Wherever you will go (2001 The Calling)

Published on

dans

Ah, “Wherever You Will Go”… cette chanson qui a transformé des milliers d’ados des années 2000 en poètes mélancoliques, les yeux perdus par la fenêtre sous la pluie (même s’il faisait 32°C dehors). Sortie en 2001 par The Calling, elle a accompagné toutes les ruptures, tous les slow de fin de soirée, et tous les génériques de séries où quelqu’un regarde l’horizon en silence.

C’est un peu le coussin émotionnel de l’époque : t’avais mal au cœur ? The Calling. Ton crush ne t’avait pas répondu sur MSN ? The Calling. Ton chien t’avait piqué ton sandwich ? Bon, là aussi, The Calling.

Avec sa voix légèrement éraillée, digne d’un gars qui vient de boire trois cafés et d’avaler ses émotions, Alex Band nous offre un hymne à l’amour inconditionnel, façon “je te suivrai même si tu vas acheter du pain sur Mars”. Bref, une ballade rock pleine de cheveux gominés, de chemises ouvertes et de grandes promesses existentielles — le tout saupoudré d’une nostalgie à faire pleurer un caillou.

Publicités

L’appel des années 2000 : analyse décalée de Wherever You Will Go (The Calling):

Le groupe The Calling : qui sont-ils ?

The Calling est un groupe rock alternatif post-grunge formé à Los Angeles en 1996 par le chanteur Alex Band et le guitariste Aaron Kamin. Fun fact : Kamin a rencontré Alex Band en sortant avec sa sœur – rien de tel qu’une histoire de beau-frère pour lancer un groupe de rock ! À leurs débuts, ils s’appellent Generation Gap puis Next Door, avant de se rebaptiser The Calling. Leur son s’inscrit dans la lignée des Matchbox Twenty, Third Eye Blind ou Lifehouse, avec des mélodies FM accrocheuses et une pointe de guitares post-grunge calibrées pour les radios du début des années 2000. En clair, de l’émotion électrique et du refrain imparable – la recette miracle pour conquérir les ondes. Et ça marche : leur plus grand succès, Wherever You Will Go (2001), restera 23 semaines n°1 du classement Adult Top 40 de Billboard (deuxième record absolu) et sera même sacrée chanson rock adulte de la décennie 2000. Pas mal pour un groupe de (jeunes) rookies qu’on n’avait pas vu venir !

Genèse de Wherever You Will Go : un tube inespéré

Revenons en 1999-2000 : Alex Band et Aaron Kamin ont des chansons plein les tiroirs, mais pas encore de vrai groupe solide ni de fanbase. Leur label RCA traîne un peu les pieds – il faut dire qu’en plein boom des boys bands et des popstars, deux rockeurs sensibles passent un peu sous le radar. Le destin du morceau Wherever You Will Go va basculer grâce à Hollywood : Kathy Nelson, la responsable musique des studios Disney, flashe sur la démo et la case dans le film Coyote Ugly (produit par Jerry Bruckheimer) en 2000. Le groupe y fait même de la figuration en jouant son propre titre dans une scène ! Cette apparition agit comme un électrochoc sur RCA – “si même les producteurs de films le veulent, c’est que ce titre a du potentiel !” En un éclair, la major se réveille : “Okay, let’s make a record”. Ni une ni deux, The Calling obtient enfin le feu vert pour enregistrer son premier album, peaufiné pendant deux ans sous la houlette du producteur Marc Tanner. Bingo : sorti en mai 2001, Wherever You Will Go devient un tube planétaire instantané, grimpant 5ᵉ du Billboard Hot 100 et conquérant les cœurs d’ados transis aux quatre coins du globe. Pas mal pour un titre qui a failli finir dans un tiroir !

Inspirations, composition et production

Malgré son look de ballade romantique un peu clichée, Wherever You Will Go cache une origine plus touchante qu’il n’y paraît. Aaron Kamin a révélé s’être mis dans la peau d’une veuve âgée venant de perdre son mari après 50 ans de vie commune. Plutôt inhabituel comme point de départ pour un slow rock qui fera fondre les midinettes ! Les paroles, elles, évoquent la promesse de suivre l’être aimé “où qu’il aille”, “aussi haut ou aussi bas” – quitte à le suivre au ciel… ou en enfer (attention aux excès de zèle tout de même 😈). Musicalement, la chanson est coécrite par Alex Band et Aaron Kamin, qui s’amusent à enrichir le rock basique de quelques sonorités exotiques : on peut y entendre, glissés derrière les guitares, des touches de sitar et de tabla (percussions indiennes) joués par des musiciens de studio. Histoire de donner au morceau une petite vibe mystique ou simplement d’utiliser tous les instruments qui traînaient en studio ? On vous laisse juges. La production de Marc Tanner est léchée comme il faut : intro arpégée proprette, montée en puissance progressive, et explosion contrôlée sur le refrain avec la voix grave et gorgée d’émotion d’Alex Band en plein élan. Du rock sentimental calibré pour les radios, certes, mais efficace – la preuve, on l’a tous eu en tête à l’époque !

Publicités

Paroles sous la loupe : déclaration d’amour ou guimauve assumée ?

Difficile d’évoquer Wherever You Will Go sans parler de ses paroles sirupeuses… et de le faire avec un brin d’ironie, évidemment. Imaginez un ado transi qui promet à sa moitié de la suivre “où que tu ailles”. On frôle le stalking romantique, mais avec une telle candeur qu’on pardonne tout. La chanson déploie un champ lexical du dévouement absolu : “si je pouvais, je te suivrais, tu ne seras jamais seule, je serai là pour éclairer tes ombres”. On croirait presque un super-héros prêt à tout pour protéger sa belle des catastrophes (“If a great wave shall fall and fall upon us all…” 🎶). Niveau originalité, on repassera – le texte aligne quelques rimes faciles (“way up high and down low” – on a vu plus recherché, merci pour la météo) et une bonne dose de pathos un peu naïf. Mais c’est précisément cette simplicité désarmante qui a touché le public. Derrière le kitsch apparent, le morceau véhicule un message universel de fidélité et de protection qui parle à l’ado en manque d’amour en chacun de nous. Et puis quand on apprend que les auteurs pensaient à une grand-mère veuve pleurant son époux, on voit ces paroles sous un autre jour : ce ne sont plus seulement des promesses en l’air d’un jeune amoureux, mais le cri du cœur d’une vie entière dédiée à l’autre. Avouez, c’est beau (oui, sortez les mouchoirs, on ne vous juge pas). Et même si le féminisme tiquerait peut-être en 2025 sur ce côté “je ne suis rien sans mon chéri”, en 2001 on a tous chanté à tue-tête ce refrain sans trop se poser de questions. C’est ça, la magie des slows rock des années 2000 : un rien de surjoué, beaucoup de bons sentiments, et au final on adhère quand même.

L’album Camino Palmero : le grand saut

Pochette de l’album Camino Palmero (2001), premier opus de The Calling.
Pour contextualiser, Wherever You Will Go est le premier single extrait de Camino Palmero, le premier album de The Calling sorti en juillet 2001. Le titre de l’album, Camino Palmero, n’est pas une référence à un pèlerinage hispanique mystique, mais tout bêtement le nom d’une rue de Los Angeles où Alex et Aaron se sont rencontrés ado. Eh oui, on est rockeur romantique jusqu’au bout des ongles ou on ne l’est pas ! La pochette de l’album, quant à elle, montre les quais n°5 et 6 de la gare Santa Maria Novella à Florence (Italie) – un visuel voyageur et un brin mélancolique, parfait pour illustrer les thèmes du disque. Car lyriquement, Camino Palmero est un concentré de ce qui fait battre le cœur des ados : amour romantique, peines de cœur, relations compliquées et promesses éternelles, le tout avec l’enthousiasme et la candeur de la jeunesse. Niveau son, on y trouve de franches influences grunge (on sent que nos compères ont écouté leur dose de Pearl Jam et Nirvana plus jeunes) mais passées à la moulinette pop FM, avec de jolis solos de guitare ici et là pour la forme. Malgré le succès commercial (l’album sera certifié Disque d’or aux États-Unis en quelques mois), la critique, elle, sera bien plus mitigée – pour ne pas dire assassine. Beaucoup reprochent à The Calling son manque d’originalité et ses paroles un peu convenues, qualifiant l’album de “sous-Creed” ou de “rock fast-food” un peu trop formaté. Mais d’autres saluent la voix puissante d’Alex Band et la qualité des arrangements. Quoi qu’il en soit, Camino Palmero restera comme l’album d’un tube : porté par Wherever You Will Go, il propulse le groupe sur le devant de la scène, au point d’éclipser tout le reste. Qui se souvient spontanément de Adrienne ou Could It Be Any Harder ? (Allez, ne trichez pas en filant sur Google…) Rassurez-vous, on va y venir.

