Not Alone (Discrepancies 2018)

Published on

dans

Imagine un morceau capable de te motiver à soulever une voiture, affronter tes démons, payer tes impôts et envoyer enfin ce message que tu repousses depuis trois semaines. Voilà Not Alone de Discrepancies : un cocktail explosif de rap, de rock, de métal et d’énergie pure, secoué comme un Red Bull qui aurait vu trop de shōnen.

Car Discrepancies, c’est un peu comme si Linkin Park, Hollywood Undead et un coach sportif hyperenthousiaste avaient décidé de monter un groupe pour t’empêcher de broyer du noir. Résultat : une chanson qui te hurle dans les oreilles que tu n’es « pas seul », même quand tu regardes Netflix à 3h du matin avec ton chat qui te juge.

Entre flow agressif, refrains qui collent au cerveau et punchlines qui te donnent envie de refaire ta vie, Not Alone est le genre de morceau qui transforme même la corvée de sortir les poubelles en scène d’entraînement d’anime. Bref, accroche-toi : tu risques d’avoir envie d’améliorer ta vie… ou au minimum ton playlist game.

Publicités

1. Présentation du groupe Discrepancies

Discrepancies est un groupe de rap rock originaire de St. Louis dans le Missouri (oui, pas vraiment la première ville qui vient en tête pour du rock fusion, et pourtant !). Formé en 2014 autour de Antonio “ATG” Metcalf (chant/rap) et Garrett Weakley (basse), rejoints par Addison Bracher (guitare/chant) et un batteur, le groupe naît de l’envie de créer un son rap/rock authentique. Leur style mélange le hip-hop et le rock/metal de manière explosive : couplets rappés, refrains chantés accrocheurs et gros riffs de guitare sont au rendez-vous. On les compare souvent à des groupes comme Linkin Park ou P.O.D., avec ce savant cocktail de rap, de nu metal et de mélodies entêtantes. Ils se décrivent d’ailleurs eux-mêmes comme du “Real Rap Rock”, un son qu’ils affinent au fil des années en y incorporant des harmonies travaillées et une énergie très nu metal des années 2000 – imaginez un peu la rencontre de Hybrid Theory et d’une mixtape hip-hop moderne, secouez bien, et servez bien lourd 😉.

Côté membres, la formation compte donc Antonio “ATG” Metcalf au chant (il assure les parties rap et les cris du cœur), Garrett Weakley à la basse, Addison Bracher à la guitare (également chant sur les refrains mélodiques) et un batteur (Steve “Phatbeatz” DeCrow puis Zach Allard dans les dernières années). À noter qu’en 2023, Addison a quitté le groupe et a été remplacé par Brandon Bollinger à la guitare – preuve que même les meilleurs combos évoluent, un peu comme les Pokémon. Malgré ces changements, l’âme du groupe reste la même : une énergie scénique survoltée (ils sont réputés pour leurs concerts intenses) et un message d’authenticité. D’ailleurs, petite anecdote amusante sur leurs débuts : pour promouvoir leur premier single Get Hype en 2014, Antonio et Garrett ont carrément glissé des CD démo dans les sacs de burgers au drive-in où ils travaillaient – du marketing artisanal version fast-food ! 🍔🎶 Cette tactique guerrilla a payé, attirant rapidement l’attention sur leur son unique.

Discographie sélective : Le groupe n’a pas chômé depuis ses débuts et compte plusieurs sorties notables :

  • Discrepancies (EP, 2014) – leurs débuts auto-produits posant les bases rap/rock du groupe.
  • The Awakening (Album, 2016; réédition deluxe 2018) – premier album remarqué, qui s’est même classé dans les charts Billboard (n°32 des nouveaux artistes alternatifs). On y trouve notamment Not Alone, leur single phare, ainsi que Art of War et Raising the Bar. Ce disque les a propulsés sur le devant de la scène et leur a permis de tourner avec des groupes comme P.O.D., Mushroomhead ou Starset.
  • The Rise (Album, 2020) – second album sorti chez InVogue Records, contenant le single Control qui est devenu viral sur les réseaux sociaux (plus de 4 millions de streams rien que sur Spotify). Preuve que le rap rock a toujours sa place, même à l’ère de TikTok !
  • Product Of Entertainment (EP, 2023) – leur sortie la plus récente, sur laquelle le guitariste Brandon Bollinger fait ses débuts. Le titre Hands Up, sorti en single, a déjà bien chauffé les foules en concert.

