
Ok, accroche-toi, parce que parler d’Oldboy, c’est un peu comme ouvrir une boîte de chocolats… sauf qu’à l’intérieur, il y a des marteaux, des poulpes vivants et des traumatismes familiaux. 🍫🔨🐙
Imagine : tu te réveilles enfermé dans une pièce pendant 15 ans, sans savoir pourquoi, nourri comme un Tamagotchi humain, et le jour où tu sors enfin, tu décides de te venger avec la rage d’un mec à qui on aurait supprimé sa sauvegarde à 99 % sur Elden Ring. Voilà, c’est Oh Dae-su, le héros le plus patient et le plus énervé de toute la Corée du Sud.
Réalisé par Park Chan-wook, ce film est un cocktail ultra-violent de philosophie, vengeance et nouilles instantanées, où chaque plan est plus stylé qu’une pub de parfum filmée par Tarantino. Bref, Oldboy, c’est l’histoire d’un mec qui veut juste comprendre pourquoi on lui a pourri la vie… et toi, à la fin, tu veux juste comprendre pourquoi t’as besoin d’une douche froide et d’un psy. 😅
Oldboy (2003) – La vengeance est un plat qui se mange cru
Oldboy est un film sud-coréen culte réalisé par Park Chan-wook, sorti en 2003, qui mélange brillamment thriller vengeur, humour noir et scènes choc. Voici une analyse détaillée de ce chef-d’œuvre de la vengeance servie crue, où les coups de marteau pleuvent aussi fort que les twists narratifs. Accrochez-vous à vos poulpes vivants, c’est parti pour un tour d’horizon hilarant et informatif d’Oldboy !

1. Synopsis du film
Oh Dae-su (interprété par Choi Min-sik) est un homme ordinaire – enfin, ordinaire du genre à finir ivre mort au poste de police le jour de l’anniversaire de sa fille. En 1988, après une énième cuite, il est enlevé subitement en pleine rue sous la pluie (même pas le temps de cuver). Il se réveille enfermé dans une mystérieuse pièce ressemblant à une chambre d’hôtel, où il va passer 15 ans de captivité sans la moindre explication ni raison apparente. Sa seule fenêtre sur le monde ? Une télévision, grâce à laquelle il apprend deux nouvelles plutôt indigestes : sa femme a été assassinée et il est le principal suspect, ce qui est un alibi en béton pour rester enfermé longtemps. Pendant ces quinze années de solitude forcée, Dae-su frôle la folie, s’entraîne à frapper les murs à poings nus (les murs ne porteront pas plainte) et tente même de creuser un tunnel d’évasion à la petite cuillère façon Prison Break. Pas de bol, on le libère pile au bout de 15 ans, alors qu’il commençait presque à s’habituer à la déco.
Dae-su se retrouve soudain libre en 2003, avec un costard, un téléphone portable remis par un inconnu et une rage de vengeance proportionnelle à son temps d’enfermement. Dans un sushi bar, juste après sa sortie, il avale un poulpe vivant entier histoire de fêter ça (ou de tester les limites de Top Chef) – une scène devenue légendaire pour son côté « cuisine extrême ». La jeune chef sushi, Mi-do (Kang Hye-jung), intriguée et sans doute un peu compatissante envers ce type bizarre qui gobe du poulpe façon spaghettis, le recueille chez elle. Entre Dae-su et Mi-do naît une attirance étrange (il faut dire que sauver un homme en plein malaise post-poulpe, ça crée des liens). Ensemble, ils vont tenter de découvrir qui a orchestré l’emprisonnement de Dae-su et surtout pourquoi.
Le mystérieux tortionnaire ne tarde pas à se manifester. Il s’agit de Lee Woo-jin (Yoo Ji-tae), un homme riche au sourire aussi affûté qu’un couteau de boucher. Woo-jin révèle à Dae-su qu’il lui laisse cinq jours pour élucider le motif de sa captivité. S’il réussit, Woo-jin promet de se suicider (drôle de cadeau), mais s’il échoue, il tuera Mi-do – histoire de bien motiver notre héros. Dae-su, armé de sa détermination, de quelques indices glanés à la télé et du goût inoubliable des raviolis chinois qu’on lui servait en prison, remonte la piste. À force de visiter tous les restaurants chinois de la ville, il reconnaît enfin ces foutus raviolis (on imagine qu’après 15 ans au menu, son palais est expert) et retrouve ainsi la prison privée où il avait été détenu. Dans un accès de colère très compréhensible, il se défoule sur le geôlier à coups de marteau, lui arrache quelques dents (la Fée des dents a eu du boulot ce jour-là) et apprend au passage que la raison inscrite sur son « contrat » d’emprisonnement était : « il parlait trop ». Manifestement, une simple tape sur les doigts ne suffisait pas…

Alors que le délai de cinq jours touche à sa fin, Dae-su finit par assembler les pièces du puzzle et retrouve la mémoire : dans sa jeunesse, il a surpris Lee Woo-jin en train d’avoir une liaison incestueuse avec sa propre sœur, Soo-ah, et en colportant innocemment ce qu’il avait vu, Dae-su a involontairement déclenché un scandale. La rumeur a conduit Soo-ah au suicide – et c’est pour se venger de ce ragot fatal que Woo-jin a orchestré toute cette machination démoniaque. Le passé vient de lui revenir en pleine figure, tel un coup de marteau émotionnel.
Le face-à-face final entre Dae-su et Woo-jin a lieu dans un penthouse chic (on a les duels qu’on mérite). Et là, révélation choc : Woo-jin dévoile à Dae-su que la jeune Mi-do, avec qui Dae-su vient de vivre une romance, n’est autre que sa propre fille, dont il n’avait plus aucune nouvelle depuis 1988. 🥶 Oui, vous avez bien lu. Le grand méchant avait tout prévu : il a fait hypnotiser Dae-su et Mi-do séparément pour qu’ils tombent amoureux l’un de l’autre, réalisant ainsi une vengeance tordue façon tragédie grecque version hardcore. En gros, Woo-jin a offert à Dae-su un Oedipe sans le savoir, histoire qu’il souffre autant que lui a souffert de la mort de sa sœur. Devant cette révélation, Dae-su, dévasté, implore Woo-jin de ne pas divulguer le secret à Mi-do – il va même jusqu’à se couper la langue avec une paire de ciseaux pour symboliquement « payer » sa faute d’avoir trop parlé par le passé. (On a vu des excuses sincères, mais là on atteint un niveau Olympique de regret !)
Satisfait de sa vengeance terriblement aboutie, Woo-jin laisse Mi-do en vie et se suicide d’une balle dans la tête, sa mission accomplie. Dae-su, lui, ne peut vivre avec un tel poids. Il recourt à la même hypnotiseuse complice de Woo-jin pour se faire effacer la mémoire concernant la véritable identité de Mi-do. Dans la scène finale enneigée (tournée en Nouvelle-Zélande, fun fact), Mi-do retrouve Dae-su et lui déclare son amour, ignorant tout de leur lien familial. Ils s’étreignent ; Dae-su affiche un sourire… qui se mue en une grimace ambigüe. A-t-il vraiment oublié le terrible secret ou devra-t-il vivre avec ? Fin ouverte. Voilà un synopsis qu’on ne risque pas d’oublier, un peu comme ce goût de poulpe vivant – ça reste en bouche (et en mémoire) longtemps.

