
Asura’s Wrath, ou comment casser des planètes avec la colère d’un mec torse nu
Imaginez Kratos sous stéroïdes, Goku en mode “je viens de marcher sur un LEGO”, et un papa divin qui découvre que quelqu’un a touché à sa fille ET à son pot de yaourt dans le frigo. Mélangez tout ça dans un shaker cosmique, secouez bien fort avec des QTE en rafale, et vous obtenez Asura’s Wrath, le jeu où la colère n’est pas seulement un moteur narratif… c’est littéralement une source d’énergie nucléaire.
Bienvenue dans un univers où les dieux sont en sueur, où les combats se règlent à coups de mandales dimensionnelles, et où le héros passe 90% de son temps à hurler plus fort que les serveurs d’un jeu en ligne un samedi soir. Ici, il n’est pas question de « sauver le monde » avec diplomatie ou finesse : Asura, lui, préfère discuter avec ses poings… en tapant jusqu’à la stratosphère.
Bref, Asura’s Wrath, c’est Fast & Furious version divinité orientale, avec plus de rage que dans une partie de Mario Kart perdue à cause d’une carapace bleue. Accrochez vos manettes, respirez un bon coup… et préparez-vous à entrer dans une furie cosmique aussi démesurée que jouissive.
Asura’s Wrath : chronique d’une vengeance cosmique (très) énervée
Il était une fois un demi-dieu tellement en colère qu’il a littéralement défié tout le panthéon céleste, l’univers et même un doigt géant venu de l’espace. Asura’s Wrath est un OVNI vidéoludique sorti en 2012 mêlant mythe, manga et jeu d’action, le tout assaisonné d’une généreuse dose de rage shonenesque. Préparez-vous à un récit épique et délirant où les guerriers ont des muscles gros comme des montagnes, où l’on hurle le nom de sa fille en promettant vengeance, et où les ennemis peuvent être plus grands qu’une planète. Bienvenue dans l’histoire d’Asura, le père le plus vénère de la galaxie.

Naissance d’une colère divine : le contexte de création
Asura’s Wrath est un jeu vidéo de type beat ’em up (beat them all) développé par CyberConnect2 et édité par Capcom, sorti en 2012 sur PlayStation 3 et Xbox 360. Annoncé au Tokyo Game Show 2010, le projet suscite vite la curiosité : il s’agit d’une nouvelle licence originale co-créée par Capcom (papa de Devil May Cry, Street Fighter…) et le studio japonais CyberConnect2, connu pour ses adaptations de Naruto. Ce tandem improbable a pour ambition de marier le jeu d’action bourrin aux codes de l’anime épique. Ambition artistique ? Créer un « anime interactif » jouable, une sorte de série animée dont vous êtes le héros manette en mains. Ambition commerciale ? Tenter un coup d’éclat original à une époque (début des années 2010) dominée par les God of War et autres beat ’em up occidentaux, en espérant séduire aussi bien les fans de jeux d’action que les amoureux de manga.
Les développeurs n’ont pas fait les choses à moitié. « On voulait aller dans des niveaux de folie jamais atteints auparavant dans un jeu d’action », confiait le producteur Kazuhiro Tsuchiya lors d’une interview. En clair, tout dans Asura’s Wrath devait être surréaliste et démesuré, du scénario aux combats. Le résultat est un jeu qu’il est presque difficile de ranger dans une case tant il est atypique : Tsuchiya parle d’un « jeu d’action cinématographique », découpé en scènes comme une série TV. Capcom et CyberConnect2 ont ainsi conçu Asura’s Wrath comme une saison complète d’animé condensée sur un disque de jeu – avec ses épisodes, ses génériques, ses cliffhangers haletants et ses boss toujours plus gigantesques.
Avant de plonger dans le vif du sujet, situons un peu le style de ce blockbuster nippon. Imaginez un cocktail explosif mélangeant la fureur mythologique de God of War, l’exubérance débridée d’un Dragon Ball Z sous stéroïdes, la mise en scène barrée d’un Bayonetta, et les excès épiques d’un Naruto ou d’un Gurren Lagann. La presse spécialisée elle-même a décrit Asura’s Wrath comme un croisement entre God of War et Dragon Ball Z – et ce n’est pas volé. En somme, attendez-vous à un univers où tout est plus grand, plus fort, plus bruyant, quitte à frôler l’indigestion de testostérone. Ici, la subtilité a pris des vacances : place à la surenchère jubilatoire !

