
Arrow (2012–2020) : Analyse complète de la série
Stephen Amell incarne Oliver Queen / Green Arrow dans la série Arrow, diffusée aux États-Unis sur la chaîne The CW du 10 octobre 2012 au 28 janvier 2020. Cette série super-héroïque, inspirée du personnage de Green Arrow de DC Comics, compte 8 saisons pour un total de 170 épisodes d’environ 42 minutes. Elle a été développée par Greg Berlanti, Marc Guggenheim et Andrew Kreisberg, producteurs déjà aguerris dans l’adaptation de comics à l’écran. Arrow a connu un succès fondateur qui a non seulement revitalisé l’intérêt du public pour les super-héros à la télévision, mais a aussi donné naissance à un univers partagé baptisé l’« Arrowverse », regroupant plusieurs séries DC interconnectées. Cette analyse revient sur la genèse de la série, ses coulisses de production, ses personnages emblématiques, son accueil par la critique et le public, ainsi que son héritage dans le paysage des séries de super-héros modernes.

Genèse du projet et production de la série
Arrow est née de la volonté de la CW de prolonger le succès de Smallville (2001–2011) avec un nouveau héros DC. Dès janvier 2012, peu après la fin de Smallville, la chaîne commande un pilote centré sur Green Arrow. Les créateurs Greg Berlanti, Marc Guggenheim et Andrew Kreisberg s’attellent à développer une série originale, sans lien direct avec la version de Green Arrow apparue dans Smallville. Ils choisissent ainsi de repartir de zéro avec un ton plus sombre et réaliste. L’acteur canadien Stephen Amell est rapidement casté pour le rôle principal d’Oliver Queen, alias l’Archer Vert, apportant au personnage une physicalité intense et un jeu athlétique salués par la production. Le pilote est réalisé par David Nutter (réalisateur du pilote de Smallville) et le tournage débute en mars 2012 à Vancouver.
Dès son lancement le 10 octobre 2012, Arrow se démarque par son approche terre-à-terre du mythe du super-héros. « Nous ne traitons pas Arrow comme une série de super-héros, mais comme un thriller criminel – avec une approche très réaliste » explique le producteur Marc Guggenheim. L’équipe créative s’inspire de l’ambiance urbaine et sombre de films comme Heat ou la trilogie The Dark Knight, plutôt que d’un univers flamboyant de comic book. Aucune capacité surnaturelle n’est présentée initialement : « Les super-pouvoirs n’existent tout simplement pas dans notre monde : c’est le monde réel, celui de l’extérieur de votre fenêtre » souligne Andrew Kreisberg. Ce parti-pris, combiné à un héros vulnérable qui peut être blessé et commet des erreurs, donne le ton d’une première saison très ancrée dans le réalisme. La série suit Oliver Queen, milliardaire playboy présumé mort pendant cinq ans après un naufrage, de retour dans sa ville natale Starling City avec une mission secrète : nettoyer la ville de sa pègre pour honorer la mémoire de son père.
Derrière la caméra, la production est assurée par Berlanti Productions en collaboration avec Warner Bros. Television et DC Entertainment. Le tournage a principalement lieu à Vancouver, au Canada, qui offre décors urbains et forêts côtières idéales pour figurer la métropole fictive de Starling City ainsi que l’île déserte Lian Yu où Oliver a survécu pendant des années. Des lieux emblématiques de la région de Vancouver sont utilisés, tels que Hatley Castle (Colombie-Britannique) pour le manoir des Queen, ou le parc Whytecliff de West Vancouver pour les scènes sur l’île de Lian Yu. Visuellement, la série soigne ses scènes d’action avec un budget télévisuel maîtrisé mais efficace. Le réalisateur et coordinateur des cascades James “Bam Bam” Bamford a largement contribué à façonner l’esthétique des combats du show : des affrontements au corps-à-corps intenses, une utilisation inventive de l’arc et des flèches, et même des séquences filmées en un seul plan-séquence pour amplifier l’immersion. Son travail novateur sur Arrow a posé les bases du style d’action de l’ensemble de l’Arrowverse, mêlant réalisme brutal et ampleur quasi-cinématographique.

Tournage, effets visuels et évolution technique
Si Arrow a démarré comme une série relativement sobre en effets spéciaux, son ambition visuelle a grandi au fil des saisons. La première saison privilégie les cascades réelles et les combats chorégraphiés sans artifices numériques : Oliver utilise des flèches bien réelles (pas de gadgets farfelus façon James Bond), et chaque coup porté a des conséquences tangibles. Cette approche old-school, appuyée par le tournage en extérieur à Vancouver, confère d’emblée à la série un cachet authentique. Les scènes nocturnes dans les ruelles sombres de “The Glades” (les quartiers mal famés de Starling City) utilisent un éclairage urbain brut, rappelant l’esthétique de thrillers criminels. Les producteurs notent qu’en 2012 la télévision bénéficie de meilleures technologies et valeurs de production qu’une décennie plus tôt : il est devenu possible de réaliser à l’écran des choses bien plus grandioses qu’auparavant, même avec un budget de série.
Au fil des saisons, Arrow a progressivement intégré des éléments plus spectaculaires et surnaturels, en particulier lors des crossovers avec ses séries dérivées. L’introduction de Flash dans la saison 2 d’Arrow a marqué le tournant : l’apparition de méta-humains a nécessité davantage d’effets numériques pour représenter la super-vitesse et autres pouvoirs. La saison 3 a exploré la Ligue des Assassins et le personnage de Ra’s al Ghul, amenant des scènes de combat à l’épée et des décors exotiques. La saison 4 a osé le registre fantastique avec le méchant Damian Darhk et ses pouvoirs magiques, s’appuyant sur des trucages numériques (télékinésie, éclairs d’énergie) qui ont cependant reçu un accueil critique mitigé. Consciente de ses forces, la série est revenue en saison 5 à un ton plus réaliste et orienté action urbaine, tout en bénéficiant de moyens techniques accrus : explosions plus imposantes, poursuites plus élaborées et chorégraphies de combat toujours plus inventives. À partir de la saison 6, la diffusion en Ultra HD (4K) sur certaines plateformes a également amélioré la netteté de l’image, mettant en valeur le soin apporté aux costumes et aux décors.
Un élément technique narratif distinctif de Arrow a été l’usage des flashbacks. Durant les cinq premières saisons, chaque épisode présente en parallèle l’histoire présente d’Oliver en justicier à Starling City et des séquences passées se déroulant sur l’île (ou d’autres lieux où Oliver a vécu durant ses « cinq années d’enfer »). Ce choix de narration double a complexifié le tournage (besoin de décors insulaires, d’une perruque et d’un maquillage distincts pour Stephen Amell afin de représenter un Oliver barbu et marqué par les épreuves). Marc Guggenheim confie qu’en pratique c’était comme tourner deux séries en une : « c’est incroyablement ambitieux de faire ces flashbacks chaque semaine, on a presque un show dans le show ». Cette structure a permis d’enrichir considérablement le personnage d’Oliver Queen, en dévoilant progressivement sa transformation d’héritier gâté en guerrier aguerri. Après la saison 5 (qui a bouclé le cycle des flashbacks sur l’île), la série a adopté d’autres dispositifs (flash-forward en saison 7, épisodes spéciaux centrés sur d’autres personnages) pour continuer à varier son récit visuellement et thématiquement.

Les personnages principaux : portraits et évolutions
Oliver Queen / Green Arrow
Oliver Queen est le héros tourmenté au cœur de Arrow. Playboy milliardaire le jour, il se mue la nuit en archer justicier masqué pour honorer une promesse : celle de sauver sa ville de la corruption et du crime, en rayant les noms d’une liste léguée par son père défunt. Au début de la série, Oliver revient à Starling City après cinq ans d’absence, marqué physiquement et psychologiquement par un long séjour en enfer (censément sur une île isolée du Pacifique nommée Lian Yu). Il cache à sa famille et à ses amis l’homme brisé et déterminé qu’il est devenu, feignant d’être le même fêtard insouciant qu’avant. Sous le costume du justicier à la capuche, d’abord surnommé “The Hood” puis simplement “Arrow”, Oliver n’hésite pas à employer des méthodes expéditives, y compris létales, contre les criminels lors de sa croisade initiale. Ce n’est qu’au fil des rencontres et des épreuves qu’il va affiner son code moral, renonçant progressivement à tuer pour incarner un héros plus vertueux. Le parcours d’Oliver est rythmé par les dilemmes personnels : peut-il mener une vie normale tout en étant Green Arrow ? Peut-il faire confiance à de nouveaux alliés et former une équipe ? La série le confronte à ses échecs et à ses responsabilités, notamment envers sa sœur Thea et son ex-petite amie Laurel Lance, qu’il a toutes deux déçues dans le passé.
L’évolution du personnage est marquée par plusieurs arcs de rédemption. Dans la saison 2, Oliver apprend à devenir « un héros et non un assassin » grâce aux conseils de son ami John Diggle et de sa nouvelle alliée Felicity Smoak. Le traumatisme de la mort de son ami Tommy en fin de saison 1 le pousse à s’interroger : venger les torts de son père suffit-il à rendre Starling City meilleure ? Oliver finit par embrasser pleinement l’identité de Green Arrow (nom qu’il adopte officiellement en saison 4), symbole d’espoir pour la ville, et non plus seulement un ange vengeur. Cependant, ce chemin n’est pas linéaire : Oliver affronte des périodes de doute profond. Ainsi, dans la saison 3, la lutte contre Ra’s al Ghul le force à remettre en cause son identité même, jusqu’à simuler sa mort et envisager de succéder à son ennemi avant de revenir à lui-même. Oliver connaît également des moments de bonheur fragile, notamment à partir de la saison 4 lorsqu’il s’engage dans une relation amoureuse avec Felicity et tente de concilier sa vie de maire de Star City (nouveau nom de Starling City) avec ses activités de vigilante. Mais les sacrifices finissent toujours par le rattraper : en véritable héros tragique, Oliver doit renoncer à une vie normale pour accomplir son destin. Dans le crossover “Crisis on Infinite Earths” (2019), il va jusqu’à se sacrifier pour sauver le multivers, trouvant une forme de rédemption ultime. Le personnage d’Oliver Queen, magistralement incarné par Stephen Amell, est souvent cité comme l’un des plus aboutis des adaptations DC à la télévision, grâce à son épaisseur psychologique et à une performance physique impressionnante. Dès le pilote, Entertainment Weekly notait que le charme de Arrow repose en partie sur « un héros au cœur brisé, en conflit avec sa famille, à la manière de Smallville », tandis que le Los Angeles Times saluait « une série de super-héros parfaite – et avec de tels producteurs exécutifs, la qualité d’Arrow n’est pas surprenante ».