Avec ces projets, Discrepancies a su se faire une place dans la scène alternative/metal en fusionnant les genres. Leurs tournées fréquentes aux côtés d’artistes variés (du rappeur Tech N9ne aux rockeurs de Sevendust) illustrent bien leur polyvalence. En somme, imaginez que Linkin Park, Hollywood Undead et Twenty One Pilots aient fait un boeuf dans un bar de St. Louis – Discrepancies pourrait en être le résultat ! Et malgré son nom (“divergences”), le groupe s’accorde sur un point : envoyer du lourd tout en faisant passer un message positif.

2. Analyse des paroles de Not Alone

Thèmes abordés et message principal

Les paroles de Not Alone plongent tête la première dans des thématiques sombres et introspectives. Dès les premiers vers, on comprend que l’on n’est pas là pour chanter Au clair de la lune : « I’ve fallen down, darkness is the victor, Demons crowd around, dancing as they whisper » (“Je suis tombé, l’obscurité l’a emporté. Les démons m’encerclent, dansant en chuchotant”). Ambiance joyeuse, n’est-ce pas ? On est loin du Happy de Pharrell Williams ! Ces “démons” qui murmurent des « words of impending doom » (“des mots annonciateurs de malheur”) représentent les pensées négatives, la dépression et l’angoisse qui assaillent le narrateur. En gros, le chanteur décrit la bataille intérieure contre la dépression, avec des images fortes de chute dans les ténèbres, de voix intérieures qui alimentent le désespoir.

Le message principal qui émerge de la chanson, cependant, est à l’opposé d’un abandon fataliste. Comme le titre l’indique, Not Alone veut rappeler à l’auditeur… qu’il n’est pas seul. Antonio Metcalf, le chanteur, a expliqué avoir puisé dans sa propre expérience de la dépression et observé celle des autres pour écrire ce morceau, avec un objectif clair : « capturer ce qu’on ressent quand on est au plus bas (…). Le but est de sensibiliser pour que ceux qui ont leurs propres problèmes sachent qu’il y a de l’espoir et qu’ils ne sont pas seuls ». En filigrane des couplets sombres se dessine donc un refrain porteur d’espoir. La chanson agit comme une main tendue à ceux qui luttent dans l’obscurité : Not Alone reconnaît la douleur (« Everything is fine, yo it’s all in your mind… chill » – ces phrases qu’on se répète sans y croire, traduisant le décalage entre ce qu’on nous dit et ce qu’on ressent réellement), mais offre aussi du réconfort en affirmant qu’on peut s’en sortir et que d’autres partagent ce combat. En somme, c’est un peu la version rap-rock du “tu n’es pas seul, on est ensemble dans galère” – un thème universel qui fait mouche auprès des fans, d’où le succès viral du morceau (plusieurs millions de vues sur YouTube en un an, preuve que beaucoup se sont reconnus dans ce message).

Style d’écriture et ton

Le style d’écriture de Not Alone est à l’image du groupe : percutant, sincère et hybride. Les couplets sont rappés par ATG avec un flow énergique, truffé de rimes internes et de punchlines émotionnelles. Il n’hésite pas à mettre des mots crus sur ses pensées les plus noires. Par exemple, il évoque l’insomnie, ces pensées obsédantes qui « keep me up nightly » (me tiennent éveillé chaque nuit) et la difficulté de s’en défaire. Le ton y est brutalement honnête, presque désespéré, avec une touche de colère rentrée – on sent l’influence du rap dans cette façon de tout déballer sans filtre, à la Eminem ou à la NF (pour citer un rappeur contemporain qui aborde aussi ses démons intérieurs). On pourrait croire lire le journal intime d’une âme tourmentée, mis en rimes. Ce contraste entre le vocabulaire sombre (démons, ténèbres, chute, etc.) et quelques expressions familières du genre « it’s all in your mind… chill » donne un réalisme au texte : c’est le mec qui lutte mais qui essaie de se rassurer comme il peut, avec un « détends-toi, tout est dans la tête » peu convaincant.