2. Distribution principale (Acteurs et rôles)
Le film doit beaucoup à son casting talentueux qui donne vie – et quel vie ! – à ces personnages hors norme. Voici les principaux acteurs et leurs rôles :
- Choi Min-sik : Oh Dae-su, le protagoniste infortuné. Père de famille banal au départ (si l’on oublie son penchant pour la bouteille), il se transforme en bête enragée de vengeance après 15 ans de prison clandestine. Choi livre une performance habitée – littéralement, il passe de jovial à juste un peu déséquilibré avec une intensité remarquable. Fun fact : l’acteur a même pris et perdu du poids selon les besoins du tournage et exécuté lui-même la plupart de ses cascades (y compris tabasser un mur en béton, ça forge le caractère). On peut dire qu’il a mordu à pleines dents dans le rôle… y compris dans un mollusque vivant.
- Yoo Ji-tae : Lee Woo-jin, l’antagoniste élégant au cœur sombre. Milliardaire sophistiqué à l’extérieur, c’est en réalité un véritable mastermind de la rancune. Il orchestre la vengeance la plus tordue de l’histoire du cinéma avec un flegme glaçant. Yoo Ji-tae, de 14 ans plus jeune que Choi Min-sik, était au départ jugé trop jeune par Park Chan-wook pour incarner ce personnage (le réalisateur envisageait un acteur plus âgé). Mais Choi Min-sik lui-même a suggéré Yoo Ji-tae, et le résultat donne un méchant terrifiant justement par son apparence juvénile et son calme poli – comme quoi, la vengeance n’attend pas le nombre des années.
- Kang Hye-jung : Mi-do, la jeune femme qui tombe amoureuse de Dae-su sans savoir qu’elle est… (surprise !) sa fille. Elle incarne une cuisinière de sushi douce et pleine de bonne volonté, propulsée bien malgré elle dans un tourbillon d’événements sanglants et de secrets déments. Kang Hye-jung apporte une innocence et une fraîcheur au film, qui contraste avec la violence ambiante – ce qui rend le twist final encore plus cruel pour son personnage. Disons que niveau dating surprise, Mi-do gagne le gros lot (ou le maudit lot).
- Ji Dae-han : No Joo-hwan, le meilleur ami de Dae-su (aussi appelé « l’ami qui sert de plot device »). C’est lui qui, au début, vient chercher Dae-su au poste de police et… qui se fait malheureusement tuer par Woo-jin quand il commence à trop parler du passé. Ce bon Joo-hwan illustre l’adage “méfiez-vous des vieux copains, ça peut finir mal”. Un ami qui vous veut du bien – enfin, jusqu’à ce que le méchant le retrouve.
- Oh Dal-su : Mr. Park Cheol-woong, le geôlier privé à la solde de Woo-jin. Gérant d’une prison clandestine (concept business innovant), c’est lui qui garde Dae-su enfermé pendant des années – du moins jusqu’à ce qu’il fasse connaissance de manière intime avec le marteau de Dae-su et perde quelques dents dans l’opération. Oh Dal-su rend ce personnage répugnant assez mémorable, bien qu’il passe un sale quart d’heure dentaire.
(Et mention spéciale à Yoon Jin-seo dans le rôle de Lee Soo-ah, la sœur tragique de Woo-jin, dont la brève romance incestueuse et le suicide déclenchent toute l’histoire. Elle n’apparaît qu’en flashback mais son ombre plane sur tout le film.)

3. Contexte de création du film
L’idée d’Oldboy ne sort pas de nulle part (même si l’exécution, elle, est singulièrement originale). Le film est en fait adapté d’un manga japonais intitulé Old Boy, écrit par Garon Tsuchiya et dessiné par Nobuaki Minegishi, publié à la fin des années 90. Park Chan-wook et ses co-scénaristes ont conservé le point de départ du manga – un homme emprisonné sans explication qui cherche à se venger – tout en amplifiant considérablement la dimension tragique et extrême de l’histoire dans le film. Fun fact : le producteur syd-coréen Kim Dong-joo a pu acquérir les droits d’adaptation du manga pour une somme dérisoire (environ 11 000 €). Autant dire qu’il a fait l’affaire du siècle vu le succès et l’impact mondial qu’aura le film par la suite !
Oldboy s’inscrit dans ce qu’on a appelé la Trilogie de la Vengeance de Park Chan-wook. C’est le deuxième volet d’un triptyque débuté avec Sympathy for Mr. Vengeance (2002) et achevé avec Lady Vengeance (2005). Fait amusant, cette trilogie n’était pas vraiment planifiée dès le départ : Park ne s’est pas dit « tiens, je vais faire trois films sur comment se défouler avec style ». C’est le succès de Joint Security Area en 2000 (un thriller politique de Park) qui lui a donné la liberté de réaliser Sympathy for Mr. Vengeance, puis enchaîner sur Oldboy. Chacun des trois films traite, avec son ton propre, de l’absurdité et de la futilité de la vengeance qui finit par détruire tout le monde – un thème cher à Park Chan-wook. Bien sûr, Oldboy pousse le bouchon un peu plus loin (ou plutôt le marteau plus profond) que les autres, avec son scénario baroque et ses excès assumés.
Le film est aussi né dans le contexte du nouvel âge d’or du cinéma sud-coréen du début des années 2000. À l’époque, des réalisateurs comme Park Chan-wook, Bong Joon-ho ou Kim Jee-woon commencent à exploser sur la scène internationale en bousculant les genres. Oldboy a bénéficié de cette effervescence créative et a, en retour, solidifié la réputation de la Corée du Sud comme pépinière de cinéma audacieux. Park Chan-wook, ancien critique de cinéma, a déclaré qu’il voulait avec Oldboy créer « une expérience inoubliable » et tester la résistance du public. Mission accomplie : rares sont ceux qui ressortent reposés de la projection – ébouriffés, sonnés ou enthousiasmés, oui, mais pas reposés !
En somme, la création d’Oldboy est le fruit d’un cocktail : un manga japonais méconnu, un réalisateur visionnaire aimant provoquer, et une industrie du film coréenne en pleine montée en puissance prête à soutenir des projets fous. Ajoutez-y une bonne dose de créativité sadique et de prises de risque, et vous obtenez ce film unique en son genre.

