If I could Skindred (2023)

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Il y a des chansons qui parlent d’amour, d’autres qui parlent de douleur, puis il y a If I Could de Skindred… qui te donne l’impression que même tes problèmes ont envie de se lever et de danser. Benji Webbe pourrait te lire un avis d’imposition que tu bougerais quand même la tête. Ici, le groupe mélange reggae, metal, énergie volcanique et cette impression que quelqu’un t’a versé un Red Bull directement dans l’âme.

Résultat : tu t’attendais à une ballade sentimentale, tu te retrouves dans un moshpit émotionnel où on te dit “si je pouvais… je ferais les choses autrement”, mais avec un groove tellement puissant que tu te demandes si le remords n’aurait pas intérêt à devenir un sport olympique.

Bref, If I Could, c’est un peu comme envoyer un message d’excuse… mais en mode turbo, dreadlocks au vent, et ampli à fond.

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Skindred : Histoire d’un groupe hors normes

Des cendres de Dub War au ragga-metal explosif

Skindred voit le jour en 1998 à Newport, au Pays de Galles, sur les ruines fumantes de l’ancien groupe Dub War. Le chanteur Benji Webbe, frustré par la fin houleuse de Dub War, décide de monter une nouvelle formation en mêlant ses amours musicaux : le ragga/dancehall et le metal. Le résultat ? Un style unique que le groupe qualifie lui-même de « ragga metal ». En français dans le texte, on pourrait parler de « metal à dreadlocks », tant Skindred fusionne l’agressivité des riffs avec l’énergie du reggae. D’ailleurs, Benji plaisantait en disant qu’ils font du « nu-reggae » en clin d’œil au nu metal – oui, le sens de l’humour était déjà là dès la description du style !

Dès son premier album Babylon (2002), Skindred impose sa patte : des grosses guitares, des beats empruntés au ragga et une voix capable de rugir comme un lion puis de chanter en mode reggae lover l’instant d’après. L’album, produit par Howard Benson, sort modestement au Royaume-Uni mais cartonne aux États-Unis : Babylon atteint la 1ère place du Billboard Reggae Albums (!) et le single « Nobody » se hisse dans le Top 20 des charts rock US. Imaginez la scène : un groupe gallois inconnu qui grille la politesse à Bob Marley sur le classement reggae, tout en faisant pogoter les fans de metal – un bel exploit, et un beau choc culturel ! Ce mélange inédit vaut à Skindred la réputation (un brin exagérée mais révélatrice) d’avoir inventé le reggae metal. En tout cas, la presse s’accorde à dire qu’aucun autre groupe ne sonne comme eux à l’époque. Skindred est un ovni musical, et il adore ça.

Line-up : un gang presque immuable

Fait rare dans le milieu du metal (où les changements de membres sont aussi fréquents que les solos de guitare), Skindred a gardé presque la même équipe depuis ses débuts. Le charismatique frontman Benji Webbe (chant) et le bassiste Dan Pugsley sont présents depuis la formation en 1998. En 2002, deux comparses rejoignent l’aventure : Mikey Demus à la guitare et Arya Goggin à la batterie. Ces deux-là remplacent les membres d’origine (Jeff Rose et Martyn Ford) partis voguer vers d’autres horizons, et depuis, plus personne n’a bougé d’un iota. On a affaire à un vrai gang soudé ! En 2011, un cinquième larron, Dan Sturgess (alias « DJ Dan »), est venu prêter main forte aux programmations, samples et claviers, ajoutant une dose d’électro dans le mix du groupe.

Cette stabilité du line-up explique sans doute la cohésion du son Skindred. On sent une complicité musicale entre ces gaillards : ça groove et ça riff dans une alchimie quasi-télépathique. Benji, toujours prompt à la métaphore, compare souvent le groupe à une famille (un peu frappadingue sur les bords) dans laquelle chacun sait ce que l’autre va faire avant même qu’il ne le fasse. Résultat : plus de 25 ans d’existence et une formation intacte – en voilà, de la longévité rock’n’roll ! (Les Rolling Stones peuvent aller se rhabiller… façon de parler).

Un style musical inclassable (ragga-metal, punk et folie douce)

Comment décrire la musique de Skindred à quelqu’un qui n’y a jamais goûté ? On pourrait dire que c’est du heavy metal passé au shaker avec du reggae, du punk, du hip-hop et de l’électro – un cocktail Molotov musical servi avec un grand sourire. Sur un morceau de Skindred, il n’est pas rare d’entendre :

  • Une riff de guitare ultra heavy accordée très bas, digne du metal alternatif (Mikey Demus sait faire vrombir sa six-cordes comme un dragster) ;
  • Une section rythmique basse/batterie au groove quasi funky ou punk hardcore selon l’humeur (Dan Pugsley peut slapper comme un rasta ou pilonner comme un métalleux, et Arya Goggin matraque ses fûts avec l’énergie du punk) ;
  • Des samples et claviers discrets mais efficaces, hérités du nu metal et de l’electronica, qui viennent épicer le tout d’effets futuristes.

Et par-dessus, LA voix de Benji Webbe, véritable couteau suisse vocal. Il peut rugir façon ragga/dancehall avec un accent jamaïcain sorti de nulle part, rapper en rythme, pousser des cris hardcore ou chanter de façon mélodique et accrocheuse. Cette capacité à passer du chant clair velouté aux hurlements en un clin d’œil est l’une des marques de fabrique du groupe. On danse et on headbang en même temps sur Skindred, c’est du « deux en un ». D’ailleurs, Skindred est souvent comparé aux Bad Brains, pionniers du mélange reggae/punk dans les années 80. Sauf qu’avec Skindred, on a branché la prise sur le 220 volts et ajouté un amour immodéré pour le riff metal qui tache. Comme le dit la légende, « Skindred ne ressemble à personne, sauf peut-être à une bagarre entre Bob Marley et Metallica » – on vous laisse visualiser la scène.

Benji lui-même aime jouer avec les étiquettes. Un jour, en plaisantant, il a qualifié la musique de Skindred de « nu-reggae ». Imaginez du reggae boosté aux stéroïdes du nu metal… C’est exactement ça. Les puristes du reggae haussent peut-être le sourcil, les puristes du metal aussi d’ailleurs, mais qu’importe : Skindred fait fi des purismes. Le groupe préfère fédérer tout le monde dans un grand délire sonore. Ragga-metal, alternatif, appelez-ça comme vous voulez – eux s’amusent trop pour coller à un genre.

Et ils le font bien : sur huit albums studios à ce jour, Skindred a toujours su se réinventer sans jamais perdre son identité. Du groove juvénile et un peu brut de Babylon (2002) au son plus poli et électro de Volume (2015), en passant par l’énergie punky de Roots Rock Riot (2007) et les expérimentations dub/électro de Union Black (2011), le groupe a exploré un large spectre. Leur album Smile (2023), dont est tiré If I Could, est comme un résumé de tout ce parcours : on y trouve du gros riff bien metal, du reggae pur jus, de la pop catchy et même des touches de dubstep, un vrai grand écart musical totalement assumé. Skindred refuse de choisir une case et c’est tant mieux – on les aime indomptables et inclassables, comme un tigre à crête verte sorti de l’arche de Noé musicale.

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If I Could de Skindred : quand le ragga-metal brise des cœurs (avec le sourire)

Couverture de l’album Smile (2023) de Skindred, sur lequel figure If I Could. Un visuel orageux pour un album pourtant intitulé « sourire ». La chanson If I Could du groupe gallois Skindred est un OVNI musical qui mêle colère, chagrin et énergie ragga-metal. Imaginez un cocktail explosif : une base de heavy metal brûlant, un zeste de reggae dansant, et une bonne dose d’émotion sincère. Le résultat donne envie de headbanguer furieusement tout en écrivant une lettre de rupture – le tout avec un petit sourire en coin. Oui, vous avez bien lu : on peut très bien lancer un pogo tout en pleurant sur ses ex (ou sur 2020), et on va voir comment, avec humour et second degré.

Un ragga-metal sentimental, vraiment ?

Skindred nous a habitués à des hymnes festifs et survitaminés, mais If I Could prend tout le monde à contre-pied en dévoilant une facette plus vulnérable. Il s’agit d’une ballade ragga-metal – si, si, ça existe – qui aborde des thèmes sérieux comme la douleur et la trahison. D’ailleurs, Benji Webbe (le chanteur) a confié que ce titre puise son inspiration dans le marasme du confinement de 2020 et tout ce qu’il a coûté moralement. On est loin de la simple chanson d’amour loupé : c’est une thérapie musicale post-apocalyptique, un exutoire né des heures sombres où l’on rêvait d’effacer une partie de notre réalité. Qui a dit qu’on ne pouvait pas être à la fois furieux et sincère en rythme syncopé ?

Paroles en mode « Thanos a le cœur brisé »

Dès les premiers mots, le ton est donné : « I would erase you if I could » – en gros, « Je t’effacerais si je le pouvais ». Benji Webbe dégaine son Neuralyzer de Men in Black et menace d’effacer purement et simplement la source de son tourment. Est-ce une ex toxique qu’il voudrait voir disparaître façon claquement de doigts de Thanos ? Ou carrément l’année 2020 elle-même, personnifiée en méchant à abattre ? Quoi qu’il en soit, les paroles poussent l’hyperbole jusqu’à l’absurde : il parle d’instaurer un embargo contre ton pays et compare l’adversaire à un « voleur dans la nuit ». On frôle le diplomatique dans le règlement de comptes amoureux – imaginez une rupture si dramatique qu’elle mérite des sanctions de l’ONU, rien que ça. Et au détour d’une ligne, Benji balance même une image osée (histoire de bien appuyer là où ça fait mal) : « sitting on that dick was no accident » – on vous laisse apprécier la poésie de la formule. En clair, quelqu’un l’a bien cherché, et notre chanteur furibard sort l’artillerie lourde des métaphores vengeresses. C’est du sérieux habillé d’un ton décalé, comme si Adele écrivait une chanson de rupture après avoir binge-watché Game of Thrones sous Red Bull.

Des riffs furieux aux accalmies reggae : le grand écart musical

Musicalement, If I Could nous balade entre tempête et accalmie comme des montagnes russes émotionnelles. D’un côté, on a des riffs de guitare lourds et furieux dignes d’un Godzilla en colère, de l’autre, des passages plus doux où la voix de Benji se fait presque cajoleuse – du velours sur du métal en fusion. Cette alternance contraste fortement et amplifie l’émotion du morceau, un peu comme un yoyo qui passerait de « je vais tout casser » à « finalement, ça va aller… » toutes les trente secondes. Le ragga-metal est ici à plein régime avec son groove reggae qui surnage même au cœur de la tempête sonore. Par moments, on croirait voir Bob Marley et Metallica jammant ensemble en thérapie de couple – l’un apporte la chaleur et le rythme ensoleillé, l’autre la puissance cathartique des décibels. Mention spéciale à la section « shoulda, woulda, coulda » scandée avec l’accent jamaïcain (« if ah could ah, should ah would ah… »): on dirait une comptine pour adultes en colère, un exutoire chanté qui nous fait sourire malgré le sujet sombre. Le refrain, lui, est taillé pour être repris en chœur, le poing en l’air, comme un cri de ralliement pour tous ceux qui ont souffert en silence et qui lâchent enfin prise

Second degré et catharsis : quand la peine se transforme en fête

Ce qui fait la force de Skindred (et de cette chanson), c’est ce contraste entre le fond et la forme. Le thème est grave – douleur, trahison, regrets – mais le traitement est tellement décalé qu’il en devient cathartique. Benji Webbe chante sa rage et son chagrin comme s’il animait une soirée dancehall de la fin du monde, avec une énergie communicative. On se surprend à sourire devant tant d’excès sincère : c’est un peu comme si Deadpool se mettait à faire du slam poetry sur ses peines de cœur. D’ailleurs, le groupe a intitulé son album Smile (« Sourire »), et ce n’est sans doute pas un hasard – même quand ils exorcisent leurs démons, c’est pour mieux nous transmettre de la positivité. Le pont du morceau, avec son « you ain’t getting an invitation to my party », en est l’exemple parfait : au milieu des reproches, Skindred glisse un clin d’œil presque enfantin (tu ne viendras pas à mon anniversaire, nah!). Ce mélange d’humour noir et de franchise donne au final une chanson qui console autant qu’elle défoule. On rit jaune sur les couplets, on chante à tue-tête le refrain libérateur, et quelque part entre deux headbangs, on se sent étrangement plus léger.

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Conclusion : headbangs et mouchoirs

En définitive, If I Could est une anomalie délicieuse : une chanson de rupture/post-confinement en mode ragga-metal qui réussit à faire rire, pleurer et sauter partout en même temps. C’est un exutoire musical où la colère se marie à l’autodérision, comme si on faisait un karaoké endiablé pour tourner la page de nos malheurs. La puissance des guitares et du beat nous donne le courage d’affronter nos mauvais souvenirs, tandis que les touches reggae et l’ironie nous rappellent de ne pas trop nous prendre au sérieux. Au fond, Skindred nous offre avec If I Could un bon gros défouloir chargé d’émotion, qui transforme nos larmes en sueur de dancefloor. On en ressort avec le sourire (enfin) – peut-être un peu tremblant, mais prêt à repartir de l’avant, un clin d’œil complice à Benji Webbe et un t-shirt détrempé à la main. Et avouez, vous aussi, si vous le pouviez, vous effaceriez bien 2020 d’un revers de riff, non ?

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