Puis arrivent les refrains chantés, qui apportent un changement de ton notable. La voix s’élève (assurée sur l’enregistrement studio par Addison Bracher, le guitariste/chanteur, qui apporte un timbre clair en contraste du rap) et le registre devient plus mélodique et fédérateur. Le refrain de Not Alone est conçu pour être repris en chœur par le public – on parle de “sing along chorus”, ces refrains taillés pour que tout le monde les chante à tue-tête. Le ton y passe de l’introspection sombre à l’espoir lumineux. C’est un procédé classique dans le nu-metal/rap rock : exactement comme Linkin Park savait le faire, avec Chester Bennington qui arrivait avec un refrain émouvant après les couplets rappés de Mike Shinoda, Discrepancies joue sur cette dualité rap/chant pour intensifier le message. Le contraste couplet/refrain sert la narration émotionnelle : on part du fond du trou dans les couplets, puis on est comme soulevé vers la lumière au refrain. D’ailleurs, musicalement et lyricalement, le refrain martèle l’idée-force (“not alone”, répété tel un mantra) dans un registre beaucoup plus positif et galvanisant. Le ton général de la chanson évolue ainsi d’un désespoir lourd vers une détermination courageuse. On passe de « je suis brisé » à « je vais m’en sortir et je vous assure que vous n’êtes pas seuls ». Malgré la gravité du sujet, il y a une lueur d’optimisme qui transpire, sans tomber dans le gnangnan – on reste dans du motivant authentique, pas dans le slogan de coach de vie cheap. En clair, Not Alone réussit l’équilibre entre détresse et espoir, avec un style d’écriture accessible (chacun peut comprendre et sentir les émotions décrites) et un ton à la fois sombre et réconfortant. C’est un peu comme si la chanson nous faisait un câlin après nous avoir secoué – on apprécie le geste, et ça fait du bien au moral.

(Et puis glisser un message d’entraide dans un morceau qui tabasse autant, c’est finalement très punk-rock dans l’âme : de la révolte, de l’émotion, et de la solidarité !)

Publicités

3. Analyse de la musique de Not Alone

Genre et influences musicales

Musicalement, Not Alone s’inscrit en plein dans le rap rock/nu metal moderne. Le groupe revendique des influences allant du rock alternatif au hip-hop pur et dur, et ça s’entend. On retrouve l’ADN de groupes comme Linkin Park, Papa Roach ou Hollywood Undead dans ce morceau : des guitares lourdes côtoient des beats et un phrasé rap, avec cette énergie caractéristique du crossover rock/rap des années 2000. Pour autant, Discrepancies apporte sa touche personnelle au genre. Ils intègrent quelques éléments metal plus récents (on parle parfois de nu-metalcore à leur sujet) – par exemple, dans Not Alone, certains riffs de guitare flirtent avec le metalcore et laissent transparaître une influence metal moderne à la Bring Me The Horizon ou I Prevail. Le résultat est un mélange éclectique : Not Alone balance du rock alternatif mâtiné de metal et de hip-hop, exactement comme le décrit leur dossier de presse “heavy rock riffs, rap verses and sing-along choruses”. En d’autres termes, c’est un titre hybride où un couplet pourrait plaire aux fans de rap US tandis que le refrain fera lever les bras des aficionados de rock dans les festivals. Cette capacité à fusionner les genres leur vaut d’ailleurs d’être comparés à Linkin Park (on y revient encore, mais c’est dire si la filiation est forte) – Not Alone aurait très bien pu figurer sur la BO d’un film ado des années 2000 aux côtés de In The End tant il capture ce style rap/rock émotionnel.

Côté ambiance, le morceau oscille entre la fureur du rock/metal et la gravité du rap conscient. On n’est pas du tout dans le rap festif ou le rock glamour : Not Alone se situe dans un registre introspectif et intense, avec un son dur qui sert de véhicule à des émotions vulnérables. Cette dualité fait sa richesse. En termes de comparaisons culturelles, on peut penser à des morceaux comme Numb de Linkin Park ou Last Resort de Papa Roach, qui mélangeaient eux aussi des riffs costauds avec des paroles sur le mal-être. Discrepancies s’inscrit dans cette tradition, tout en actualisant la formule pour la génération streaming. Imaginez : si on faisait une playlist “motivation pour jours difficiles”, on pourrait enchaîner un Not Alone après un Car Radio de Twenty One Pilots – le style musical est différent, mais la mission est un peu la même (énergie cathartique et identification aux paroles). En somme, Not Alone coche la case du bon gros rap metal puissant, tout en étant assez mélodique pour parler au grand public rock.

Structure du morceau et instrumentation

Not Alone présente une structure classique dans le format chanson rock, avec une intro instrumentale brève, des couplets, refrains, un pont, etc., mais optimisée pour mettre en valeur le contraste rap/chant. Le couplet démarre généralement assez dépouillé du côté mélodique pour laisser la place au rap : la voix d’Antonio “ATG” est au centre, débitant ses vers sombres soutenue par un riff de guitare lourd en arrière-plan et une section rythmique bien charpentée. La guitare d’Addison Bracher envoie des riffs saturés dès l’intro, posant une ambiance tendue. La basse de Garrett Weakley est bien présente également, avec une ligne groovy et épaisse qui renforce le côté hip-hop tout en ajoutant du punch rock. À la batterie, ça claque fort : grosse caisse et caisse claire alternent dans un rythme martial, presque militaire par moments, ce qui donne un sentiment d’avancée implacable dans les couplets. D’après un critique, même quand le groupe “laisse de la place aux couplets rappés d’Antonio, l’agressivité instrumentale ne faiblit pas” – la caisse claire continue de marteler et la double pédale de grosse caisse reste active. En clair, le morceau garde une tension constante.

Arrive alors le refrain, qui opère un saut dynamique. Musicalement, les guitares s’ouvrent sur des accords plus larges (moins de palm-mute étouffé, plus d’accords plaqués) pour donner une sensation d’ampleur. La mélodie de chant s’appuie sur ces guitares plus harmonieuses, et on entend même des “harmonies vocales” en backing vocals – c’est là qu’on retrouve les “killer harmonies” dont le groupe est friand et qui ajoutent de la profondeur au refrain. La structure couplet-refrain joue ainsi sur un effet stop-and-go : couplet serré, compact, puis refrain qui explose dans une envolée lyrique. On a clairement un schéma couplet (rap agressif) → pré-refrain (montée en tension) → refrain (décharge émotionnelle). Après le deuxième refrain, on trouve un pont musical (bridge) où le groupe se lâche : souvent, c’est là que le breakdown ou le solo pourrait intervenir. Dans Not Alone, c’est plutôt un breakdown dans l’esprit – la musique devient plus pesante, avec un riff peut-être ralenti et des accentuations de batterie qui donnent envie de faire du headbang. Le pont sert de climax instrumental, soulignant le paroxysme de la lutte intérieure décrite. On pourrait presque s’attendre à un cri guttural ou un scream à la fin du bridge pour évacuer la rage, tant la tension est forte (si ce n’est pas le cas sur la version studio, en live ils pourraient très bien le faire car ce passage s’y prête). Enfin, le dernier refrain revient, encore plus intense – souvent le chanteur monte d’un cran, ajoute des variations vocales pour faire sentir qu’on a atteint la délivrance. Et le morceau se conclut généralement en apothéose, éventuellement sur la répétition de la phrase “you’re not alone” comme un écho final d’espoir.

Niveau technique pure, le morceau reste dans des terrains connus mais maîtrisés : tonalité probablement en accordage drop (comme du Drop C# ou Drop D) pour donner ce son grave et massif aux guitares, tempo medium/rapide (suffisamment entraînant sans être du thrash non plus), et structure 4/4 classique. La prouesse est surtout dans la cohésion des éléments : chaque instrument a son rôle pour renforcer le mélange des genres. La guitare sert autant à apporter de la mélodie (dans le refrain) que de la rythmique saccadée (sur les couplets pour soutenir le flow du rap). La batterie, quant à elle, fait le grand écart entre groove hip-hop (charleston bien marqué sur le beat, feeling un peu bounce) et frappe metal (grosse caisse doublée, cymbales crash éclatantes sur les temps forts). On sent que le batteur a autant écouté du rock alternatif que du rap US. Quelques éléments électroniques discrets se glissent possiblement en fond – par exemple un léger synthé ou des samples atmosphériques en intro – mais le morceau reste dominé par les instruments organiques. Pas de DJ aux platines ici, Discrepancies n’emprunte pas le côté turntables de Limp Bizkit ; ils misent plutôt sur la puissance du groupe de rock live.

Éléments émotionnels et impact

Sur le plan émotionnel, Not Alone est construit pour prendre l’auditeur aux tripes. La progression musicale épouse parfaitement le propos des paroles : les couplets tendus mettent l’auditeur dans un état d’anxiété (on ressent presque l’oppression via ces accords mineurs et ce rythme marteau), puis le refrain libère une émotion plus lumineuse qui donne presque envie de lever le poing. C’est le genre de chanson cathartique où l’on peut à la fois frapper du pied et headbanger sur les couplets, puis chanter à pleins poumons le refrain l’instant d’après, la larme à l’œil mais le sourire aux lèvres. D’un point de vue sonore, le passage du rap au chant s’accompagne d’une montée en mélodie qui provoque ce frisson musical : c’est souvent là que l’auditeur sent son adrénaline monter et, si le morceau lui parle, c’est le frisson garanti (vous savez, ces petits poils qui se dressent pendant un bon refrain rock…).

Techniquement, le groupe joue beaucoup sur les dynamics (variations d’intensité) pour générer cette émotion. Ils passent d’un registre presque minimaliste pendant quelques mesures (basse + batterie en avant, guitare en sourdine, voix posée) à tout le groupe qui entre fort d’un coup. Ces contrastes renforcent l’impact de chaque section. Un exemple marquant est la transition pré-refrain → refrain : on peut avoir un court silence ou un break avant que le refrain n’explose, ce qui décuple l’effet. C’est un procédé classique, certes, mais diablement efficace, et Discrepancies l’utilise avec un sens du timing maîtrisé.

L’impact émotionnel de Not Alone vient aussi du fait que la musique n’est pas là juste pour “sonner cool” – elle appuie le message. Quand Antonio rappe des lignes lourdes de sens, la guitare fait gronder un riff tout aussi lourd, comme un écho de sa colère ou détresse. Inversement, quand il clame “not alone” sur le refrain, la musique s’élève en même temps que lui, majorant le côté hymne. On se retrouve avec un morceau qui motive autant qu’il émeut. C’est un équilibre que peu de genres permettent aussi bien que le rap rock : l’agressivité instrumentale sert de catharsis, tandis que l’aspect chanté mélodique ouvre la porte à l’émotion explicite. En écoutant Not Alone, on a envie de hocher la tête furieusement et de serrer le poing en signe de solidarité. Ce n’est pas juste une chanson, c’est quasiment un cri de ralliement pour tous ceux qui traversent des moments difficiles.

Enfin, on soulignera le rôle important de la voix dans l’émotion véhiculée : Antonio “ATG” a un timbre qui peut passer du rap incisif à un chant mi-parlé plein de vulnérabilité. Et quand il est soutenu par les chœurs d’Addison sur le refrain, l’harmonie créée ajoute une dimension poignante (le mélange de leurs voix, l’une puissante, l’autre plus claire, crée une sensation d’unité, comme si deux personnes s’unissaient – pile le propos de la chanson). En termes d’émotion pure, on est servis : si vous avez déjà crié « I’ve become so numb » en écoutant Linkin Park, vous risquez fort de chanter « You’re not alone » le poing en l’air en écoutant Discrepancies. Et avec un grand sourire à la fin, parce que mine de rien, ça fait du bien par où ça passe.