Un gameplay cinématographique et musclé
Si on devait résumer le gameplay d’Asura’s Wrath en une phrase, ce serait : « Tape, crie, recommence, et appuie sur (X) au bon moment ». Le jeu emprunte autant au beat ’em up classique qu’au jeu à QTE (Quick Time Event), ces séquences interactives où il faut presser les boutons indiqués à l’écran en rythme avec l’action. Concrètement, Asura’s Wrath se compose d’une alternance de phases de combat et de cinématiques interactives. Les phases de combat, vues à la troisième personne, rappellent des jeux comme God of War ou Devil May Cry : on y bastonne des hordes d’ennemis à coups de poings, d’attaques spéciales et de projectiles d’énergie. Asura, notre héros furibard, peut sauter, dasher, contrer des coups, et surtout déchaîner sa rage via des attaques lourdes. Chaque mandale bien placée remplit une jauge de “Burst” et une jauge d’Unlimited : une fois ces jauges pleines, on peut déclencher une furie dévastatrice, souvent nécessaire pour achever un boss ou passer à la scène suivante. Si cela vous rappelle les colères divines de Kratos dans God of War, vous y êtes – sauf qu’ici, la colère est littéralement le moteur du personnage.
Là où le jeu se distingue vraiment, c’est par son côté cinématographique poussé à l’extrême. Asura’s Wrath est découpé en épisodes comme un anime télévisé : chaque niveau commence par un petit générique d’ouverture, et se termine par un générique de fin stylisé, suivi d’un teaser “À suivre” du prochain épisode. On s’y croirait ! Entre les épisodes, le jeu montre même des illustrations façon manga pour étoffer le background, comme si on feuilletait les pages d’un comic entre deux scènes d’action. L’immersivité est telle qu’on oublie parfois qu’on joue à un jeu vidéo tant on a l’impression de regarder un dessin animé interactif. D’ailleurs, ce terme d’« animé interactif » revient souvent pour décrire le jeu. Chaque cinématique – et Dieu sait qu’il y en a – est l’occasion d’une pluie de QTE : un bouton à marteler pour faire fléchir un colosse, un stick à pivoter pour esquiver un laser, une touche à dégainer exactement au bon timing pour parer un coup fatal. Plutôt que de frustrer, ces QTE cherchent à nous impliquer physiquement dans l’action, comme l’expliquaient les développeurs : l’idée était de faire ressentir la rage d’Asura au joueur, en mimant ses actions via la manette.

Le rythme du jeu est donc très particulier. On enchaîne des combats d’arène assez classiques, puis soudain une cutscene se déclenche et il faut être prêt à réagir en une fraction de seconde pour ne pas échouer. Par moments, Asura’s Wrath se paie même le luxe de changer de genre : certaines séquences se jouent comme un shoot’em up spatial sur rails, où Asura vole dans l’espace en tirant des projectiles d’énergie, façon Panzer Dragoon ou Star Fox futuriste. La variété est là, mais ne vous attendez pas à explorer des niveaux librement ou à résoudre des énigmes : ici, c’est un couloir de fureur qui vous attend, où chaque moment de gameplay sert le spectacle et le récit avant tout. C’est un choix assumé : Asura’s Wrath brouille la frontière entre jeu et film d’animation pour offrir une expérience vraiment unique. Résultat, certains joueurs pourront trouver qu’on « joue peu » dans le sens traditionnel, mais on en prend tellement plein les yeux qu’on pardonne volontiers ce côté très dirigiste.
Pour résumer ce gameplay hors normes, voici les ingrédients spéciaux de la recette Asura’s Wrath :
- Des épisodes façon série TV : avec génériques, récap’ et “À suivre…”, pour un feeling anime authentique.
- Des QTE à gogo : préparez vos pouces, il faudra marteler, swiper, bourriner les boutons en cadence pour faire triompher Asura.
- Des combats de boss titanesques : littéralement titanesques (on y revient juste après), où chaque boss est un set-piece délirant.
- Une rage palpable : plus Asura encaisse, plus il s’énerve, plus il débloque de nouvelles formes et attaques – la colère est votre meilleure arme.
- Un mélange de genres : beat ’em up, shooter spatial, combat de kaiju cosmique… le jeu surprend constamment en changeant les règles, histoire de jamais retomber en dessous de 110 décibels.
En un mot, Asura’s Wrath propose une expérience spectaculaire avant tout. C’est un jeu qui se regarde autant qu’il se joue, une aventure interactive taillée pour ceux qui rêvent de prendre part à un épisode de shonen explosif, manette en mains et humour au rendez-vous.