Felicity Smoak
Felicity Smoak est rapidement devenue le personnage chouchou des fans (fan-favorite) d’Arrow. Experte en informatique surdouée, drôle et maladroite, Felicity est introduite modestement dans la saison 1 comme une employée de l’IT chez Queen Consolidated que Oliver consulte pour des problèmes techniques. Emily Bett Rickards, son interprète, ne devait à l’origine apparaître que dans un seul épisode en 2012. Cependant, la chimie immédiate entre l’actrice et Stephen Amell, ainsi que les retours enthousiastes des producteurs et du public, conduisent les showrunners à étoffer le rôle de Felicity. D’abord récurrente, elle intègre l’équipe Arrow (aux côtés d’Oliver et Diggle) en cours de saison 1, puis devient personnage régulier à partir de la saison 2. Felicity apporte une touche de légèreté et d’humanité à la série : ses répliques pleines d’esprit et son optimisme tranchent avec le sérieux d’Oliver. Derrière son écran d’ordinateur, elle guide le justicier grâce à ses talents de hackeuse, adoptant plus tard le nom de code “Overwatch”. Au fil des saisons, Felicity gagne en profondeur : son passé est exploré (notamment dans l’épisode « The Secret Origin of Felicity Smoak » sur son passé de hackeuse goth), elle connaît des épreuves (sa paralysie temporaire en saison 4 après une attaque, suivie d’une guérison grâce à un implant high-tech), et elle prend de l’indépendance (elle dirige un temps l’entreprise Palmer Technologies, puis fonde sa propre start-up, Smoak Technologies). Sa relation amicale puis amoureuse avec Oliver Queen devient l’un des fils rouges émotionnels de la série. Si leur romance (“Olicity”) a une fanbase dévouée, elle a aussi suscité des débats sur l’équilibre entre soap opera et action super-héroïque dans Arrow. Les scénaristes reconnaissent rétrospectivement avoir peut-être précipité certaines intrigues autour du couple Oliver-Felicity en saison 4, au détriment de la fluidité narrative. Néanmoins, Felicity reste acclamée pour son rôle positif de femme dans la tech : souvent citée comme modèle de personnage féminin en STEM, elle a été désignée comme un élément crucial du succès de la série, grâce au charme qu’Emily Bett Rickards insuffle au rôle. À la fin de la saison 7, Felicity quitte la série (Emily Bett Rickards souhaitant passer à autre chose), son personnage partant élever sa fille Mia à l’écart du danger. Elle reviendra faire un caméo touchant dans le series finale, retrouvant Oliver dans l’au-delà, clôturant leur histoire sur une note émouvante.

John Diggle
John “Dig” Diggle, interprété par David Ramsey, est le partenaire loyal et la conscience morale d’Oliver Queen. Ancien officier des Forces spéciales, engagé comme garde du corps par la famille Queen, Diggle est dès le départ un homme droit, terre-à-terre, qui sert de point d’ancrage réaliste face aux élans téméraires d’Oliver. Le personnage de Diggle a la particularité d’avoir été créé directement pour la série par Berlanti, Guggenheim et Kreisberg – il n’existait pas dans les comics Green Arrow avant 2012. Son nom est d’ailleurs un clin d’œil au scénariste Andy Diggle (auteur d’une célèbre histoire Green Arrow: Year One qui a inspiré la série). John Diggle s’impose vite comme l’allié indispensable du justicier : il découvre la double identité d’Oliver et décide de l’aider dans sa croisade, apportant ses compétences tactiques et son expérience de soldat. Diggle est souvent comparé au majordome Alfred de Batman, en tant que moral compass du héros : « le mentor qui n’hésite pas à lui dire ses quatre vérités pour le remettre dans le droit chemin ». D’un calme olympien, Diggle incarne la voix de la raison, qu’il s’agisse de tempérer Oliver lorsque celui-ci franchit la ligne rouge, ou de motiver l’équipe dans les moments de doute. Au fil des saisons, le personnage gagne sa propre intrigue : on explore son passé (la mort de son frère Andy, sa relation avec sa femme Lyla Michaels, agent d’ARGUS), et Diggle finit par enfiler lui aussi un costume. Sous le pseudonyme “Spartan”, il devient un membre actif de l’équipe sur le terrain, équipé d’un casque high-tech et d’armes non létales. Durant la saison 6, Diggle va même temporairement reprendre le mantel de Green Arrow lorsque Oliver doit opérer dans l’ombre : une preuve de la confiance absolue entre les deux hommes. Cependant, ce poids se révèle lourd pour Diggle, qui lutte contre des blessures physiques (une blessure nerveuse affectant sa capacité à tirer) et psychologiques (syndrome du survivant, culpabilité). Après la dissolution initiale de Team Arrow, Diggle rejoint l’agence ARGUS aux côtés de Lyla, où il continue à combattre le crime à l’échelle globale.