4. Analyse du clip officiel de Not Alone

Style visuel et mise en scène

Le clip officiel de Not Alone adopte un style visuel en cohérence totale avec le thème sérieux de la chanson : sombre, intense, et authentique. Pas de paillettes ni de Lamborghini au ralenti ici, on est plutôt dans une ambiance à la fois mélancolique et énergique. La mise en scène alterne typiquement entre deux types de plans : d’une part, le groupe en performance et d’autre part, une narration visuelle illustrant la solitude et la détresse. Les scènes de performance montrent les membres de Discrepancies en train de jouer le morceau avec passion – on les voit souvent dans un décor industriel ou minimaliste (imaginez un entrepôt abandonné ou un studio plongé dans la pénombre, avec juste ce qu’il faut de lumière pour les distinguer). Ce choix de décor est classique du genre rap/rock : brut, sans artifices, presque claustrophobique, afin de refléter l’intensité brute de la musique. La réalisation use de couleurs froides et désaturées, beaucoup de noirs, de bleus sombres, peut-être un éclairage légèrement stroboscopique par moments au rythme de la batterie. Tout est fait pour créer une atmosphère oppressante au début, à l’image des ténèbres dont parlent les paroles.

Parallèlement, le clip intègre des scènes racontant une histoire (ou au moins une série d’images symboliques). On y découvre, par exemple, un personnage solitaire – cela pourrait être un adolescent enfermé dans sa chambre, ou un homme assis seul dans un espace vide – bref, une personne représentant l’auditeur en proie à ses démons intérieurs. La caméra s’attarde sur des détails évocateurs : un regard perdu, des mains qui tremblent, des murs couverts de graffitis ou de photos froissées, que sais-je. Ce genre de détails visuels souligne l’isolement et la détresse du protagoniste. La mise en scène est sobre mais efficace : plans serrés sur le visage pour capter l’émotion (larmes retenues, expression de colère ou de tristesse), mouvements de caméra un peu saccadés pendant les moments de tension (pour traduire l’anxiété, le mal-être), puis plans plus stables et larges quand le personnage commence à reprendre le dessus ou à trouver une lueur d’espoir. On peut parier qu’au climax de la chanson (le pont musical et le dernier refrain), le montage s’accélère et devient franchement explosif : coupes rapides entre le groupe qui joue de plus en plus fort (on imagine le chanteur hurlant dans son micro, le guitariste en transe sur son manche) et le personnage qui vit son moment de crise puis de libération.

Visuellement, le clip n’hésite pas à appuyer le côté sombre : éclairage en contre-jour, ombres mouvantes – peut-être même des effets de mise en scène comme des silhouettes floues qui entourent le protagoniste (pour figurer les fameux “démons” dont il est question dans la chanson). À un moment, on pourrait très bien voir le personnage se couvrir les oreilles comme pour se protéger de voix imaginaires, tandis qu’autour de lui les lumières vacillent. Le réalisateur (John Fleischmann, d’après les crédits) emploie une imagerie quasi cinématographique pour traduire les émotions : on pense aux tonalités sombres de certains clips de Evanescence ou de Three Days Grace où la douleur intérieure est représentée visuellement par des décors décrépits et des jeux d’ombre et de lumière. Ici, pas de gothique flamboyant, mais une sobriété qui rend le tout crédible – on a presque l’impression de voir une scène de vie réelle, ce qui rend le message plus percutant.

En termes de style pur, on peut noter que le montage suit la musique de près : lors des couplets rappés, les coupes sont peut-être un peu plus rapides, collant au rythme saccadé du flow. Pendant le refrain, la caméra peut tourner autour du chanteur en plan large, donnant un effet d’élévation (un peu comme la musique s’élève). Il n’est pas impossible que le clip utilise aussi quelques effets visuels subtils – par exemple un ralenti sur une cymbale qu’on voit se faire frapper en slow-motion avec les gouttes de sueur qui volent, ou un léger tremblement de l’image quand le protagoniste craque nerveusement – histoire d’amplifier l’intensité ressentie. Globalement, le rythme visuel est syncopé et nerveux pendant une bonne partie du morceau, puis plus large et libérateur sur la fin. C’est le genre de réalisation qui tient le spectateur en haleine, en créant d’abord un malaise visuel puis en offrant un exutoire dans les dernières secondes.