L’histoire d’Asura : une vengeance épique (attention spoilers !)
Passons maintenant à l’histoire elle-même – et attachez vos ceintures, car le scénario de Asura’s Wrath est un véritable roller coaster d’émotions et de situations hyperboliques. Le jeu nous plonge dans un univers inspiré par la mythologie asiatique (avec des clins d’œil à l’hindouisme et au bouddhisme) mâtinée de science-fiction futuriste. On y incarne Asura, un général divin badass au tempérament… disons colérique (son nom signifie d’ailleurs des démons belliqueux dans la mythologie hindoue). Asura fait partie des Huit Généraux Gardiens, des demi-dieux cybernétiques chargés de protéger la planète Gaea contre une horde de monstres bestiaux nommés les Gohmas. Au début du jeu, Asura et ses sept compagnons (Deus, Yasha, Olga, Sergei, Wyzen, Augus et Kalrow) affrontent un gigantesque vilain nommé Vlitra, sorte de force maléfique qui surgit du cœur de la planète. Grâce au pouvoir de Mithra, la fille d’Asura qui sert de prêtresse pour canaliser l’énergie mystique (le Mantra), nos héros remportent la victoire… du moins en apparence.
C’est là que tout bascule : de retour au royaume céleste, Asura est trahi. L’Empereur divin est assassiné, et Asura est accusé à tort du régicide. En l’espace d’une nuit, notre brave guerrier voit son monde s’effondrer : sa femme Durga est tuée, et sa fille Mithra est enlevée sous ses yeux par ses anciens alliés. Le coupable du complot ? Son ancien ami et chef, Deus, qui ambitionne de s’approprier le pouvoir de Mithra pour “sauver le monde” à sa manière tyrannique. Asura, fou de douleur et de rage, tente de se rebeller mais se fait vaincre. Il est exécuté et envoyé dans le Naraka, une sorte d’enfer ou purgatoire hors du temps.
Mais c’est mal connaître le bonhomme : la colère d’Asura est inextinguible. Même la mort ne l’arrête pas ! Dans le Naraka, une mystérieuse Araignée d’or le titille et ravive sa haine (gentiment, tel un coach de rage personnelle). Des millénaires plus tard – 12 000 ans, rien que ça – Asura parvient à revenir parmi les vivants. Et devinez quoi ? Il est toujours furax, et il a de bonnes raisons de l’être. Durant son “absence”, ses ex-camarades sont devenus les Sept Divinités. Vénérés par les humains, ils exploitent l’énergie des âmes (le Mantra) pour alimenter leurs armes célestes, toujours sous la houlette de Deus auto-proclamé chef suprême. Et Mithra, la pauvre fille d’Asura, est retenue captive pour servir de batterie vivante à cette machine de guerre divine. Autant dire qu’Asura a la rage au ventre quand il apprend tout ça. Notre héros entame alors une quête de VENDETTA en lettres capitales, bien décidé à botter les fesses de chacun des sept traitres, même s’il doit pour cela démolir le ciel et la Terre.

Des boss démesurés et des moments cultes
La suite de l’aventure est un enchaînement de combats de boss grandioses, chacun plus fou que le précédent. Sans tout détailler (quoique…), difficile de ne pas évoquer quelques moments-clés totalement what the fuck qui font la légende d’Asura’s Wrath. Vous aimez les boss géants ? Vous allez être servis.
Le premier sur la liste de courses d’Asura est Wyzen, un colosse bedonnant, autrefois général de la Violence. Le duel commence de façon classique (punch, punch, boom), mais Wyzen ne tarde pas à prendre sa forme ultime – et là, on change d’échelle. Littéralement. Wyzen se transforme en Gongen Wyzen, un géant aussi énorme que la planète Gaea elle-même. Oui, vous avez bien lu : taille planétaire. Le bonhomme devient si grand qu’il pointe son index depuis l’espace pour écraser Asura tel une fourmi. On voit alors un doigt (certes bien nourri) s’abattre depuis l’orbite, couvrant tout l’horizon. Que fait Asura dans ce cas-là ? Abandonne-t-il ? Pas du tout ! Plutôt que de détaler, notre héros concentre toute sa rage cosmique dans ses poings et tient tête au doigt géant. Dans un QTE mémorable, on matraque le bouton pour faire monter la puissance d’Asura, jusqu’à ce qu’il explose – littéralement – la phalange de Wyzen d’un uppercut stratosphérique. La gigantesque divinité se disloque en slow motion, pulvérisée par la colère d’un seul homme (enfin, d’un seul demi-dieu). Vous trouviez les boss de Shadow of the Colossus immenses ? Ici, un colosse fait la taille d’une planète, et on l’envoie au tapis en lui éclatant le doigt. Ambiance.
Après avoir réduit Wyzen en poussière stellaire, Asura continue sa vendetta. Il affronte successivement Kalrow (un vieillard sournois planqué dans un gigantesque vaisseau spatial – il finira écrabouillé dans sa propre capsule de fuite, karma !), puis Augus, son ancien mentor qu’il considérait comme un oncle bourru. Parlons un peu d’Augus, car son combat vaut le détour niveau folie furieuse. Augus, c’est le vieux maître balafré, adepte de la philosophie “bois un coup et on règle ça en guerriers”. Il accueille Asura chez lui, dans une source chaude sur la Lune (quoi de plus normal), pour une dernière soirée de détente. Sake, geishas et souvenirs du bon vieux temps… puis l’entraînement final commence. Les deux combattants décident de se bastonner sur la surface de la Lune histoire de ne pas être dérangés. Le duel Augus vs Asura est un grand moment de n’importe quoi épique : les deux échangent des coups capables de fissurer des cratères. Augus, torse nu et moustache au vent, prend finalement l’avantage et sort son épée, une lame nommée Wailing Dark. Et là, nouvelle surenchère : Augus allonge magiquement son épée à une longueur inimaginable, et d’un coup d’estoc il transperce Asura… ainsi que la planète Terre derrière lui ! La lame s’étire à travers l’espace comme un rayon mortel, perçant le pauvre Asura et continuant sa course infinie jusqu’à Gaea. Asura est cloué sur la Terre, l’épée géante lui ayant traversé le corps de part en part et s’enfonçant dans la planète (au passage, la dernière de ses six bras mécaniques encore intacte se fait broyer). Victoire d’Augus ? Que nenni. Notre héros refuse de clamser avant d’avoir eu sa revanche. Dans un ultime acte de défi, Asura brise la lame depuis l’intérieur, libérant son corps, puis attrape le morceau brisé avec les dents (oui, oui, avec les dents !) et fonce sur Augus. Il empale alors son maître avec sa propre épée brisée, remportant le duel in extremis. Augus, troué, meurt heureux d’avoir connu un combat si incroyable, fier que son élève l’ait surpassé. On atteint ici des sommets de grandiloquence shonen digne des meilleurs épisodes de Naruto ou Dragon Ball Z – on croirait presque entendre un « Kaio-ken x100 » en fond tant l’escalade de puissance est folle.

Viennent ensuite d’autres face-à-face tout aussi mémorables. Asura affronte Sergei, le bellâtre psychopathe responsable de la mort de sa femme, et le démolit sans pitié (ce passage est particulièrement cathartique tant on avait envie de voir ce salaud payer). Il affronte aussi Olga, la stratège glaciale, et sa flotte de vaisseaux ; ce conflit déclenche une tragédie qui va pousser Asura encore dans ses derniers retranchements. En effet, Olga bombarde un village d’innocents pour tenter de détruire Asura, tuant au passage une fillette qui rappelait à Asura sa propre fille. Ce choc transforme notre héros en une incarnation démoniaque de la colère, une sorte d’Asura berserker à six bras, couleur ébène et aux yeux de feu. Incontrôlable, il devient temporairement une menace autant pour ses ennemis que pour lui-même – il faut l’intervention de Yasha (son beau-frère rival) pour le calmer. Car oui, surprise : Yasha, autrefois ennemi, finit par changer de camp. Ce fier guerrier au masque, beau-frère d’Asura et oncle de Mithra, réalise l’horreur des plans de Deus et décide d’aider Asura. Ensemble, les deux anciens rivaux s’allient pour affronter le boss final du jeu : Deus en personne.
Le combat contre Deus est l’apothéose (enfin, c’est ce qu’on croit à ce moment-là !). Deus, dont le nom n’est pas choisi au hasard, s’est octroyé le titre de “gérant du monde” et croit dur comme fer que ses méthodes justifient ses crimes. Bien décidé à stopper Asura, il révèle sa véritable puissance. Imaginez un dieu autoproclamé en costard blanc étincelant, capable de contrôler la foudre et de se battre à la vitesse de l’éclair. Le duel est ultra-stylé, façon combat final de shonen où les deux adversaires se téléportent en échangeant mille coups par seconde. À un moment, Deus fusionne avec une énorme arme spatiale (le Brahmastra, une station orbitale de la taille d’un continent) pour devenir une entité encore plus redoutable – on a presque l’impression de voir Freezer fusionner avec l’Étoile de la Mort, c’est dire. Asura et Yasha unissent leurs forces contre lui. Après un combat d’anthologie, Asura l’emporte, non sans mal. Deus, vaincu, murmure dans son dernier souffle que lui seul aurait pu sauver le monde, et que maintenant tout est perdu sans lui. Sur ces entrefaites, le sol tremble, le ciel s’obscurcit… et l’incarnation de Vlitra, la source primordiale des Gohmas, refait surface encore plus énorme qu’avant (parce qu’il faut bien un dernier boss encore plus gros, n’est-ce pas). Qu’à cela ne tienne : Asura et Yasha sautent dans la gueule du loup (littéralement, ils plongent au cœur de la planète) et parviennent à annihiler Vlitra une bonne fois pour toutes. Ouf, la menace est écartée, Mithra est enfin libérée… fin de l’histoire ?

Eh bien non ! Asura’s Wrath a plus d’un tour dans son sac et nous sort un ultime rebondissement cosmique. Au moment où tout semble réglé, l’araignée d’or – souvenez-vous, le curieux guide du Naraka – réapparaît et révèle sa véritable identité. En fait d’araignée, il s’agissait de Chakravartin, le Dieu de la Création en personne, la divinité suprême de cet univers ! Ce puppet master divin avoue avoir orchestré toute cette guerre comme un test pour trouver un successeur digne de régner sur le monde. Il voulait voir jusqu’où irait la rage d’Asura. Et il est servi… Asura n’a que faire des tests ou des offres de pouvoir : ce genre de proposition rend notre héros encore plus furieux. Ni une ni deux, il défie carrément le créateur du monde en duel. Commence alors le combat final véritable, un affrontement qui dépasse toutes les échelles connues. Chakravartin a des pouvoirs dignes d’un dieu (il contrôle galaxies et dimensions), mais la colère d’Asura atteint son paroxysme. Mithra, libérée, encourage son père et amplifie ses forces une dernière fois. Asura atteint une forme ultime baptisée Asura le Destructeur, devenant lui-même quasi-divin, débordant d’énergie rougeoyante. Dans un face-à-face cosmique, les deux se lancent des attaques qui font vaciller la création tout entière : le temps et l’espace se fracturent sous leurs coups, des planètes éclatent en arrière-plan, c’est la folie totale. Chakravartin envoie un rayon d’anéantissement pour détruire Gaea, qu’Asura renvoie d’un revers de main dans un hurlement qui ferait passer un Kamehameha pour un pétard mouillé. Finalement, grâce à un button mashing frénétique (cher joueur, accroche-toi à ta manette !), Asura l’emporte par la seule force de sa volonté et de ses poings. Le Dieu de la Création s’écroule, vaincu et abasourdi – avouons qu’il ne pensait sans doute pas qu’un petit demi-dieu mortel irait jusqu’à lui casser la figure.
La menace divine éliminée, tout pourrait enfin rentrer dans l’ordre… Sauf qu’il y a un prix à payer. Mithra révèle à Asura qu’en tuant Chakravartin, il a condamné tous les êtres alimentés par le Mantra – y compris lui-même – à disparaître. En bon héros jusqu’au-boutiste, Asura accepte son sort sans broncher : il préfère sacrifier son existence plutôt que de laisser ce dieu fou contrôler l’univers. Dans un dernier moment d’émotion (oui, malgré tout ce chaos, il y en a), Mithra pleure à chaudes larmes en comprenant que son père va mourir. Asura, dont la rage retombe enfin, la rassure d’un regard apaisé. Il s’embrase en poussière d’énergie, disparaissant dans le néant, tandis que Mithra est sauvée et que le cycle de la violence divine est brisé. Fin de l’histoire – ou presque, car une petite scène post-générique suggère la réincarnation future des âmes d’Asura et de ses proches dans un monde moderne. Mais surtout, on retient de ce final qu’Asura a littéralement frappé jusqu’au dernier boss possible : il a mis KO le créateur de l’univers lui-même. Peu de héros de jeu vidéo peuvent en dire autant ! Kratos de God of War a beau avoir occis Zeus et consorts, Asura a mis la barre encore plus haut dans la hiérarchie cosmique.

Une aventure hors du commun, entre humour et démesure
Vous l’aurez compris, Asura’s Wrath n’est pas une expérience comme les autres. C’est un défouloir narratif où l’on rit autant qu’on reste bouche bée devant l’excès permanent. Les codes du shōnen (manga d’action pour ado) y sont poussés à l’extrême et souvent tournés en dérision affectueuse : les personnages hurlent leur détermination, les retournements de situation sont plus gros que nature, et la surenchère est telle qu’elle en devient drôle par moments tant elle va loin. On pense aux combats démesurés de Dragon Ball Z, aux méchants grandiloquents d’un Fist of the North Star, aux amitiés/rivalités viriles d’un Naruto, ou encore aux situations complètement barjo d’un Metal Gear Rising: Revengeance (rappelez-vous le sénateur nanotechnologique Armstrong et ses discours délirants – Asura n’aurait fait qu’une bouchée de lui, au passage). Le jeu sait qu’il est over the top et il en joue, tout en conservant un second degré appréciable.
Malgré (ou grâce à) cette exubérance, l’histoire parvient à offrir des moments sincèrement épiques et même émouvants. La colère d’Asura n’est pas qu’un gimmick : elle naît d’une vraie injustice (on lui a pris sa famille, après tout) et elle trouve un écho universel – jusqu’où irions-nous pour sauver ceux qu’on aime ? Derrière les cris et les explosions cosmiques, Asura’s Wrath propose en filigrane la parabole d’un père prêt à affronter ciel et terre pour sa fille. Même les amateurs moins familiers des mangas peuvent apprécier ce côté universel du récit : c’est une histoire de vengeance et de rédemption, un conte de persévérance face à l’adversité absolue, mais raconté avec la flamboyance d’un comic-book sous amphétamines.
Au moment de sa sortie, le jeu a divisé les joueurs et critiques, certains applaudissant son originalité et sa mise en scène “animé interactif”, d’autres regrettant un manque de gameplay traditionnel. Il est vrai que Asura’s Wrath est plus proche d’une expérience narrative à la Heavy Rain (en infiniment plus fun et dynamique) que d’un Devil May Cry plein de combos techniques. Commercialement, il n’a pas eu le succès escompté pour justifier une suite, restant un one-shot un peu culte. Mais avec le recul, beaucoup considèrent ce titre comme un joyau sous-estimé de la génération PS3/X360, un de ces jeux qui osent tout et ne ressemblent à aucun autre.

Conclusion:
Asura’s Wrath, ou comment la colère devient un art martial olympique
Et voilà, chers lecteurs, Asura’s Wrath, c’est un peu comme si Kratos s’était abonné à Shōnen Jump, avait lu Dragon Ball, Gurren Lagann et Les Douze Travaux d’Hercule en même temps… avant de hurler pendant 15 heures d’affilée contre tout ce qui bouge, surtout s’il fait plus de 300 mètres de haut.
On y apprend que la meilleure façon de résoudre ses problèmes familiaux, c’est de devenir un dieu de la colère et de frapper ses beaux-frères cosmiques jusqu’à ce qu’ils explosent en supernovas émotionnelles. Oubliez la thérapie, ici on règle ses traumas avec des QTE bien placés et des poings capables de percer la croûte terrestre. Et franchement ? Ça fait un bien fou.
Asura, c’est le gars qui a compris que « être en colère » pouvait être une vocation. Un style de vie. Un plan de carrière même. Une sorte de gourou du burn-out qui aurait dit : « Non, je ne vais pas me reposer, je vais taper jusqu’à ce que l’univers redémarre ».
Alors oui, c’est exagéré, c’est absurde, c’est du grand n’importe quoi… mais c’est aussi spectaculaire, jouissif, et ça a plus de testostérone que trois saisons de JoJo’s en mode turbo.

Si après cette longue, voire trop longue analyse, vous voulez en savoir plus, je vous indique cette vidéo de Esquive la boule de feu :

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