4. Développement et tournage
Le tournage d’Oldboy s’est déroulé dans un esprit aussi intense que le film lui-même, avec son lot d’anecdotes savoureuses (ou parfois tentaculaires). Park Chan-wook est réputé pour son perfectionnisme et son goût du défi technique, ce qui transparaît dans plusieurs scènes cultes du film.
D’abord, il faut parler de la fameuse scène du couloir. Ce combat où Dae-su, armé d’un simple marteau et d’une détermination à toute épreuve, affronte à lui tout seul une armée d’hommes de main dans un couloir étroit est devenu emblématique. Park a choisi de la filmer en un seul plan-séquence latéral, sans aucune coupe visible, pour accentuer le réalisme et l’immersion. Réaliser ce plan en une seule prise a été un véritable tour de force : l’équipe a dû s’y reprendre de nombreuses fois. Il a fallu près de 3 jours de tournage et une quinzaine de prises pour parvenir à un résultat satisfaisant (chaque fois il y avait un petit quelque chose qui clochait – pas facile de coordonner un ballet de marteau et de casse-têtes humains parfaitement). Cette imperfection assumée rend d’ailleurs la scène plus “réelle” et viscérale : on ressent l’épuisement de Dae-su, les coups qui partent dans le vide, les vacillements. Les acteurs et cascadeurs, épuisés et parfois blessés, méritent une médaille (en chocolat, ou en compresse d’arnica). Une fois montée, la scène du couloir dure plus de 2 minutes d’une violence inouïe, et elle a marqué l’histoire du cinéma d’action pour son originalité et son intensité – on y reviendra dans la partie influence.
Autre défi de tournage, plus gluant celui-là : la scène du poulpe vivant. Park Chan-wook tenait à ce que Dae-su mange réellement un poulpe vivant devant la caméra, pour le réalisme (et sans doute pour filer la métaphore du héros qui veut “absorber la vie” après 15 ans d’enfermement). L’acteur Choi Min-sik s’est plié à l’exercice, bien que cela pose plusieurs problèmes : d’abord, c’est peu ragoûtant ; ensuite, Choi Min-sik est végétarien et bouddhiste convaincu, donc avaler un animal vivant allait clairement contre ses convictions. Qu’à cela ne tienne, par professionnalisme (et probablement parce que Park Chan-wook sait être convaincant), l’acteur l’a fait – à quatre reprises même, puisqu’il a fallu quatre prises pour boucler la scène. Entre chaque prise, Choi s’excusait auprès de la pauvre bête et disait une petite prière pour son âme de poulpe. Oui, tourner Oldboy, c’est une expérience spirituelle… pour tout le monde. Les poulpes utilisés (appelés san-nakji en Corée) se tortillaient tellement que leurs tentacules s’agrippaient au visage de l’acteur – on peut imaginer la difficulté du tournage, partagé entre le dégoût, le fou rire nerveux et la solennité du moment. Cette scène a suscité une petite polémique hors de Corée (les défenseurs des animaux n’étaient pas très fans, étonnamment), mais Park Chan-wook a précisé que manger du poulpe vivant est une pratique connue en Corée (même si normalement on le découpe en morceaux, on le mange pas en entier façon wrap). Lors de la projection du film à Cannes, le réalisateur a même remercié les poulpes dans son discours – si, si – aux côtés de son équipe technique, histoire de rendre hommage à ces “acteurs” involontaires. On espère qu’ils auront droit à une place au générique (ou au moins une pensée émue des spectateurs végétariens crispés sur leur siège).

Le reste du tournage d’Oldboy a été à l’avenant, entre moments de tension et créativité débridée. Le planning initial de 48 jours a largement débordé pour atteindre 72 jours, explosant un peu le budget (3 millions de dollars, modeste en apparence). Park Chan-wook et son producteur Syd Lim se sont souvent accrochés sur les dépenses – l’un voulant toujours plus de moyens pour peaufiner son film, l’autre essayant de garder un œil sur le portefeuille – mais toujours dans un esprit constructif selon eux. On imagine les discussions : “Park, pas question d’acheter un cinquième poulpe, on fait avec le quatrième !”.
Quelques autres anecdotes notables de la production : la dernière scène dans la neige a nécessité de délocaliser l’équipe en Nouvelle-Zélande pour trouver des paysages hivernaux parfaits, ce qui tranche avec le décor urbain du reste du film. Le scénario initial prévoyait aussi une scène de nudité frontale masculine pour le personnage de Woo-jin, que l’acteur Yoo Ji-tae a finalement refusée après l’avoir tournée, obligeant Park à revoir son montage. Mais honnêtement, avec tout ce qui se passe d’autre dans ce film, personne n’a regretté une scène de nu en moins – on était assez occupés à assimiler le combo incest/hypnose/revanche.
En résumé, le développement d’Oldboy a été à l’image du film : intense, audacieux, un brin fou. Park Chan-wook a su tirer le meilleur de son équipe et de ses acteurs à travers des épreuves parfois éprouvantes (demandez aux dents de Mr. Park ou aux papilles de Choi Min-sik). Le résultat à l’écran témoigne de cette sueur et de ce sang versés (littéralement) : chaque plan respire la passion du détail et l’envie de marquer les esprits.

5. Park Chan-wook en bref
Quelques mots sur l’homme derrière la caméra, Park Chan-wook, car impossible de dissocier Oldboy de son créateur génial (et un peu tordu, avouons-le). Park Chan-wook est un réalisateur et scénariste sud-coréen né en 1963, d’abord critique de cinéma de formation. Il est aujourd’hui largement considéré comme l’un des chefs de file du cinéma coréen et du cinéma mondial du 21ème siècle, aux côtés d’autres grands noms comme Bong Joon-ho ou Kim Ki-duk. Son style est reconnaissable entre mille : Park excelle à mêler les thrillers haletants avec des touches d’humour noir, une esthétique très travaillée et des accès de violence brutale qui peuvent faire détourner les yeux aux âmes sensibles. Il aime naviguer entre les genres, bousculer les attentes du public et souvent… tester les limites de leur tolérance (qui d’autre aurait l’idée d’une romance père-fille sous hypnose comme élément scénaristique central, franchement ?).
La carrière de Park décolle avec Joint Security Area (JSA) en 2000, un suspense se déroulant à la frontière entre les deux Corées, qui fut un énorme succès en Corée du Sud. Fort de cette renommée soudaine, Park a pu laisser libre cours à son imagination pour réaliser sa trilogie de la vengeance. Sympathy for Mr. Vengeance (2002) jette les bases, mais c’est Oldboy (2003) qui le propulse sur la scène internationale avec fracas. Le film a littéralement sidéré le public et les critiques du monde entier, au point d’être aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands films jamais réalisés (plusieurs classements prestigieux l’incluent parmi les meilleurs de tous les temps). Grâce à Oldboy, le nom de Park Chan-wook devient familier des cinéphiles aux quatre coins du globe.
Park a remporté pour Oldboy le Grand Prix du Jury au Festival de Cannes 2004 (le deuxième prix le plus important du festival). Fun fact savoureux : Quentin Tarantino, qui présidait le jury cette année-là, était tellement fan du film qu’il a tout fait pour qu’il décroche la Palme d’or – il a plaidé ardemment en faveur d’Oldboy. Finalement, la Palme est allée à un documentaire (le monde n’était peut-être pas prêt à couronner un type qui mange du poulpe vivant), mais Tarantino a réussi à lui faire obtenir le Grand Prix, preuve de son admiration. Tarantino dira plus tard qu’il considère Oldboy comme une référence et l’un de ses films préférés, et qu’il classe même un autre film de Park (JSA) parmi les 20 meilleurs depuis 1992. Quand M. Pulp Fiction vous fait une ovation, c’est que vous avez touché quelque chose d’unique – ou qu’il a un faible pour les marteaux, au choix.
Après Oldboy, Park Chan-wook a continué une carrière brillante : Lady Vengeance en 2005 achève sa trilogie avec style, Thirst (2009) revisite le mythe du vampire de façon barrée (Prix du Jury à Cannes), Stoker (2013) le fait tourner à Hollywood, The Handmaiden (2016) reçoit le BAFTA du meilleur film étranger, et plus récemment Decision to Leave (2022) lui vaut le prix de la mise en scène à Cannes. Malgré le succès, Park est resté fidèle à son goût pour l’expérimentation visuelle et narrative. Il a aussi produit ou soutenu d’autres projets (comme le film Snowpiercer de Bong Joon-ho en 2013).
En personne, Park Chan-wook est connu pour être affable, discret, presque timide – contraste saisissant avec l’extrémisme de ses films. On pourrait dire de lui qu’il a l’esprit malicieux caché derrière un flegme de professeur de philo. Il a d’ailleurs souvent mentionné l’importance de l’humour dans ses œuvres, y compris Oldboy, affirmant que sans humour pour relâcher la pression, le public ne pourrait encaisser de telles histoires. Dans Oldboy, cet humour est très noir et subtil (par exemple les situations absurdes, les allusions ironiques), mais il est bel et bien là – preuve que Park a toujours un petit sourire en coin, même en faisant découper des langues ou déguster des céphalopodes.

6. Analyse du scénario et de l’histoire
Le scénario d’Oldboy est souvent comparé à une tragédie grecque mâtinée de film noir ultra-violent. Effectivement, si on devait pitcher l’histoire de façon sérieuse, ça donnerait un mélange de « Comte de Monte-Cristo » (pour la vengeance après un emprisonnement injuste) et d’« Œdipe Roi » (pour l’inceste involontaire et la punition autoinfligée)… sauf qu’ici tout est poussé à un degré de folie dramatique rarement atteint au cinéma. Bien sûr, dit comme ça, ça a l’air très sombre – et Oldboy l’est profondément. Mais notre mission est d’en faire aussi une lecture humoristique, alors allons-y franchement : l’histoire d’Oldboy est un immense WTF narratif (pardonnez l’anglais, mais c’est le terme) où chaque révélation est plus capillotractée que la précédente, tout en restant cohérente dans l’univers du film.
Le scénario est construit comme un puzzle machiavélique. On démarre presque dans un registre comique absurde (Dae-su saoul au commissariat est présenté de manière burlesque), puis très vite on bascule dans le mystère, le suspense, puis le film noir brutal, et enfin le mélodrame psychologique tordu. L’ironie du récit est mordante : Dae-su, qui cherche désespérément qui l’a enfermé et pourquoi, ne réalise pas qu’il est en fait l’artisan involontaire de son propre malheur. Le thème central est la vengeance et ses conséquences dévastatrices, mais Park Chan-wook s’amuse à le traiter de façon non conventionnelle. Ici, le vengeur (Woo-jin) punit sa victime (Dae-su) en lui faisant commettre sans le savoir le pire acte qu’il puisse imaginer. C’est l’inverse du schéma classique où la vengeance viserait simplement à tuer ou blesser physiquement – ici la vengeance est psychologique et morales, bien plus cruelle. On a presque envie de dire que Woo-jin est un artiste de la vengeance raffinée, transformant sa rancune en expérience théâtrale sadique. D’un point de vue humoristique, on peut voir en Woo-jin une sorte de metteur en scène maniaque : il monte une pièce dont Dae-su est le héros tragique, avec 15 ans de répétitions en coulisses, un scénario diabolique et un twist final qui ferait pâlir M. Night Shyamalan.
Le scénario est truffé de symboles et de motifs qui reviennent : la boîte dans laquelle Dae-su est enfermé et celle (métaphorique) de Pandore qu’on ouvre avec le secret, la fourmi imaginaire symbolisant la solitude extrême, le marteau (outil trivial devenu arme de justice personnelle), etc. On peut trouver des lectures philosophiques sérieuses sur les thèmes du film – la question de savoir si la vengeance apporte la délivrance ou seulement un nouveau cycle de souffrance (spoiler : plutôt la deuxième option, hein). D’ailleurs Park Chan-wook l’a dit, sa trilogie montre l’inutilité de la vengeance : dans Oldboy, à la fin, tout le monde est perdant – Woo-jin n’a pas ressuscité sa sœur et se suicide sur son “succès”, Dae-su vit soit dans le mensonge artificiel, soit avec une folie incurable, et Mi-do… bon Mi-do croit avoir rencontré l’amour de sa vie, mais on n’ose imaginer le drame si elle apprenait la vérité un jour. Bref, la vengeance n’a engendré que du désastre, ta-dam message. Mais comme on l’a dit, Park ne va pas nous livrer ça de manière pontifiante ; au contraire, Oldboy se plaît à brouiller la morale. Pendant une bonne partie du film, on comprend et on soutient la quête vengeresse de Dae-su – après tout, il a été emprisonné à tort, il a souffert le martyre, on veut qu’il trouve le méchant ! Puis on découvre que Dae-su avait lui-même fauté par le passé en “parlant trop”, et causé indirectement un suicide ; donc la victime n’est pas innocente. Puis on découvre l’horreur de la vengeance de Woo-jin qui dépasse toutes les limites, et on bascule en sympathie totale pour Dae-su à nouveau, malgré ses erreurs passées. Ce jeu sur nos émotions est habile et un brin sadique de la part des scénaristes : ils nous manipulent presque autant que Woo-jin manipule Dae-su.

En termes de tonalité, Oldboy réussit un grand écart tonal assez unique. C’est à la fois un thriller ultra-violent, un mystère psychologique, une romance tordue et une tragédie morale. On rit parfois – d’un rire un peu jaune – devant certaines situations décalées ou répliques pince-sans-rire. Par exemple, la manière dont Dae-su retrouve sa liberté en se retrouvant dans une valise sur un toit d’immeuble, ou la scène où il se bat contre une horde de voyous en brandissant un marteau et en grognant, blessé mais indestructible, a un côté volontairement over the top qui confine au cartoon macabre. De même, l’ironie dramatique est omniprésente : Dae-su et Mi-do tombent amoureux et couchent ensemble, ce qui devrait être une lueur d’espoir romantique dans ce monde de brutes… mais le spectateur est mal à l’aise parce qu’on pressent que ça va très mal finir (rarement le spectateur aura autant voulu crier “Noooon, ne faites pas ça !” à l’écran). Cette ironie trouve son apothéose dans la scène de révélation, où l’album photo apparaît et où Woo-jin appuie sur la télécommande pour faire défiler les images de Mi-do enfant – c’est gros, c’est théâtral, et c’est terriblement efficace dramatiquement (même si on pourrait chipoter en disant que c’est tiré par les cheveux que Dae-su n’ait pas reconnu sa propre fille… mais il faut accepter l’hypnose comme joker scénaristique).
Humoristiquement parlant, on peut s’amuser du côté excessif et tragico-kitsch de certaines ficelles du scénario. Par exemple, la technique de l’hypnose est un peu le deus ex machina de l’histoire – Park Chan-wook en joue en l’intégrant à fond (il y a une vraie scène d’hypnose au début et des explications), ce qui nous évite de crier à la facilité. Mais il faut reconnaître que contrôler deux personnes par hypnose sur 15 ans pour qu’elles tombent amoureuses, c’est un plan digne d’un méchant de James Bond sous acide. On peut presque imaginer Woo-jin prendre des notes sur un carnet : “Étape 45 : engager une hypnotiseuse professionnelle – budget hypnose : x wons.” Dans un registre comique noir, Oldboy fait penser à ces blagues où l’un dit “je vais me venger, tu vas voir !” et l’autre répond “vas-y, surprends-moi”… Ici Woo-jin a dû prendre la phrase très au sérieux. Sa vengeance est d’une inventivité diabolique, quasiment de l’art conceptuel. On pourrait la surnommer “Vengeance Level: Galaxy Brain” tellement c’est sophistiqué.
En fin de compte, le scénario d’Oldboy fascine parce qu’il ose tout. Il ose les extrêmes narratifs, il ose choquer, il ose faire rire jaune, il ose émouvoir aussi dans les moments de détresse absolue de Dae-su. C’est un conte moral déguisé en film d’action ultra-violent, ou peut-être l’inverse. On en ressort avec des questions plein la tête (Park aime laisser des zones d’ombre, comme l’épilogue ambigu où on ne sait pas si l’hypnose de Dae-su a pleinement “effacé” son souvenir ou non). Et on en ressort aussi un peu coupable d’avoir adoré se faire malmener de la sorte. En cela, le scénario réussit un exploit : impliquer le spectateur dans cette danse macabre et tordue, presque le rendre complice du destin tragique de Dae-su. C’est du grand art… servi bien cru.