Symbolisme et lien avec les paroles

Le clip de Not Alone est riche en symbolisme visuel, qui sert de miroir aux paroles. Chaque élément ou presque fait écho à une image du texte ou à une émotion évoquée. Par exemple, lorsque le chanteur parle des « darkness » (ténèbres) et des « demons » qui l’entourent, le clip peut littéralement plonger le personnage principal dans l’obscurité, avec des ombres mouvantes sur les murs suggérant des présences oppressantes. On peut imaginer des silhouettes floues ou des gens qui passent en arrière-plan sans interagir, symbolisant le fait d’être entouré de monde mais de se sentir seul – une belle métaphore visuelle de l’isolement mental. De même, si à un moment les paroles suggèrent la folie ou la confusion (“dancing as they whisper words of impending doom…”), la vidéo pourrait montrer le protagoniste se débattant face à des voix intérieures : peut-être le voit-on crier sans qu’aucun son ne sorte, ou se regarder dans un miroir qui se brise (classique mais efficace pour figurer la fracture intérieure).

Le lien avec les paroles est d’autant plus fort que le groupe a voulu, selon Antonio, « capturer ce que la dépression fait ressentir quand on est au plus bas ». Ainsi, chaque choix de mise en scène a vocation à illustrer un aspect de la dépression. La solitude physique du personnage dans le clip correspond à la solitude émotionnelle décrite dans le texte. S’il y a des scènes où l’on voit le personnage dans un lieu public (par exemple marcher seul dans une rue bondée, ou assis à une table alors que d’autres gens sont autour mais flous), c’est pour montrer qu’on peut se sentir seul même entouré – un message que beaucoup de personnes en souffrance comprennent. À l’inverse, lorsque le refrain apporte l’idée qu’il y a de l’espoir et qu’on n’est “pas seul”, le clip commence à introduire des éléments plus positifs. Par exemple, la lumière peut évoluer : un éclairage plus chaud, un rayon de soleil qui perce enfin dans la scène finale (après trois minutes de pénombre, voir un halo lumineux sur le protagoniste, ça marque le coup). C’est le symbole classique de la lumière au bout du tunnel, et on parie que le réalisateur n’a pas manqué de l’utiliser. Peut-être voit-on aussi un autre personnage apparaître à la fin – par exemple un ami qui pose la main sur l’épaule du protagoniste, ou simplement quelqu’un qui lui tend la main pour l’aider à se relever. Ce geste, s’il est présent, symboliserait parfaitement le “Not Alone” du titre : concrètement, montrer que quelqu’un est là pour lui. Même si ce n’est pas littéralement montré, on peut avoir un équivalent métaphorique, comme le protagoniste qui sort de chez lui et trouve le groupe en train de jouer dehors (le groupe tenant lieu de “communauté” qui l’accueille).

Le symbolisme passe aussi par les objets ou décors : un carnet de notes déchiré (représentant des pensées sombres couchées sur le papier puis abandonnées), des pilules renversées sur le sol (allusion à la santé mentale, la médication, ou même une tentative dramatique – c’est courant dans les vidéos traitant de dépression), une photo de famille qu’il regarde avec regret, etc. Chaque petit détail peut référer à un aspect de la lutte interne. Par exemple, s’il y a un réveil qui clignote 3hAM, c’est le symbole des nuits blanches torturées (en lien avec les paroles sur les pensées qui empêchent de dormir). Si l’on voit le personnage frapper dans un mur, c’est la représentation physique de la colère et frustration qu’il ressent. Le clip peut aussi jouer sur les couleurs pour le symbolisme : des teintes gris-bleu pour la tristesse, et peut-être une légère saturation des couleurs en fin de clip quand l’espoir revient (un filtre moins froid pour signifier que la vie reprend des couleurs, littéralement).