Fait notable, John Diggle a ensuite été intégré aux comics officiels Green Arrow dès 2013, preuve de son impact dans la mythologie du personnage. Les fans ont longtemps spéculé sur un lien entre Diggle et le Green Lantern John Stewart – la série s’amuse de ce clin d’œil en révélant plus tard que son beau-père se nomme Stewart, et en montrant dans le final Diggle trouver un mystérieux anneau vert tombé du ciel. Si cette transformation en Green Lantern n’est jamais explicitement développée à l’écran, elle symbolise l’importance qu’a pris Diggle dans l’univers DC télévisé. En définitive, John Diggle demeure le pilier humain d’Arrow : un homme sans pouvoir ni richesse extraordinaire, mais guidé par l’honneur et l’amitié. Comme le résume David Ramsey, « les autres membres de la team sont “extraordinaires”, mais on s’identifie à Diggle parce qu’il est juste un type normal qui a décidé de faire ce qui est bien ». Son amitié indéfectible avec Oliver – allant jusqu’à élever le fils d’Oliver après la mort de celui-ci – apporte à la série sa dimension fraternelle et émouvante.

(Parmi les autres personnages notables, on peut citer Laurel Lance (Katie Cassidy), amour de jeunesse d’Oliver qui devient l’héroïne Black Canary avant de trouver une fin tragique en saison 4 ; Thea Queen (Willa Holland), la jeune sœur d’Oliver qui découvre sa force en devenant la vigilante Speedy ; ou encore Malcolm Merlyn (John Barrowman), père de Tommy et antagoniste majeur de la série. Chacun de ces personnages évolue au contact d’Oliver et contribue à l’exploration des thèmes de la famille, de la culpabilité et de la rédemption chers à Arrow.)

Diffusion, audiences et accueil critique
Arrow a été diffusée sur la CW pendant 8 saisons, de 2012 à 2020. Dès son pilote, la série réalise un démarrage record pour la chaîne : 4,14 millions de téléspectateurs étaient au rendez-vous lors de la première le 10 octobre 2012. Il s’agit alors de l’une des meilleures audiences historiques de la CW, rivalisant avec des lancements de séries comme The Vampire Diaries en 2009 (4,9 millions). La première saison maintient une moyenne solide d’environ 3,2 millions de fidèles par épisode aux États-Unis – un excellent score pour ce network au public ciblé. Au fil des ans, comme souvent avec les séries longues, l’audience linéaire va diminuer graduellement : autour de 2,6 millions de moyenne sur les saisons 2 et 3, puis 2,5 millions en saison 4. À partir de la saison 5 (2016–17), Arrow passe sous la barre des 2 millions (1,75 M en moyenne) et la baisse s’accentue sur les saisons 6 et 7. La saison 8, plus courte et programmée à l’hiver 2019–20, conclut la saga avec environ 0,84 million de fidèles en moyenne. Ce déclin progressif s’explique par la concurrence accrue, la fragmentation de l’audimat vers le streaming (les dernières saisons étaient disponibles sur Netflix US dès le lendemain de la diffusion TV), mais aussi par le fait que Arrow avait accompli sa mission en lançant de nombreuses séries dérivées qui retenaient à leur tour l’attention du public. Néanmoins, Arrow est restée jusqu’au bout l’un des programmes phares de la CW et un pilier de sa grille super-héroïque du mardi soir.
Du côté de la critique, Arrow a bénéficié d’un accueil globalement positif, surtout durant ses premières années. Sur le site agrégateur Rotten Tomatoes, la série affiche une moyenne de 86% d’avis favorables de la part des critiques professionnels (sur l’ensemble des 8 saisons). Plusieurs saisons ont été particulièrement encensées : la saison 2 par exemple culmine à 95% de critiques positives, grâce à une intrigue maîtrisée opposant Oliver à son ancien allié Slade Wilson/Deathstroke. Les saisons 1, 3, 4 et 5 oscillent entre 85% et 89% sur Rotten Tomatoes, témoignant d’une bonne constance de qualité selon la presse. Seule la saison 6 connaît un vrai passage à vide critique avec 64% (conséquence d’un arc narratif jugé moins inspiré autour de l’équipe divisée et du méchant Ricardo Diaz), mais la série rebondit en saison 7 (87%) et offre une dernière saison 8 à 95%, saluée comme une conclusion réussie. Du côté du public, l’enthousiasme est présent mais un peu plus modéré : le taux d’approbation moyen des spectateurs sur Rotten Tomatoes est d’environ 63%, signe que certaines évolutions (comme l’importance de la romance Olicity en saison 4 ou le ton plus magique de cette même saison) ont pu diviser la fanbase. Sur Metacritic, Arrow saison 1 obtient un score de 73/100 (avis généralement favorables) de la part des critiques télé. Les spectateurs de Metacritic la notent en moyenne 7,6/10, un chiffre corroboré par la note utilisateur sur IMDb qui tourne autour de 7,5/10 (sur plus de 450 000 votes cumulés). En France, le site Allociné recense également une bonne réception : la presse lui attribue une moyenne de près de 4/5 et les spectateurs autour de 4/5 également lors des premières saisons, avant une érosion similaire sur les saisons intermédiaires.
La série a par ailleurs décroché quelques récompenses et nominations notables. En 2013, Arrow était nommée aux People’s Choice Awards dans la catégorie Nouvelle série dramatique préférée du public. Stephen Amell a obtenu plusieurs nominations pour son rôle (Teen Choice Awards, Saturn Awards), et l’équipe technique a été saluée pour les scènes d’action (prix de coordination de cascades remporté aux Leo Awards au Canada). Si Arrow n’a pas remporté de prix majeur aux Emmy Awards, elle a tout de même laissé son empreinte en popularisant un style de série de super-héros plus sombre et sérialisé.

Héritage : l’Arrowverse et l’influence d’Arrow sur les séries super-héroïques
L’impact de Arrow dépasse de loin le cadre de sa propre histoire : la série a servi de tremplin à un univers télévisé étendu, officieusement surnommé l’« Arrowverse » en hommage à son pionnier. Fort de son succès initial, Arrow a donné naissance dès 2014 à son premier spin-off, The Flash, centré sur Barry Allen que la série mère avait introduit le temps de deux épisodes en saison 2. Le Flash de Grant Gustin, plus lumineux et fantastique, a su conquérir un public encore plus large tout en coexistant narrativement avec Arrow. Chaque année à partir de 2014, la CW a organisé des crossovers événementiels mêlant les personnages d’Arrow et de The Flash – une première à la télévision à cette échelle – faisant croître l’engouement des fans pour ce monde partagé. En 2016, une troisième série dérivée voit le jour : Legends of Tomorrow, une aventure chorale rassemblant des personnages secondaires d’Arrow et Flash (tels que Sara Lance, Ray Palmer/Atom ou Leonard Snart) pour des périples dans le temps. Arrow a également intégré à son univers la série Supergirl (lancée sur CBS en 2015 puis rapatriée sur CW), en l’incluant dans les crossovers multi-séries malgré le fait qu’elle se déroule initialement sur une autre Terre. De même, la CW a pu ressusciter le personnage de Constantine (issu d’une série NBC annulée) en l’incorporant dans Legends of Tomorrow. Au fil du temps, l’Arrowverse a compté jusqu’à six séries live-action simultanées (Arrow, Flash, Supergirl, Legends of Tomorrow, Black Lightning et Batwoman), ainsi que deux webséries animées (Vixen et Freedom Fighters: The Ray) – formant ainsi la plus vaste franchise télé de super-héros interconnectés, et le principal concurrent du MCU sur le petit écran.
Arrow a véritablement ouvert la voie à cette expansion. Son ton réaliste a posé les fondations, mais chaque nouvelle série a su prendre une identité propre : Arrow était le pendant télévisuel de Batman dans sa noirceur urbaine, tandis que The Flash a apporté une dimension plus légère et “comic-book” assumée, Supergirl a exploré des thèmes d’actualité comme la tolérance et l’immigration, Legends a misé sur l’humour et la fantaisie du voyage temporel, etc.. Cette diversité tonale, permise par le succès initial d’Arrow, a montré qu’il était possible de décliner l’univers DC à la TV sous des formes variées, sans lasser le public. Surtout, Arrow et ses consœurs ont prouvé qu’un univers partagé pouvait fonctionner en dehors du cinéma : des années avant que Marvel Studios ne lance ses séries connectées sur Disney+ ou que Netflix ne propose Daredevil et consorts, l’Arrowverse organisait déjà des crossovers annuels événementiels suivis par des millions de fans. L’apogée en a sans doute été le crossover “Crisis on Infinite Earths” fin 2019, qui a réuni pendant cinq épisodes les héros de toutes les séries (Oliver, Barry, Kara, les Legends, etc.) et même fait apparaître des caméos d’anciennes incarnations (comme Tom Welling reprenant Clark Kent de Smallville). Oliver Queen y joue un rôle central en se sacrifiant pour recréer l’univers, bouclant ainsi la boucle de son voyage héroïque.
L’héritage d’Arrow se mesure également à son influence sur la manière de produire des séries de super-héros. Le show a démontré qu’on pouvait allier sur le petit écran une narration feuilletonnante riche en cliffhangers, une galerie de personnages attachants, et une action digne de blockbusters (malgré un budget modeste). Il a inspiré d’autres networks ou plateformes à tenter l’aventure des justiciers en série, de Marvel qui a lancé ses propres shows sur Netflix dès 2015, jusqu’à des productions comme Titans, Doom Patrol ou Watchmen. Arrow a aussi contribué à une meilleure représentation de la diversité dans les séries super-héroïques : en étendant son univers, la CW a mis en avant des héros de différentes origines (par exemple Black Lightning avec une famille afro-américaine) et orientations (plusieurs personnages LGBTQ+ importants, comme Sara Lance ou Alex Danvers dans Supergirl, dont la visibilité a été saluée). En interne, Arrow a lancé la carrière de nombreux jeunes acteurs (Stephen Amell, Emily Bett Rickards, Colton Haynes…) et a servi de laboratoire à des réalisateurs et scénaristes qui poursuivent aujourd’hui leur parcours dans le genre.
Après 8 saisons, Arrow s’est conclue en janvier 2020 sur un dernier épisode émouvant où le legs d’Oliver Queen est célébré par ses proches et où la porte est laissée ouverte à la prochaine génération (sa fille Mia étant destinée à prendre le flambeau Green Arrow dans le futur). La fin d’Arrow a symboliquement marqué la fin d’une ère pour la CW, même si The Flash et d’autres séries de l’Arrowverse lui ont survécu quelques années de plus. Dix ans après ses débuts, on peut affirmer que Arrow a réussi son pari : remettre au goût du jour un héros moins connu du grand public et bâtir autour de lui tout un univers partagé. Son influence sur les séries de super-héros modernes est indéniable : ton plus mature et sérialisé, crossovers ambitieux, prises de risque narratives… Arrow a prouvé que le petit écran pouvait offrir aux justiciers masqués un terrain de jeu à la hauteur de leur légende. Comme l’écrivait un critique lors du final, la série Arrow figure désormais « parmi les meilleures adaptations de comics à la télévision», et son héritage se fera sentir pendant encore de longues années dans la pop culture. En tendant son arc une dernière fois, Oliver Queen a atteint sa cible : inscrire Arrow dans l’histoire des séries télévisées cultes des années 2010.

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