7. Analyse des personnages clés
Les personnages d’Oldboy sont aussi hauts en couleur (sombre) que l’histoire, chacun contribuant à la dimension quasi-mythologique du film. Petite analyse – mi-sérieuse, mi-taquine – des principaux protagonistes :
- Oh Dae-su : Héros ou anti-héros ? Un peu les deux mon capitaine. Dae-su commence l’histoire en père de famille banal (quoique légèrement ivrogne sur les bords), puis il se mue en bête sauvage de vengeance. Ce qui est fascinant avec Dae-su, c’est son évolution physique et mentale : 15 ans de captivité le réduisent d’abord à l’état d’animal en cage qui pète les plombs (il parle tout seul, tente de se suicider, se tatoue le temps qui passe sur le corps). Puis il renaît en guerrier de fortune, s’entraînant au combat en frappant son mur, se durcissant à la manière d’un forgeron qui trempe son acier. Quand il sort, il a perdu toute inhibition sociale, il est prêt à mordre dans un poulpe vivant et à affronter n’importe quel malabar sans sourciller. Pourtant, Dae-su garde en lui une fragilité : c’est un personnage brisé, plein de traumatismes et de regrets, surtout vers la fin quand la vérité éclate. Choi Min-sik réussit à nous faire ressentir de l’empathie même quand Dae-su fait des choses moralement discutables (ah, la scène où il torture le geôlier en lui enlevant les dents… étrangement on applaudirait presque, tant on partage la rage du personnage). Dae-su symbolise la victime devenue bourreau malgré elle. Sur un ton plus léger, on peut aussi voir Dae-su comme le MacGyver du malaise : capable de se débrouiller avec un rien (une brique, un marteau, des baguettes) pour semer le chaos et trouver des indices. Il a un humour très sec, un sourire carnassier quand il combat, ce qui le rend aussi un peu effrayant. Et que dire de son dévouement final ? Se couper la langue pour protéger sa fille – c’est horrible, mais terriblement fort. Dae-su est le cœur tragique du film, un Œdipe moderne : il a péché par orgueil (ou plutôt par indiscrétion), il est puni atrocement, et il s’inflige lui-même une mutilation en signe de repentir. Niveau personnalité, on a vu plus joyeux… mais on sent par instants la bienveillance qu’il avait autrefois (son affection sincère pour Mi-do, sans savoir, est touchante et glauque à la fois). En bref, Oh Dae-su est un personnage inoubliable, tantôt touchant comme un chiot perdu, tantôt dangereux comme un pitbull enragé, toujours sur le fil du rasoir. Mention spéciale à son prénom, qui en coréen peut sonner comme “Daisu” – ça ressemble à “dessus” en français, et effectivement il va en voir de toutes les dessus et des pas mûres…
- Lee Woo-jin : Si Dae-su est l’Œdipe du film, Woo-jin en est le Dieu vengeur (ou le démiurge maléfique, c’est selon). Ce personnage est fascinant dans sa complexité. D’apparence, Woo-jin est l’archétype du riche businessman beau gosse, calme, poli, toujours bien sapé. On le croirait sorti d’une pub pour des montres de luxe. Mais derrière ce vernis glacé se cache une douleur infinie et une haine absolue. Woo-jin a vu sa sœur (et amante, oups) se suicider sous ses yeux dans un traumatisme absolu à cause d’une rumeur, et il a consacré chaque instant depuis à élaborer la revanche parfaite. Ce qui frappe, c’est son sang-froid : pendant que Dae-su s’agite dans tous les sens, Woo-jin reste posé, distillant des indices, manipulant tel un joueur d’échecs. On peut presque le trouver sympathique par moments grâce au charisme de Yoo Ji-tae… jusqu’à ce qu’on réalise l’étendue de sa perversité. Son plan est tellement surhumain qu’il force une sorte d’admiration horrifiée. D’un point de vue analytique, Woo-jin représente le pouvoir corrupteur du ressentiment : il a tout (argent, intelligence, moyens) mais il est consumé par le passé. Son appartement high-tech où il surveille Dae-su via caméra évoque un Zeus de l’Olympe regardant sa proie du haut des cieux. D’ailleurs, son plaisir pris à révéler la vérité dans un grand moment théâtral (“tu ne devineras jamais le vrai lien entre toi et Mi-do… Surprise!”) montre son côté metteur en scène. Sur le plan psychologique, Woo-jin est malade de chagrin et de culpabilité refoulée (il aimait sa sœur d’un amour interdit et se punit par procuration en punissant Dae-su). Mais bon, on ne va pas trop pleurer sur son sort non plus : le gars a quand même inventé l’Escape Game le plus tordu du monde en piégeant Dae-su. On pourrait dire humouristiquement que Woo-jin a raté sa vocation : il aurait fait un excellent scénariste de telenovela avec des rebondissements pareils ! Sauf que lui, il les a mis en pratique dans la vie réelle, ce qui est nettement moins drôle pour les concernés. Dans la galerie des méchants du cinéma, Lee Woo-jin est en tout cas l’un des plus marquants : élégant, intelligent, absolument implacable. Sa fin – il se suicide une fois sa vengeance accomplie – est la conclusion logique de son personnage : une fois vidé de sa haine, il ne reste plus rien en lui, sinon le vide et le chagrin. C’est un méchant tragique en fin de compte. Dans une version parodique, on pourrait l’imaginer soupirer “Tout ça pour ça…” juste avant de presser la détente.
- Mi-do : Ah, Mi-do… la pauvre. S’il y en a une qui n’a rien demandé à personne, c’est bien elle. Mi-do est sans doute le seul personnage totalement innocent de cette histoire, et c’est bien pour ça qu’elle est instrumentalisée comme l’agneau sacrificiel. Elle représente l’innocence et l’espoir dans l’obscurité ambiante : une jeune femme un peu paumée mais généreuse (faut le faire de recueillir chez soi un inconnu chelou qui vient de s’évanouir en mangeant un poulpe !), qui tombe amoureuse de Dae-su sincèrement. Mi-do est courageuse aussi, elle supporte la violence qui entoure Dae-su, elle veut l’aider dans sa quête. Hélas, elle est en même temps l’objet ultime de la vengeance de Woo-jin. Sa candeur amoureuse est pervertie par le plan diabolique. C’est là où le bât blesse pour le spectateur : on a de la peine pour Dae-su, mais on a encore plus de peine pour Mi-do quand on réalise ce qui lui arrive. Elle n’apprendra pas la vérité dans le film (heureusement pour notre cœur déjà bien malmené). Kang Hye-jung joue Mi-do comme une personne un peu introvertie, fragile, mais qui s’ouvre au contact de Dae-su. Il y a des scènes attendrissantes, presque mignonnes entre eux (quand elle lui lit son journal intime où il raconte ses années de prison, ou quand elle lui chante une chanson pour l’endormir). Ça tranche radicalement avec la noirceur du reste, et ça donne un faux espoir d’un happy end. Narrativement, Mi-do sert de leurre de bonheur pour mieux nous poignarder le cœur ensuite. Du point de vue symbolique, Mi-do pourrait être vue comme une sorte de réincarnation de Soo-ah (la sœur de Woo-jin) aux yeux de celui-ci – c’est en tout cas ce qu’il fait en créant ce couple incestueux à leur insu, comme pour rejouer son propre drame. En termes humoristiques, on pourrait dire que Mi-do a remporté la pire loterie génétique de l’histoire sans le savoir. Son nom signifie “purée de pois” en coréen (non, on plaisante 😁)… En vérité, “Mi-do” est un prénom poétique en coréen qui peut évoquer la beauté ou la jeunesse. Ironiquement, elle incarne la beauté du film, entourée de toute la laideur de la vengeance. On espère qu’après le film, dans sa fausse ignorance, elle aura une vie plus paisible. Parce que si un jour la vérité éclate, on n’ose imaginer la thérapie…