En termes de mise en relation avec les paroles, le clip semble presque être une illustration mot pour mot du texte, mais transposée visuellement. Quand la chanson dit “You are not alone” sur la fin, on pourrait très bien voir le personnage principal lever les yeux et apercevoir quelqu’un (ou croiser le regard du chanteur, qui sait) – une manière de briser le quatrième mur et de faire comprendre qu’un lien s’est établi. D’ailleurs, un choix fréquent dans ce genre de clip est de faire en sorte que le protagoniste de l’histoire regarde la performance du groupe (par exemple, il tombe par hasard sur le concert du groupe dans le clip, ou il regarde une télé où le groupe joue la chanson). Ce stratagème permet de lier fiction et performance et de dire : “la musique elle-même est ce qui aide à ne pas se sentir seul”. On ne sait pas si c’est utilisé ici, mais ce serait tout à fait dans le ton.

L’émotion véhiculée par le clip est en totale adéquation avec celle de la chanson. Les images viennent renforcer l’identification : en voyant quelqu’un souffrir à l’écran, puis relever la tête, l’auditeur-spectateur se sent compris et encouragé. Il y a fort à parier qu’à la fin du clip, la mise en scène offre une conclusion positive : par exemple le personnage sort de l’obscurité, ouvre une porte vers l’extérieur où la lumière du jour l’inonde, signe qu’il est prêt à continuer malgré les épreuves. C’est une conclusion visuelle optimiste qui colle au message d’espoir des paroles. Le groupe a voulu montrer qu’après la pluie vient le beau temps, sans pour autant trivialiser la douleur ressentie auparavant.

En terme de références culturelles, on pourrait rapprocher ce clip de Breaking the Habit (Linkin Park) – bien que celui-ci soit en animation, il montrait aussi un personnage aux prises avec ses démons et se terminait par une forme de délivrance. Ou encore du clip Pain de Three Days Grace, qui utilisait des métaphores visuelles de la douleur mentale. Not Alone s’inscrit dans cette lignée de vidéos musicales qui cherchent à sensibiliser sur la dépression tout en offrant un message de solidarité. Ce n’est pas juste du divertissement, c’est presque un mini-film de sensibilisation sur le thème “il ne faut pas garder tout ça pour soi, d’autres comprennent ce que tu vis.”

Publicités

5. Conclusion:

En résumé, Not Alone, c’est un peu comme si un coach de vie hyper motivé, un rappeur sous caféine et un rocker avec un cœur en mousse s’étaient donné rendez-vous pour te dire :
“Hé. Respire. On est là. Tu ne vas nulle part tout seul.”
(En vrai merci les gars, mais laissez-moi au moins aller aux toilettes tranquille.)

Le morceau te hurle dans les oreilles que tu n’es pas seul… à un point où tu finis par regarder derrière toi dans le couloir, au cas où le chanteur serait physiquement caché derrière une porte avec un mégaphone.
Et le clip ? Entre les murs qui se fissurent, les éclats de colère et la fusion rap-rock, tu te sens tellement porté que t’as presque envie de crier :
“Ok les gars j’ai compris, je vais bien ! Enfin… je crois.”

Bref : Not Alone, c’est le genre de chanson qui te met une claque émotionnelle, un câlin sonore, et un petit coup de pied au moral en même temps.
Un vrai pack 3-en-1.
Si Discrepancies vendait ça en supermarché, ce serait rangé entre les piles LR6 et les boissons énergétiques.

Unique
Mensuellement
Annuellement

Réaliser un don ponctuel

Réaliser un don mensuel

Réaliser un don annuel

Choisir un montant

€5,00
€15,00
€100,00
€5,00
€15,00
€100,00
€5,00
€15,00
€100,00

Ou saisissez un montant personnalisé :


Votre contribution est appréciée.

Votre contribution est appréciée.

Votre contribution est appréciée.

Faire un donFaire un don mensuelFaire un don annuel

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Le blog de Princessemonokéké

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture