaînent riffs et rires sadiques. La formation est fortement influencée par Ça de Stephen King et par les ambiances foraines, proposant un mélange unique de metal, de fusion, de hip-hop et de mélodies tout droit sorties du chapiteau Pinder. Certes, se déguiser sur scène n’est pas une idée totalement inédite (on pense aux masques de Slipknot ou au maquillage d’Alice Cooper), mais Bawdy Festival pousse le concept à son paroxysme : un véritable numéro de Twilight Zone oscillant « entre macabre et burlesque, alliant des éléments du cirque et de la fête foraine avec d’autres plus gore à la Pennywise (le clown de Ça) ». Leur univers – qu’ils nomment “Weird Side” – évoque un freak show grand-guignolesque peuplé de monstres de foire (sœur siamoises, femme à barbe, condamné à mort sur sa chaise électrique…) présenté par un Monsieur Loyal inquiétant. Tout est pensé comme un cirque de l’horreur interactif, où les spectateurs, baptisés Clown Soldiers, sont enrôlés dans la folie de la troupe pour former une armée clownesque délirante. En somme, Bawdy Festival transforme la salle de concert en un chapiteau rock horrifique, où l’on headbang avec un nez de clown et du faux sang sur le visage. 🤡🎪

Numéro 2 – Dans les coulisses de « Boogalion Mafia »

Place maintenant au numéro vedette : « Boogalion Mafia ». Cette chanson sort initialement en 2007, apparaissant sur la compilation La Pépinière 2007 du réseau musical Le Pince Oreilles. Le morceau sera ensuite intégré à la première grande sortie du groupe – le CD/DVD live Tri Nox Samoni: Into The Weird Side – paru fin 2009. Le titre Boogalion Mafia intrigue d’emblée par son nom : une contraction improbable évoquant autant le « boogie» (la fête débridée) que le « lion » (le roi de la jungle du cirque), le tout sous la coupe d’une mafia bien barrée. Et en effet, le concept de la chanson mélange allègrement l’imaginaire mafieux et l’esthétique du cirque – comme un parrain du crime sorti d’un cartoon lugubre. On peut presque visualiser un Don Corleone maquillé en clown, faisant régner sa loi sous le chapiteau. 🎩🤡

Musicalement, Boogalion Mafia est un concentré du style Bawdy Festival : guitare lourde, rythmique fusion survoltée et ambiance de fête foraine qui tourne mal. Le chant alterne entre flow rap agressif et hurlements hardcore, fidèle à l’esprit hip-hop métal freak show du groupe Impossible de rester de marbre – c’est un morceau taillé pour le live, qui donne furieusement envie de rejoindre la piste de danse (ou plutôt le mosh pit) en costume de clown. D’ailleurs, la chanson a fait son petit effet auprès des fans et de la critique. Sur l’album live, « Boogalion Mafia » s’illustre comme l’un des titres phares, tirant brillamment son épingle du jeu aux côtés de quelques autres hymnes déjantés du groupe. En clair, c’est un incontournable du répertoire clownesque de Bawdy Festival – un véritable hit du grand cirque métal. 🎶🎪

Quant aux influences derrière Boogalion Mafia, elles sont à l’image du groupe : éclectiques et décalées. On y sent autant l’amour du rap « gangsta » (version clown armé d’un pistolet à eau… rempli d’acide) que celui du metal façon groove heavy. Le tout est assaisonné de références à la culture horreur et à la subversion festive chère à Bawdy Festival. Pas étonnant que la bawdy familia (comme ils se surnomment) ait invité sur scène des artistes de la scène crunk ou des musiciens post-rock à l’occasion – leur famiglia artistique est grande et ne connaît pas de frontières du bizarre. Boogalion Mafia s’inscrit donc dans ce délire créatif, née quelque part entre un cirque ambulant et un hangar de banlieue, un soir d’orage où les clowns auraient décidé de braquer la banque du coin pour financer la fête. 💥🎉

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Numéro 3 – La mafia des clowns : résumé des paroles

Le rideau s’ouvre sur les paroles de « Boogalion Mafia », et c’est un véritable film de gangsters au pays des clowns qui se déroule devant nos yeux. Ici, le parrain n’est autre qu’un clown psychopathe, chef de la “bawdy familia”, qui s’adresse à l’auditeur imprudent. Bienvenue dans son quartier général, le 77 (clin d’œil au département de Seine-et-Marne d’où vient le groupe) qu’il contrôle sans pitié. Le ton est donné dès l’intro : « Qu’est-ce qu’il y a ? Qu’est-ce qu’il se passe ? Toi, te la raconte pas… tu fous les pieds dans le bloc de la putain de bawdy familia ». En gros, tremblez, pauvres mortels, vous venez d’entrer sur le turf des clowns mafieux de Bawdy Festival. 🤡💀

La thématique principale de la chanson, c’est la fusion entre une mafia ultraviolente et un cirque dégénéré. Le gang de clowns armés s’autoproclame “cirque terroriste” et grignote le territoire quartier par quartier avec ses roulottes, comme une invasion foraine du crime. Ces Goodfellas en salopettes colorées font régner la terreur avec un humour très (très) noir. Les couplets, rappés avec rage, enchaînent les images choc et absurdes : les « Thompson » (mitraillettes) crachent, les corps tombent, le crime c’est nous, les flics c’est nous… Même la violence est tournée en dérision macabre. Le parrain-clown fanfaronne qu’il “fait des barbecues avec John Wayne Gacy”, le fameux tueur en série qui se déguisait en clown – barbecue au menu bien saignant, s’il en . Il se vante aussi de rendre les sorties d’école maternelle “festives” à sa manière, image aussi grotesque qu’inquiétante d’un clown gangster distribuant des bonbons… explosifs ! 🍭💣 L’univers lyrical est truffé de ce genre de provocations grinçantes, mêlant références criminelles et freak show sanguinolent.

Malgré l’horreur, le morceau conserve un ton volontairement cartoonesque et déjanté. Le chef de la Boogalion Mafia se voit en « parrain, le dur, la grosse coupure », un caïd caricatural qui exige le respect (et un maquillage gratuit de la part de tous, parce qu’il est trop stylé – logique 🤡). Il ordonne à ses adversaires de sourire pendant leur mise à mort, histoire d’ajouter une touche de folie théâtrale à l’exécution. Le refrain de la chanson est d’ailleurs une sorte de comptine mafieuse entonnée par une armée de clowns : “BOOGALION BOOGALION MAFIA! BOOGALION BOOGALION MAFIA! … HA HA HA!” – le tout ponctué d’un rire démoniaque qui glace le sang autant qu’il fait rire jaune. On s’imagine la scène : une horde de clowns psychopathes scandant leur appartenance à la mafia du cirque en ricanant sous la lune. C’est à la fois grotesque et étrangement jouissif, comme un épisode de Simpson écrit par Stephen King après une soirée un peu trop arrosée à la fête foraine. 🎡🔪

En résumé, les paroles de Boogalion Mafia dressent un tableau totalement barré d’une pègre clownesque. Les thèmes de la famille (la familia), de la violence de rue et de la conquête de territoire sont détournés dans un univers de carnaval macabre. Les symboles traditionnels du cirque – le lion, la roulotte, le clown rieur – sont pervertis en outils de domination criminelle. Même la religion passe à la moulinette de la folie (un vers parodie *« au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » en *« au nom du pet, du vice et du simple d’esprit » – on ne respecte rien chez les clowns voyous !). L’ambiance oscille entre la comédie noire très appuyée et le thriller d’horreur. On y trouve une critique sociale en filigrane (la société est un cirque cruel, semble dire Teddy DKC… ou alors c’est juste pour le délire, qui sait ?), mais surtout une grosse envie de s’encanailler en musique. C’est grinçant, outrancier, volontairement too much – bref, un numéro de cirque musical à la fois hilarant et effrayant, comme si Les Affranchis avaient croisé Ça dans un chapiteau abandonné. 🤡🔥

Numéro 4 – Le clip vidéo : carnaval macabre sous les projecteurs

Pour clore le spectacle en beauté, il est temps d’allumer les caméras sur le clip de « Boogalion Mafia ». Disponible sur YouTube, ce clip est en fait un montage de performance live, enregistré en 2008 en conditions de concert et réalisé par Luc Roué. Pas de scénario à la Michael Bay ici : on est plongés directement sous le chapiteau métallique de Bawdy Festival, au plus près de leur show déjanté.

Dès les premières secondes, on est happé par la mise en scène haute en couleur et en frissons. Sur scène, les musiciens apparaissent déguisés en clowns démoniaques, maquillages grotesques et costumes bariolés inclus, exactement comme on l’attendait. Le chanteur Teddy DKC, fidèle à lui-même, déboule coiffé de son chapeau à grelots et semble monté sur ressort – un vrai diable sortant de sa boîte qui bondit aux quatre coins de la scène. Micro en main, il alterne entre grimaces menaçantes et rires fous, incarnant à la perfection ce « gros clown en colère » capable d’éclater de rire de façon sadique entre deux hurlements. On le voit haranguer la foule, tel un Monsieur Loyal possédé, tandis qu’autour de lui ses comparses clownesques martyrisent joyeusement leurs instruments. Le guitariste et le bassiste, affublés de maquillages macabres, headbanguent en rythme tout en tirant des tronches dignes d’un film d’horreur. N-DMC, derrière ses claviers, ajoute à l’ambiance circassienne avec des samples inquiétants, un peu à la manière d’un organiste de foire maléfique. La batterie de Joko martèle un tempo furieux, transformant la scène en piste de cirque rock’n’roll. L’éclairage est lui aussi de la partie : des projecteurs stroboscopiques et des lumières aux tons rougeâtres et violacés baignent la scène, lui donnant des airs de fête foraine hantée tout droit sortie d’un cauchemar psychédélique. On se croirait dans un croisement entre un concert de metal et la maison des clowns tueurs ! 🎪🎥

Le public, quant à lui, fait quasiment partie du spectacle. La caméra révèle une foule compacte où percent ici et là des visages grimés de blanc et de noir – car oui, de nombreux fans ont joué le jeu en venant déguisés en clowns maléfiques eux aussi. L’enthousiasme est palpable (et contagieux) : dès les premières notes, la fosse s’embrase. Les Clown Soldiers du premier rang partent en pogo furieux, ça slamme et ça se bouscule dans un esprit de franche camaraderie… de cirque 😅. En quelques secondes, c’est la pagaille joyeuse dans le pit, une joyeuse anarchie orchestrée par la musique. On voit des adeptes du face-painting diabolique chanter les paroles en choeur, poings en l’air, pendant que d’autres déclenchent un wall of death façon cour de récré démoniaque. Le clip capture ces moments de communion furieuse entre le groupe et son public, où l’on réalise que Bawdy Festival est avant tout un groupe taillé pour la scène – c’est sous le chapiteau live que la magie opère vraiment.

Au niveau du montage, le réalisateur Luc Roué a opté pour un style nerveux et immersif. Les plans alternent entre des vues d’ensemble de la scène – où l’on voit toute la troupe en action dans son décorum clownesque – et des gros plans rapides sur les visages maquillés dégoulinant de sueur (et de peinture). On a droit à des cadrages un peu fous, parfois de travers, qui renforcent l’impression de bazar maîtrisé. Quelques effets visuels subtilement ajoutés font clin d’œil à l’univers freak show : ici un flash d’image d’une marionnette flippante, là une superposition de bulles de savon sanglantes (ou est-ce une hallucination de clown psychopathe ?). Tout est fait pour que le spectateur se sente au cœur de la mêlée, littéralement en train de jongler entre l’euphorie et la terreur.

L’ambiance générale du clip est à la fois festive et sinistre. On assiste à un vrai carnaval macabre en musique, où l’horreur se teinte de second degré. Les clowns de Bawdy Festival parviennent à nous faire rire et frissonner en même temps. Chaque rire démoniaque de Teddy DKC filmé en gros plan donne la chair de poule, puis un riff groovy nous fait immédiatement hocher la tête avec un grand sourire (un peu crispé). C’est ce mélange d’émotions contradictoires qui fait tout le sel de la vidéo. Pendant le break, on aperçoit même un happening scénique insolite – peut-être un entartage de victime consentante ou un lancer de confettis noirs – de quoi rappeler que le groupe adore brouiller la frontière entre concert metal et spectacle de cirque interactif.

En guise de grand final, le clip (à l’instar du concert dont il est tiré) se conclut dans un déluge d’énergie. La dernière note résonne, et c’est l’explosion : les musiciens relâchent toute la tension dans un riff final tonitruant pendant que le public hurle de joie, des confettis (forcément) volent dans les airs et les clowns s’enlacent sur scène. On les voit remercier leur audience hilare et peut-être un peu terrifiée – rideau ! Applaudissements nourris ! 👏🤡

En sortant de ce clip, une chose est sûre : on en a pris plein les yeux et les oreilles, et on ne verra plus jamais le cirque tout à fait de la même façon. Bawdy Festival nous a servi un show grand-guignolesque absolument savoureux“un spectacle que certains trouveront risible ou trop perché, mais qui, pour peu qu’on adhère au concept, se révèle hautement séduisant”. Le groupe déploie une efficacité scénique redoutable, et c’est bien en live que toute la magie de leur monde s’opère. Au final, ce grand spectacle sous chapiteau qu’est « Boogalion Mafia » nous aura fait rire, trembler et taper du pied en cadence. Un numéro d’anthologie, à la fois absurde et maîtrisé, qui prouve que chez Bawdy Festival, on ne prend pas le public pour des clowns – sauf pour mieux l’inviter à rejoindre la Clown Army et à plonger dans le Weird Side avec un sourire carnassier. Haut les masques, et que la fête (foraine) continue ! 🤡🎸🎪

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Numéro 5 une conclusion Clownesque (Pas comme George)

En conclusion, “Boogalion Mafia” c’est un peu comme si un cirque avait fait un braquage dans une confiserie : ça colle aux doigts, ça fait peur et ça donne envie de rigoler en même temps. Bawdy Festival ne se contente pas de jouer des notes, ils lâchent des balles de jongleurs enflammées, des punchlines façon clowns tueurs et une ambiance où même l’éléphant du chapiteau se mettrait à headbanger.

Alors oui, la Boogalion Mafia, c’est peut-être une bande dangereuse… mais seulement pour tes tympans et ton sérieux. Parce qu’après les avoir écoutés, tu finis forcément avec un sourire de Joker, un pop-corn coincé dans la gorge et l’envie d’applaudir comme un phoque sous amphét’. 🎪🤡🎸

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