- Personnages secondaires : Oldboy regorge de petits rôles marquants. Par exemple, Mr. Park, le geôlier, qui prouve que même un second couteau peut laisser quelques dents dans l’histoire (littéralement). Il sert aussi d’élément comique dans la mesure où sa torture à la pince par Dae-su est d’une violence si excessive qu’elle confine au grotesque (rarement arracher des dents n’a été mis en scène de façon à la fois terrifiante et étrangement “cool” visuellement). Joo-hwan, l’ami de Dae-su, apparaît comme le sidekick de départ mais se fait éliminer dès qu’il fournit un indice clé – il remplit sa fonction narrative et puis s’en va, non sans nous rappeler que dans cet univers, toute personne un peu bavarde finit mal. Enfin, Soo-ah, la sœur de Woo-jin, n’apparaît qu’en flash-back, mais son spectre hante tout le film : elle est la motivation fantôme de Woo-jin et l’ironie du sort veut que son sort tragique soit dû à des commérages d’adolescents. Moralité : les murs ont des oreilles et les lycéens aussi.
Chaque personnage, même secondaire, est campé avec un certain relief, souvent aidé par des détails visuels (le sourire carnassier de Dae-su, le tic nerveux de Mr. Park après la perte de ses dents, la coiffure angélique de Soo-ah dans le souvenir, etc.). Park Chan-wook excelle à typifier ses personnages sans les rendre unidimensionnels. On notera d’ailleurs que presque tous les personnages importants sont liés par le passé scolaire : Dae-su, Woo-jin, Joo-hwan et Soo-ah allaient au même lycée, ce qui en dit long sur l’idée que les erreurs de jeunesse peuvent poursuivre quelqu’un toute sa vie. C’est littéralement un drame de lycée qui dégénère en tragédie épique des années plus tard. On est loin des Secrets Story, là c’est Secrets deadly.
En somme, les personnages d’Oldboy offrent un tableau saisissant de personnalités détruites par la vengeance, la culpabilité ou la cruauté du destin. Ils sont extrêmes mais crédibles dans l’univers stylisé du film. Et ils restent dans les mémoires : qui peut oublier la silhouette de Dae-su brandissant un marteau, ou le regard froid de Woo-jin dans l’ascenseur après le suicide de sa sœur ? On aura beau faire des blagues sur eux (et on ne s’est pas privés 😜), on ne peut qu’être impressionné par leur épaisseur tragique et la performance des acteurs.

8. Influence du film sur le cinéma et la culture populaire
En 2004, Oldboy a fait l’effet d’une bombe dans le paysage cinématographique international. Il fut le premier film coréen à obtenir une telle reconnaissance mondiale, ouvrant grand la porte pour la vague de cinéma coréen qui a suivi. Avant Oldboy, les cinéphiles avertis connaissaient déjà quelques perles coréennes, mais c’est vraiment ce film qui a mis tout le monde d’accord (et KO technique). Son succès à Cannes, puis dans divers festivals, a attiré l’attention sur la créativité et l’audace du cinéma de Corée du Sud. On peut dire sans exagérer qu’Oldboy a pavé la voie pour que des œuvres comme The Chaser, The Host ou plus tard Parasite (décoré aux Oscars) soient reçues avec enthousiasme hors d’Asie. Bong Joon-ho lui-même a bénéficié de cette brèche ouverte, et Park Chan-wook et lui sont de grands amis – on imagine qu’entre deux soju, ils ont dû trinquer aux octopus et aux Oscars.
Mais l’influence d’Oldboy, c’est aussi esthétique et thématique. Le film a acquis le statut de culte quasi instantanément. De nombreux réalisateurs occidentaux ont cité Oldboy comme référence pour son mélange de style visuel léché, de narration tordue et de scènes d’action innovantes. La scène du couloir, en particulier, est devenue un mètre-étalon pour les scènes de combat en plan-séquence. On a vu émerger une mode des “hallway fights” dans plusieurs œuvres après 2003, le plus célèbre hommage étant celui de la série Marvel’s Daredevil en 2015, où le héros affronte des voyous dans un couloir dans un long plan-séquence très clairement inspiré d’Oldboy. Les créateurs de la série ont admis avoir voulu “rendre hommage et tenter de surenchérir” sur la scène du film. Depuis, tout le monde veut son petit couloir baston : on en trouve dans John Wick 4, dans Atomic Blonde (les escaliers de Berlin), etc. Park Chan-wook a lancé une mode sans le vouloir, en montrant qu’un combat filmé en une seule prise pouvait être mille fois plus immersif que 50 coupes de montage. Désormais, quand on voit un personnage saisir un marteau à l’écran, on pense immanquablement à Dae-su. Même dans des films de super-héros comme Guardians of the Galaxy Vol.3 (2023), James Gunn a glissé une scène de baston en plan-séquence dans un couloir comme clin d’œil à Oldboy.

Oldboy a aussi influencé la culture populaire par quelques images choc qui restent gravées. Par exemple, la scène du poulpe est régulièrement citée dans les tops des scènes les plus marquantes/dégoûtantes du cinéma. Elle a fait l’objet de parodies ou de références humoristiques dans des shows TV, des webcomics, etc. Bon, difficile de reproduire ça en vrai (pauvres poulpes), mais disons qu’elle a consolidé la réputation du cinéma asiatique prêt à tout. De même, le twist final de Oldboy est souvent mentionné parmi les plus grands twists de films du 21e siècle – aux côtés de Sixième Sens ou Fight Club, la claque Oldboy figure haut la main (et on l’a sentie passer la main, merci bien). On retrouve des échos de cette audace narrative dans certains films qui n’hésitent plus à aller très loin dans le tordu, confiants que le public peut suivre s’il y a du talent derrière.
Le film a été inclus dans de nombreux classements de référence : Empire (magazine britannique) l’a classé 64ème meilleur film de tous les temps, des réalisateurs comme Spike Lee ou Steven Spielberg l’ont encensé (Spielberg avait même envisagé de produire un remake avec Will Smith à une époque, projet avorté). Finalement, un remake américain d’Oldboy a bien vu le jour en 2013, réalisé par Spike Lee, avec Josh Brolin dans le rôle principal. Mais soyons honnêtes : il a fait un flop artistique retentissant. Les fans de l’original l’ont boudé, et les critiques ont trouvé qu’il n’apportait rien de neuf – difficile de refaire un film aussi spécial sans tomber dans la copie fade. La version de Spike Lee adoucissait d’ailleurs certains aspects (tout en restant violente, mais bon, l’impact n’y était pas). En clair, si Oldboy de Park Chan-wook était un plat épicé exotique, le remake hollywoodien était du fast-food réchauffé. Hollywood a appris à ses dépens que certains films cultes sont inimitables. À la limite, ce remake raté a renforcé la stature de l’original : Oldboy est un joyau qu’on ne peut pas cloner, juste admirer (et frissonner).
Notons qu’il y a aussi eu un remake indien non-officiel intitulé Zinda en 2005. Non-officiel car les auteurs d’Oldboy n’étaient pas crédités, ce qui a fait scandale. On y transposait l’histoire à Bollywood (sans les chants et danses, rassurez-vous). Ce film a reçu un accueil mitigé et une volée de bois vert pour plagiat non assumé. Là encore, ça prouve que l’original restait la référence incontestée.
Outre les remakes, l’influence se voit dans la communauté des cinéphiles : Oldboy a engendré d’innombrables analyses sur YouTube, d’essais critiques, de memes aussi (des memes “martelants” ou sur le twist choquant). Par exemple, l’image de Dae-su tenant un marteau, un sourire fou sur le visage et du sang sur la chemise est devenue une icône pop pour représenter les films de vengeance extrêmes. Tellement iconique que dans un épisode tragiquement réel, le tueur de la fusillade de Virginia Tech en 2007 avait envoyé une photo de lui brandissant un marteau comme Dae-su sur l’affiche du film. Ce rapprochement sinistre a fait couler de l’encre à l’époque sur l’impact des images violentes. Bien sûr, Oldboy n’y était pour rien – disons que c’est le signe que son imagerie avait marqué même les esprits les plus dérangés… (On vous l’accorde, cette anecdote n’est pas joyeuse, mais c’est pour dire à quel point l’iconographie du film a percolé).
D’un point de vue plus réjouissant, Oldboy a surtout consacré Park Chan-wook comme un cinéaste qui compte, et contribué à la légitimation du cinéma de genre (action/thriller) dans les grands festivals. Voir un film avec autant de violence graphique triompher à Cannes a montré que le “cinéma de genre” pouvait aussi être du grand art. Cela a influencé les programmations de festivals, ouvrant la voie à d’autres films coups de poing dans des sélections officielles.
En somme, l’héritage d’Oldboy est immense : dans la technique cinématographique (le plan-séquence du couloir est étudié dans les écoles de ciné), dans la pop culture (références et statut culte), et dans la dynamique des échanges culturels (il a fait découvrir le cinéma coréen à un nouveau public, qui ensuite en redemandé). C’est un film qui, 20 ans après, n’a rien perdu de son impact – comme le dit un journaliste, “il a vieilli mais n’a rien perdu de sa vigueur”. Même restauré en 4K récemment, il reste aussi vivace qu’au premier jour, toujours prêt à mettre un coup de marteau dans la fourmilière (ou dans la pieuvre).

9. Les récompenses reçues
Le palmarès d’Oldboy est à la hauteur de sa réputation : le film a récolté une belle collection de récompenses aux quatre coins du monde, prouvant que vengeance et gloire peuvent parfois faire bon ménage.
- Grand Prix du Jury au Festival de Cannes 2004 : C’est sans doute la distinction la plus prestigieuse du film. Oldboy a bluffé la Croisette et est reparti avec le Grand Prix (le deuxième prix après la Palme). Comme évoqué, Tarantino aurait bien voulu lui remettre la Palme d’or, mais même sans la Palme, Oldboy a été l’événement marquant de Cannes cette année-là – rarissime pour un film d’action ultra-violent d’obtenir une telle reconnaissance. Park Chan-wook, en recevant le prix, a remercié son équipe… et les poulpes, donc, dans un élan d’humour modestement gastronomique.
- Prix et trophées en Corée du Sud (Grand Bell Awards, Blue Dragon) : Au pays, Oldboy a été couvert de lauriers. Aux Grand Bell Awards 2004 (l’équivalent coréen des Oscars), il a remporté, entre autres, le prix de la Meilleure Réalisation pour Park Chan-wook, du Meilleur Acteur pour Choi Min-sik, du Meilleur Montage, Meilleure Musique, etc. Aux Blue Dragon Awards (autre cérémonie prestigieuse en Corée), il a également brillé, par exemple en décrochant Meilleur Film et Meilleur Acteur la même année. En gros, Oldboy était LE film coréen incontournable de 2003-2004, salué autant par la critique que par l’industrie locale.
- Prix dans les festivals internationaux : Oldboy a remporté le Prix du Meilleur Film au Festival international du film de Catalogne (Sitges) en 2004, un festival réputé pour les films fantastiques et thrillers – pas étonnant qu’il y ait fait un carton, c’était pile dans son élément. Il a aussi raflé le Prix du Public au Festival de Stockholm 2004, preuve que le public européen a été autant conquis (et secoué) que les critiques. Au Festival de Bergen 2004, il obtient aussi le Prix du Public – décidément, on aime se venger en Scandinavie 😅.
- Distinctions diverses : Oldboy a été sacré Meilleur film étranger aux British Independent Film Awards 2004 (les Britanniques ont adoré ce “poulpe fiction” venu d’Asie). Il a reçu le prix du Meilleur Film Asiatique aux Hong Kong Film Awards 2005 – l’Asie entière reconnaissait la claque venue de Corée. Park Chan-wook a été élu Meilleur réalisateur au Festival de Bangkok 2005 pour Oldboy. Bref, un véritable razzia.
- Nominations notables : le film a eu quelques nominations supplémentaires, par exemple aux European Film Awards 2004 (Meilleur film non-européen), aux Saturn Awards 2006 (Meilleur film d’action/thriller), etc. Même s’il n’a pas tout gagné, l’important c’est qu’il était présent dans ces listes, témoignant de son rayonnement au-delà des cercles “d’initiés”.
En synthèse, Oldboy a transformé l’essai critique en succès dans les palmarès. Il est relativement rare qu’un film aussi brutal et non-anglophone cumule autant de distinctions internationales : cela montre à quel point il a su fédérer admiration et enthousiasme. Roger Ebert, le célèbre critique US, lui a donné 4 étoiles sur 4 en le qualifiant de « film puissant non pas par ce qu’il montre, mais par les tréfonds du cœur humain qu’il met à nu » – et ce genre d’éloge, couplé aux prix récoltés, a assuré à Oldboy une place de choix dans l’histoire du cinéma du début de ce siècle.

10. Anecdotes de tournage et faits insolites
Pour conclure sur une note plus légère (et parce qu’on adore les coulisses croustillantes), voici quelques anecdotes savoureuses ou insolites autour du tournage d’Oldboy. Sortez le popcorn (ou le poulpe séché, à votre convenance) :
- Quatre poulpes et une prière : Choi Min-sik a vraiment mangé un poulpe vivant devant la caméra – en réalité, il en a mangé quatre, car il a fallu quatre prises pour la scène. Acteur dévoué, Choi est pourtant végétarien et bouddhiste ; il a donc apologisé et prié brièvement pour chaque poulpe avant de les croquer, histoire de rester en paix avec sa conscience. On imagine qu’il s’est aussi brossé les dents avec insistance ensuite (le goût du poulpe cru vivant, ça doit rester… collant). Cette scène, surnommée parfois “le snack qui attaque”, a fait couler beaucoup d’encre – et de sauce soja.
- Marteau symphonique : La scène du couloir, désormais mythique, a été filmée en un seul plan-séquence de 2 minutes, sans aucune coupure visible. Pour la réussir, l’équipe a dû s’y reprendre sur 17 prises étalées sur 3 jours. Pas de trucage, sauf le couteau planté dans le dos de Dae-su qui a été ajouté en CGI plus tard (oui, désolé de briser la magie : personne n’a vraiment poignardé Choi Min-sik, ouf). L’épuisement réel de l’acteur dans la prise retenue (la dernière du lot) se voit à l’écran – ce qui ajoute à l’authenticité de la baston. Cette chorégraphie de bagarre toute en chaos maîtrisé a été saluée comme une des meilleures scènes d’action de l’histoire. Elle a influencé de nombreux réalisateurs par la suite, au point qu’on parle d’un effet “Oldboy Hallway Fight” dans le cinéma d’action contemporain.
- Twist de dernière minute (littéralement) : On pourrait croire que Park Chan-wook et ses co-scénaristes avaient planifié le scénario alambiqué d’Oldboy des années à l’avance. Eh bien non ! L’idée du double twist final (Mi-do est la fille de Dae-su + ils ont une relation incestueuse) est venue à Park au cours d’une pause toilette ☕🚽 lors d’une session de brainstorm intense, dopée au café. En cherchant une révélation “assez extrême” pour justifier la vengeance de Woo-jin, Park a eu l’illumination aux WC : 15 ans d’emprisonnement, c’était le temps nécessaire pour qu’une fillette devienne femme – la fille de Dae-su serait donc l’appât parfait. Il est revenu en salle en annonçant ça tout excité à son équipe. Comme quoi, les meilleures idées ne viennent pas forcément en s’arrachant les cheveux devant son bureau… parfois une petite pause relax suffit. Moralité : toujours avoir de quoi noter près des toilettes, on ne sait jamais quand le génie frappe (il faut juste espérer que Park s’est lavé les mains avant de serrer celles de son producteur en lui racontant l’idée 😅).
- Merci qui ? Merci les poulpes ! : Lors de la remise du Grand Prix à Cannes, Park Chan-wook n’a pas oublié de remercier les principaux héros du film… les poulpes. Il a publiquement dédié une part de sa récompense aux quatre céphalopodes sacrifiés sur l’autel du cinéma. On imagine la tête des journalistes non avertis dans la salle : “Ai-je bien entendu ? Il a dit poulpes ?”. C’est sans doute la première (et dernière) fois dans l’histoire du Festival que des mollusques sont remerciés dans un speech officiel. 🐙 Coïncidence amusante, l’acteur Choi Min-sik a reçu plus tard un prix d’interprétation pour Oldboy et a plaisanté en disant qu’il devait ce prix “à son partenaire aux huit bras qui lui a donné la réplique dans la scène du sushi vivant”. (Bon, cette dernière phrase est fantaisiste, mais avouez que vous l’avez presque crue !)
- Un univers partagé caché ? : Petite curiosité pour les fans de Park Chan-wook : un même acteur, Oh Kwang-rok, apparaît dans les trois films de la trilogie de la vengeance, à chaque fois dans un rôle différent mais lié à la mort. Dans Oldboy, c’est lui le type suicidaire sur le toit qu’Oh Dae-su dissuade un instant (pour ensuite le laisser sauter quand même – l’ironie morbide). Il jouait déjà un anarchiste à la fin de Sympathy for Mr. Vengeance et un père de victime dans Lady Vengeance. Park s’est amusé à le caster comme un fil rouge macabre entre ses films, un peu comme son porte-bonheur dark. De là à imaginer un Park Chan-wook Cinematic Universe, il n’y a qu’un pas… mais un pas sanglant.
- La malédiction du métronome : Durant le tournage, Park Chan-wook utilisait un métronome pour caler certains mouvements de caméra ou d’acteurs (pour la scène de l’hypnose, par exemple, où le rythme était important). La légende veut qu’un des métronomes utilisés se soit emballé tout seul pendant la nuit sur le plateau, émettant un tic-tac frénétique, ce qui a effrayé un gardien. Faut-il y voir le fantôme rancunier d’un poulpe venu hanter l’équipe ? Plus rationnellement, c’était sans doute un défaut technique… ou un coup de Woo-jin depuis l’au-delà ? 👻 (Ok, cette anecdote est possiblement un bobard de plateau qu’on se raconte pour frissonner, mais avouez que dans l’ambiance d’Oldboy, ça collerait bien).
- Une chanson hypnotique : La musique du film, signée Jo Yeong-wook, est truffée de références cinéphiles (chaque piste porte le titre d’un film célèbre). L’une d’elles s’appelle “The Last Waltz” – la “dernière valse” – qui est le thème de Mi-do. C’est une valse douce-amère qui revient dans la scène finale. Park Chan-wook a révélé s’être servi de cette musique sur le plateau pour mettre les acteurs dans l’ambiance hypnotique de la fin, où Dae-su et Mi-do se retrouvent dans la neige. Il passait la valse en boucle pendant la scène pour guider l’émotion. Comme quoi, un bon réalisateur est aussi un DJ émotionnel.
- Remake avorté de Spielberg : Avant que Spike Lee ne réalise Oldboy version US, il y a eu un projet fou en 2008-2009 : Steven Spielberg voulait l’adapter avec Will Smith en vedette. Oui, ET + Men in Black vs. le poulpe… Ça promettait. Finalement, des problèmes de droits avec le manga original ont fait capoter le projet. On ne saura jamais ce qu’aurait donné cette version (peut-être “moins tordue” selon les dires de Will Smith, ce qui aurait été dommage). Toujours est-il que l’ombre d’Oldboy a plané jusqu’à Hollywood, et l’effort qu’ils ont mis à en faire une version locale montre bien l’aura du film. Par chance (ou par malchance pour Spike Lee), Oldboy est un met trop épicé pour une digestion hollywoodienne facile.

Conclusion:
Et voilà, Oldboy, ce chef-d’œuvre coréen qui t’apprend que parfois, ouvrir une boîte de sushi peut littéralement ruiner ta vie. 🍣
Un film où la vengeance est servie froide, crue, et accompagnée d’un poulpe vivant en guise d’entrée. 🐙
Park Chan-wook nous prouve qu’on peut faire un film sur la prison, la folie, et les secrets de famille… sans jamais passer par le happy ending. Non, ici, le seul truc “happy”, c’est le spectateur quand il se rend compte qu’il n’est pas Oh Dae-su.
Entre les marteaux, les hallucinations, et les révélations façon “ah bah super, j’vais avoir besoin de 8 douches et d’un psy”, Oldboy reste ce film qu’on ne regarde qu’une seule fois, mais qu’on ne oublie jamais. Parce qu’après tout, il y a des claques qui marquent plus que les autres — surtout quand elles viennent d’un réalisateur coréen avec un sens de l’humour aussi tordu qu’un bol de ramyeon mal cuit. 🍜
Bref : si tu pensais avoir des problèmes de famille… regarde Oldboy. Tu relativiseras. 😅

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