Publicités

Un clip digne d’un feuilleton ado

Qui dit tube des années 2000 dit forcément clip vidéo mémorable (ou presque). Wherever You Will Go n’échappe pas à la règle, avec un clip officiel sorti en 2001 qui coche toutes les cases du mélodrame adolescent. Fun fact : il existe en réalité deux versions du clip. La première, peu diffusée, a été tournée au Mexique (apparemment à Tijuana) avec le groupe jouant dans un décor local – une curiosité pour les fans complétistes. Mais la version la plus connue est celle réalisée par Gregory Dark, et on peut la résumer ainsi : “Les Feux de l’Amour” chez les ados californiens, sur fond de rock FM. On y voit The Calling jouer en plein milieu du lit bétonné de la Los Angeles River (ambiance Terminator 2 mais en moins speed), tandis qu’au premier plan se déroule un vrai soap opera : une adolescente un peu badass se fait tatouer le prénom de son petit copain sur l’épaule… pour le surprendre ensuite en plein flirt avec une autre ! La suite tourne au règlement de comptes digne d’une telenovela : folle de rage, notre héroïne détruit méthodiquement les affaires de son (ex-)copain infidèle – un véritable saccage en règle de sa chambre, sous le regard imperturbable d’Alex Band qui chante au milieu des guitares brisées 😅. À la fin du clip, cerise sur le gâteau de la revanche, mademoiselle arbore un nouveau tatouage de fleur par-dessus le prénom du goujat, et s’affiche au bras d’un nouveau beau gosse (joué par un jeune Drew Fuller à l’époque inconnu, future star de séries TV). L’ex trompeur, lui, les observe de sa voiture, dépité – on imagine qu’il médite sur ses erreurs au son de “If I could, then I would…”. Le groupe, toujours stoïque, continue de jouer en arrière-plan, comme la bande-son omnisciente du destin. Bref, un scénario de clip hautement kitsch, mais totalement dans l’esprit des années 2000 ! Anecdote de tournage : ce clip a été filmé dans ce fameux canal de LA où tant d’autres artistes ont tourné (de Grease à GTA V). Il offre surtout à The Calling l’occasion de montrer sa tête à l’écran : Alex Band, mèche blond platine et regard de cocker, devient l’incarnation visuelle du morceau, renforçant l’attachement du public. Avouons-le, on a tous un peu voulu consoler la nana du clip (ou lui dire de calmer les frais de tattoo…) et casser la figure du vilain infidèle. Un mini-film dont on se souvient peut-être plus que de la moitié des paroles !

De Hollywood aux jeux vidéo : la chanson partout

Quand un morceau cartonne, Hollywood et la télé ne tardent pas à s’en emparer. Wherever You Will Go a donc connu une seconde vie en apparaissant dans de nombreux films, séries et même jeux vidéo au fil des années, au point de devenir un hymne pop-culturel du début de siècle. Voici quelques-unes de ses apparitions les plus marquantes :

  • Au cinéma : dès 2000, avant même sa sortie officielle, la chanson figure donc dans Coyote Ugly (Coyote Girls en VF). On la entend lors de la scène où Violet (Piper Perabo) chante au bar, avec The Calling en cameo en arrière-plan. En 2003, le titre traverse l’Atlantique pour se glisser dans la comédie romantique britannique culte Love Actually. Il accompagne la (savoureuse) scène où Colin, le dragueur british, se retrouve embarqué dans une “orgie” improvisée avec quatre Américaines délurées dans un chalet du Wisconsin. Autant dire que le romantisme de la chanson est pris au second degré – un décalage parfait ! On note aussi une apparition plus récente dans le film italien Ex (2009), preuve que le morceau reste dans les playlists sentimentales des réalisateurs du monde entier.
  • À la télévision : Wherever You Will Go a marqué les esprits des sériephiles en 2001 en étant utilisée dans Smallville (saison 1, épisode 2 “Metamorphosis”), lors de la scène finale pleine d’émotion. Quoi de mieux que la voix d’Alex Band pour intensifier les tourments de Clark Kent adolescent ? Elle a également servi de musique de promo pour le lancement de la série The Guardian sur CBS en 2001. Plus étonnant, on l’entend dans un épisode de Cold Case en 2005 (épisode “Frank’s Best”, dans la scène de conclusion) pour résoudre une affaire criminelle sur une note nostalgique. Même les dramas policiers raffolent de ces refrains doux-amers en fin d’épisode. La chanson a été parodiée dans un sketch de MADtv aux côtés de Creed et Pearl Jam, se moquant gentiment de la ressemblance entre les voix graves de tous ces chanteurs post-grunge – signe qu’elle était vraiment partout ! Mentionnons enfin son utilisation dans des shows plus inattendus : un drama coréen (I’m Sorry, I Love You), la série policière canadienne The Murders (2019) ou encore dans l’adaptation télé des enquêtes de Cormoran Strike (d’après J.K. Rowling) où Wherever You Will Go accompagne la danse des mariés dans Lethal White. Qui aurait cru que The Calling se taperait l’incruste jusque dans un mariage sorti de l’univers d’Harry Potter ?
  • Dans les jeux vidéo : Les gamers mélomanes ont pu aussi croiser ce titre. Si Guitar Hero a curieusement loupé le coche, SingStar Rock Ballads (Sony) l’a inclus dans sa playlist en 2007 pour que vous puissiez beugler “If I could then I would…” dans votre salon. Plus récemment, les apprentis guitaristes ont pu l’apprendre via Rocksmith 2014 en DLC, et Rock Band 4 a ajouté la chanson en contenu téléchargeable en 2024 – preuve que même 20 ans après, ce slow immortel a toujours sa place pour animer vos soirées (ou vos vocalises sous la douche, on ne juge toujours pas).
Publicités

Conclusion:

En résumé, Wherever You Will Go est un de ces morceaux-capsule temporelle qui nous renvoie direct en 2001, l’époque des mélodies rock sentimentales et des clips un peu cheesy qu’on adorait secrètement. Entre la success story improbable de The Calling, les paroles d’une naïveté touchante et l’imagerie ado du clip, il y a mille raisons de sourire en revisitant ce hit. Et pourtant, impossible de nier son efficacité : mettez les premières notes, et voilà que la nostalgie opère. Comme le dit le titre, cette chanson nous suit où que l’on aille – et visiblement, on n’a pas fini de la croiser au détour d’un film, d’une série ou d’un jeu. Qui vient chanter en chœur “I’ll go wherever you will go” pour le refrain final ? 🎤😜

Unique
Mensuellement
Annuellement

Réaliser un don ponctuel

Réaliser un don mensuel

Réaliser un don annuel

Choisir un montant

€5,00
€15,00
€100,00
€5,00
€15,00
€100,00
€5,00
€15,00
€100,00

Ou saisissez un montant personnalisé :


Votre contribution est appréciée.

Votre contribution est appréciée.

Votre contribution est appréciée.

Faire un donFaire un don mensuelFaire un don annuel

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Le blog de Princessemonokéké

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture