Assassin’s Creed 2 (2009)

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Assassin’s Creed II… le jeu qui t’apprend trois vérités fondamentales de la vie :

  1. voler est mal, sauf si c’est Ezio qui le fait,
  2. la Renaissance italienne était manifestement sponsorisée par des toits plats parfaitement parkour-compatibles,
  3. et surtout : les capuches rendent tout le monde 47% plus mystérieux et 83% plus classe (oui, même toi qui essayes devant ton miroir).

On y incarne Ezio Auditore da Firenze, un jeune Italien au charisme tellement élevé qu’il pourrait négocier la paix mondiale en disant juste « Requiescat in pace ». Au programme : vengeance familiale, complots politiques, Leonardo da Vinci qui joue le rôle d’ingénieur/mécano/ami geek, et des assassinats exécutés avec autant d’élégance qu’un épisode de Danse avec les stars… mais version couteaux cachés.

Bref, c’est le jeu où tu passes de « jeune noble un peu insolent » à « légende vivante » plus vite que tu ne peux dire « Maledizione ! ». Et crois-moi : après ça, tu ne regarderas plus jamais les pigeons sur les toits de la même façon.

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Analyse de Assassin’s Creed II

Assassin’s Creed II (2009) est un jeu vidéo d’action-aventure et d’infiltration développé par Ubisoft Montréal et édité par Ubisoft. Il s’agit du deuxième opus de la série Assassin’s Creed, faisant suite au premier épisode sorti en 2007 dont il reprend l’intrigue exactement où elle s’était arrêtée. Sous la direction créative de Patrice Désilets et la production de Jade Raymond, le projet démarre dès 2007 et aboutit à une sortie sur consoles en novembre 2009 (puis sur PC en mars 2010). Voici une analyse détaillée couvrant la genèse du jeu, son gameplay, son scénario, ses personnages, sa réception critique et son impact culturel.

Contexte de création

Genèse et développement : Fort du succès du premier Assassin’s Creed (2007), Ubisoft Montréal lance immédiatement le développement d’une suite. L’équipe, tout en étant fière de la réussite du premier volet, a conscience des critiques formulées à son égard – notamment la répétitivité des missions – et décide d’y remédier dès le début du développement du second opus. Les développeurs ont ainsi promis un jeu « plus varié » en abandonnant l’ancienne structure systématique d’enquêtes avant chaque assassinat au profit d’un déroulement plus proche d’un Grand Theft Auto en monde ouvert. Cette suite ambitionne donc d’étendre et d’approfondir les mécaniques de jeu tout en corrigeant les défauts de son prédécesseur, dans un délai de production relativement court (deux ans seulement).

Choix du cadre historique : Plusieurs périodes historiques ont été envisagées (jusqu’à neuf époques potentielles), avant que l’équipe n’opte finalement pour la Renaissance italienne. Ce choix offre un contraste marqué avec le Moyen Âge de l’épisode précédent, en passant d’une période sombre à un « moment pivot dans l’Histoire » plus lumineux et culturellement riche. Le personnage principal serait un nouvel ancêtre du héros moderne, évoluant en Italie à la fin du XVe siècle. Le scénariste Corey May a effectué neuf mois de recherches approfondies sur l’Italie de la Renaissance afin de conférer au jeu une authenticité historique poussée (malgré quelques anachronismes, comme la présence de Templiers à cette époque). L’équipe artistique s’est même rendue sur place pendant dix jours pour visiter des villes (Florence, Venise, Rome…) et monuments emblématiques, prenant de nombreux clichés utilisés ensuite comme textures dans le jeu. Ces efforts de documentation témoignent de l’ambition du studio de recréer fidèlement le contexte historique, tout en innovant par rapport au premier opus.

Équipe créative et innovations : Assassin’s Creed II est réalisé par Patrice Désilets (directeur créatif du premier opus) et produit par Jade Raymond, avec une équipe de plus de 200 développeurs. Ensemble, ils ont introduit de nombreuses innovations par rapport à Assassin’s Creed (2007). Le moteur de jeu Anvil est amélioré pour gérer des environnements urbains plus vastes et détaillés, ainsi qu’un cycle jour/nuit et des foules plus vivantes. L’histoire reprend immédiatement après la fin du premier jeu, signifiant la volonté d’assurer une continuité narrative tout en changeant complètement de décor et d’époque. L’ambition d’Ubisoft était claire : faire de Assassin’s Creed II non seulement une suite à la hauteur, mais aussi un titre capable de redéfinir la jeune franchise en enrichissant son univers et son gameplay.

Gameplay

Mécaniques de base et monde ouvert : Le gameplay de base reste celui initié par le premier opus : un mélange d’action, de plateforme et d’infiltration en monde ouvert historique. Le joueur contrôle Desmond Miles à l’époque contemporaine, qui à son tour incarne son ancêtre Ezio Auditore dans l’Animus pour explorer librement l’Italie de la Renaissance. Les mécaniques de parkour et de combat, points forts du premier jeu, ont été conservées dans les grandes lignes, tout en étant affinées et étendues. Ezio peut toujours courir, sauter et escalader les bâtiments avec agilité, transformant les villes en véritables terrains de jeu pour acrobates. Les déplacements fluides et la liberté de mouvement – marque de fabrique de la série – sont ainsi toujours au cœur de l’expérience, avec des décors regorgeant de points d’appui (caisses, corniches, échafaudages, etc.) qui permettent des escalades vertigineuses. Une différence notable toutefois : Ezio sait désormais nager, là où Altaïr (le héros du premier opus) coulait à pic au moindre contact avec l’eau – « un réel soulagement » pour les joueurs!

Évolution des combats et de l’infiltration : Le système de combat reprend la base parade/contre-attaque du premier jeu, mais Assassin’s Creed II enrichit considérablement l’arsenal et les capacités du héros. Ezio dispose de deux lames secrètes au poignet (contre une seule auparavant), ce qui lui permet d’éliminer deux cibles simultanément. Grâce aux inventions de Léonard de Vinci, il obtient également de nouveaux gadgets : une arme à feu dissimulée dans le poignet, permettant d’abattre un ennemi à distance, ainsi que des bombes fumigènes pour faciliter ses fuites en jouant au ninja. Le jeu introduit de nouvelles techniques d’assassinat spectaculaires, comme la possibilité de tuer un adversaire en restant suspendu à un rebord ou caché dans une botte de foin. En combat rapproché, Ezio peut désormais désarmer un ennemi et retourner son arme contre lui, effectuer des enchaînements plus variés qu’Altaïr, et affronter des gardes dotés de comportements et d’équipements diversifiés. Par exemple, certains ennemis lourds en armure résistent aux contres basiques, forçant le joueur à adapter sa tactique (esquive, attaque de flanc, etc.). Ces ajouts confèrent aux affrontements une plus grande profondeur tactique et une meilleure variété que dans le premier opus.

Structure des missions et progression : Le changement le plus salué concerne la structure des missions. Exit le schéma répétitif du premier Assassin’s Creed (enchaîner systématiquement interrogatoires, filatures et vols à la tire avant chaque assassinat majeur) : Assassin’s Creed II adopte une progression plus fluide et scénarisée. Chaque assassinat important est désormais l’aboutissement d’une série de missions variées qui forment un véritable arc narratif. Le jeu compte une centaine de missions liées à l’histoire principale, et tout autant de missions secondaires disséminées dans le monde, que le joueur peut accomplir à sa guise. Le nombre de types d’objectifs a lui aussi explosé : on passe d’environ 6 ou 7 types de missions dans le premier épisode à une quinzaine dans AC II. Les activités répétitives jugées trop passives (filatures sans encombre, vols à l’arraché anecdotiques) laissent place à des tâches plus dynamiques ou scénarisées : courses de parkour sur les toits, combats de rue, escortes de personnages, évasions de prisonniers, protection de compagnons, etc.. Cette diversité apporte un rythme général plus soutenu et entraînant, d’autant que les allers-retours incessants hors de l’Animus (pour revenir à Desmond) ont été fortement réduits, évitant de casser l’immersion. Le jeu ne force plus le joueur à quitter la simulation à intervalles réguliers comme auparavant, ce qui rend l’aventure plus homogène dans le passé. En somme, Assassin’s Creed II offre une campagne principale riche et variée, suffisamment pour que le recours aux quêtes annexes soit optionnel pour progresser.

Nouvelles fonctionnalités et contenus annexes : Parmi les ajouts marquants, AC II introduit un système économique complet. Ezio peut désormais voler de l’argent aux passants, fouiller les coffres et les cadavres, et surtout gagner des florins en récompense de chaque mission accomplie. Cet argent sert à faire ses emplettes dans de nombreuses échoppes : acheter des épées et armes de poing plus performantes, améliorer ses armures (chaque pièce d’armure augmentant la santé maximale), restocker des remèdes de soin ou des poisons, et même teindre sa tenue aux couleurs de son choix. L’économie du jeu apporte ainsi un aspect RPG léger incitant à améliorer l’équipement d’Ezio. De plus, Ubisoft a ajouté un élément de gestion inédit avec la Villa Monteriggioni (le domaine familial des Auditore) servant de base. Le joueur peut investir ses florins dans la rénovation de cette petite ville : recruter un architecte pour restaurer l’armurerie, la banque, le tailleur, la mine, etc. À mesure que la villa est rénovée, son attractivité augmente et elle génère des revenus réguliers que le joueur peut venir collecter dans le coffre-fort familial. Cette idée de hub économique est intéressante, même si certains joueurs pourront trouver fastidieux les allers-retours à la villa pour y récupérer l’argent. Quoi qu’il en soit, en combinant les missions secondaires (courses, contrats d’assassinat, livraisons, etc.), la recherche d’objets à collectionner (comme les 100 plumes disséminées dans le monde ou les trésors cachés) et la gestion de la villa, la durée de vie du jeu s’en trouve largement accrue. Comptez environ 20 heures pour l’histoire principale seule, et facilement 30 heures et plus en incluant toutes les activités annexes.

Infiltration et interactions sociales : L’autre versant du gameplay, l’infiltration, a également été étoffé. Assassin’s Creed II reprend la notion de se fondre dans la foule, mais de façon plus naturelle : Ezio peut disparaître dans n’importe quel groupe de citoyens pour échapper aux gardes, sans avoir besoin (comme Altaïr) de prétendre réciter des prières en compagnie de moines. Surtout, il peut désormais faire appel à des factions alliées présentes dans la rue : en échange de quelques pièces, des voleurs détournent l’attention ou poursuivent un garde, des mercenaires engagent le combat contre les soldats ennemis, et des courtisanes distraient les patrouilles pour libérer le passage. Ces possibilités offrent au joueur différentes approches tactiques pour infiltrer les zones gardées, enrichissant la jouabilité en permettant des diversions planifiées. De plus, un système de notoriété fait son apparition : plus Ezio commet d’actions visibles illégales (meurtres en pleine rue, escalades devant témoins…), plus il attire l’attention des gardes. Il devient alors recherché et devra baisser son indice de recherche en arrachant des affiches à son effigie, en soudoyant des hérauts qui colportent de mauvaises rumeurs sur lui, ou en assassinant des notables témoins gênants. Cette mécanique de gestion de la discrétion ajoute une couche stratégique aux escapades urbaines. Enfin, AC II propose également des phases de jeu inédites, comme les Tombeaux d’Assassins – des niveaux optionnels en intérieur, ressemblant à des donjons à la Prince of Persia où le joueur doit résoudre des énigmes environnementales et réussir des séquences de plateforme chronométrées pour récupérer des artefacts. Ces tombeaux offrent un changement de rythme bienvenu au milieu de l’aventure principale, en mettant l’accent sur l’exploration et la réflexion plutôt que sur le combat.

En synthèse, Assassin’s Creed II réussit à enrichir son gameplay sur tous les plans : des missions plus variées et scénarisées, des combats plus diversifiés, de nouvelles mécaniques (économie, notoriété) et un monde ouvert plus vivant. Sans trahir les fondations posées par le premier épisode, le jeu les élargit considérablement, ce qui fait de ce second opus l’un des titres majeurs de son époque selon Jeuxvideo.com. La presse a particulièrement salué ces améliorations du gameplay, considérant qu’elles renforcent l’immersion et le plaisir de jeu tout au long de l’aventure.

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Histoire

Mise en place (présent et passé) : Assassin’s Creed II reprend exactement à la fin du premier opus. En 2012, Desmond Miles vient de découvrir des messages étranges écrits en sang sur le mur de sa cellule chez Abstergo, visibles grâce à sa « vision d’aigle ». Avec l’aide de l’Assassine infiltrée Lucy Stillman, Desmond s’échappe du laboratoire d’Abstergo où il était retenu et trouve refuge dans une planque des Assassins modernes. Là, Lucy lui présente deux nouveaux alliés : Shaun Hastings, un historien sarcastique, et Rebecca Crane, l’opératrice de l’Animus 2.0. Ils expliquent à Desmond qu’ils ont besoin de lui dans leur camp et le projettent à nouveau dans l’Animus, mais cette fois avec un objectif différent : utiliser l’Effet de Bleed (mémoire résiduelle) pour entraîner Desmond via l’expérience de son ancêtre. Desmond accepte et s’immerge alors dans les souvenirs d’Ezio Auditore da Firenze, un jeune noble florentin de la Renaissance.

La quête d’Ezio (Renaissance italienne) : On bascule ainsi en 1476 à Florence, dans la peau d’Ezio Auditore, âgé de 17 ans et issu d’une riche famille de banquiers. Ezio mène d’abord une vie insouciante, passant du temps avec ses amis et courtisant les filles, bien loin de l’idéal assassin. Cependant, un drame le frappe : son père Giovanni et ses deux frères aînés, Federico et Petruccio, sont arrêtés puis exécutés en place publique après avoir été trahis lors d’une conspiration politique. Ezio assiste impuissant à leur pendaison, victime d’un complot impliquant des figures éminentes de Florence (telles qu’Uberto Alberti et la famille Pazzi). Contraint de fuir Florence avec sa mère Maria et sa sœur Claudia, il trouve refuge dans le domaine familial de Monteriggioni, en Toscane, où son oncle Mario Auditore lui révèle que son père Giovanni était secrètement un Assassin, trahi et éliminé par l’Ordre des Templiers. Ezio décide alors d’embrasser à son tour le crédo des Assassins et de poursuivre une quête de vengeance contre tous les responsables de la mort de sa famille.

Commence ainsi pour Ezio une longue vendetta s’étalant sur plus d’une décennie (le scénario couvrira près de 20 ans de sa vie, de 1476 à 1499). Dans sa traque des conspirateurs, Ezio va voyager à travers les grandes cités d’Italie : Florence d’abord, puis San Gimignano et la campagne toscane, la cité romaine de Forlì, la majestueuse Venise pendant son apogée, et même la cité papale de Rome vers la fin de l’histoire. Au fil de son périple, Ezio s’allie à d’autres Assassins et sympathisants : il reçoit l’aide précieuse du célèbre inventeur Léonard de Vinci, qui devient un ami et lui fournit armes et améliorations (déchiffrant notamment les codex d’Altaïr pour lui fabriquer de nouvelles lames secrètes, une arme à feu artisanale, et même une machine volante qui permettra à Ezio de survoler Venise). Ezio croise également la route de figures historiques influentes : Lorenzo de Médicis, dirigeant de Florence qu’il protège lors de la conjuration des Pazzi en 1478, la comtesse Caterina Sforza à Forlì, ou encore le moine fanatique Girolamo Savonarole (introduit dans un contenu additionnel) qu’il devra affronter. En éliminant un à un les membres du complot (tels que Francesco et Vieri de’ Pazzi à Florence, Marco Barbarigo à Venise, et bien d’autres), Ezio découvre que tous sont des Templiers, membres d’une puissante conspiration s’étendant à toute l’Italie et orchestrée dans l’ombre par un certain Rodrigo Borgia. Par ailleurs, Ezio collecte les pages du Codex d’Altaïr, laissées par son ancêtre, et apprend à travers elles l’existence d’une prophétie : un ancien artefact, la « Pomme d’Éden », serait au cœur de la lutte entre Assassins et Templiers, et un prophète (qui pourrait être Ezio lui-même) serait destiné à la retrouver.

Après de nombreuses années de combats et d’enquêtes, l’intrigue aboutit en 1499 à Rome, au cœur du Vatican. Rodrigo Borgia – qui s’est entre-temps hissé au rang de pape sous le nom d’Alexandre VI – possède la Pomme d’Éden et cherche à accéder à un mystérieux « sanctuaire » caché sous la chapelle Sixtine. Désormais grand maître des Templiers, Borgia est l’ultime cible sur la liste d’Ezio. Lors de la confrontation finale, Ezio affronte Rodrigo Borgia au Vatican dans la salle du Temple souterrain. Il parvient à vaincre Borgia (sans le tuer, choisissant de l’épargner in extremis) et utilise la Pomme et le Bâton d’Éden réunis pour ouvrir la porte du sanctuaire. À l’intérieur, Ezio est alors accueilli par un hologramme d’une femme se présentant sous le nom de Minerve (Minerva). Cette apparition s’adresse à Ezio comme si elle l’attendait depuis des millénaires, mais très vite il devient clair qu’elle parle en réalité à travers Ezio, directement à Desmond qui observe la scène depuis l’Animus.

Minerve révèle à Desmond qu’elle fait partie de « Ceux-qui-étaient-là-avant », une ancienne civilisation technologiquement avancée qui a créé le genre humain des siècles avant les premières civilisations connues. Elle raconte que les humains se sont rebellés contre leurs créateurs, et qu’au milieu de ce conflit, une catastrophe cosmique frappa la Terre : une énorme éruption solaire dévasta la planète, anéantissant la majeure partie de l’humanité et des Précurseurs. Les quelques survivants de ce cataclysme ont bâti des temples disséminés à travers le monde pour protéger le savoir et les artefacts (comme la Pomme d’Éden) permettant d’empêcher qu’une telle tragédie ne se reproduise. Minerve avertit Desmond qu’une nouvelle catastrophe solaire se profile dans un avenir proche (en 2012), menaçant à nouveau l’humanité. Avant de disparaître, elle le charge de trouver les autres temples construits par son peuple afin d’y empêcher ce désastre à venir, lui lançant un ultime message : « le destin du monde repose désormais sur toi ». Ezio assiste, ébahi, à cette scène qu’il ne comprend pas – « je ne suis qu’un messager », murmure-t-il, réalisant qu’il n’était qu’un intermédiaire pour un message bien plus grand que lui.

Dénouement (retour au présent) : À peine Desmond a-t-il le temps d’assimiler la révélation de Minerve qu’à l’extérieur, les forces d’Abstergo localisent la cachette des Assassins. Assassin’s Creed II se termine par une séquence d’action en 2012 : Desmond sort de l’Animus et, armé d’une lame secrète prêtée par Lucy, il doit affronter une escouade de gardes menés par le docteur Warren Vidic (le scientifique d’Abstergo déjà présent dans le premier opus). Grâce aux compétences de combat qu’il a acquises indirectement via Ezio (l’Effet de Bleed lui ayant transmis l’agilité et le savoir-faire assassin de son ancêtre), Desmond parvient à neutraliser les agents ennemis. Lucy, Shaun, Rebecca et Desmond prennent alors la fuite à bord d’un camion en emportant l’Animus, contraints d’abandonner leur repaire. L’histoire s’achève sur ce cliffhanger, alors que l’équipe se prépare à partir pour une nouvelle destination afin de continuer la lutte contre les Templiers modernes, ouvrant directement la voie au prochain épisode de la série.

En résumé, l’intrigue de Assassin’s Creed II tisse habilement le lien entre passé et présent : la saga personnelle d’Ezio Auditore, menée de la vengeance privée à la découverte d’un rôle bien plus vaste, est racontée en parallèle d’un enjeu contemporain plus grand (la menace apocalyptique de 2012). La narration alterne essentiellement entre ces deux temporalités, mais de manière moins hachée que dans le premier jeu, ce qui a été jugé plus fluide et mieux construit par la critique. La double temporalité reste un aspect marquant de la série, et dans AC II elle prend toute son ampleur lors de la scène finale, véritable point de convergence entre les époques où Desmond reçoit un message du passé. Le scénario, riche en personnages historiques et en conspirations, n’hésite pas à complexifier la mythologie de la franchise (Ceux-qui-étaient-là-avant, artefacts d’Éden, prophétie, etc.), ce que certains ont trouvé un peu tortueux par moments. Néanmoins, la plupart des joueurs et des critiques s’accordent à dire que l’histoire d’Ezio est captivante, bénéficiant d’un récit mieux rythmé et d’une écriture plus maîtrisée que le premier épisode.

Personnages

Ezio Auditore da Firenze

Ezio est le héros principal du jeu, l’ancêtre que le joueur incarne pendant la majeure partie de l’aventure. Au début de l’histoire, c’est un jeune noble florentin de 17 ans, charismatique mais insouciant, plus occupé à courir les toits et les jolies filles qu’à se soucier de politique. Son tempérament est décrit comme fougueux, parfois arrogant – « Ezio, c’est un peu le latin lover type : soit on s’y attache, soit on a envie de lui coller des baffes », note Jeuxvideo.com. Ce caractère léger tranche d’ailleurs avec l’image qu’on se fait d’un Assassin sérieux et discipliné. Mais le destin d’Ezio bascule lorsque sa famille est trahie et assassinée sous ses yeux. Dès lors, il mûrit brutalement et embrasse une vie d’Assassin, d’abord par soif de vengeance, puis par conviction. Le jeu suit son évolution sur plusieurs décennies : on le voit passer de jeune homme téméraire à un maître Assassin plus posé et réfléchi, portant le poids de vingt années de combats. « Au revoir Altaïr le sobre et austère, bonjour Ezio le charmeur qui deviendra toutefois de moins en moins frivole au fil de sa quête » souligne un testeur. Effectivement, au cours de ses voyages, Ezio gagne en maturité à mesure qu’il découvre l’ampleur de la conspiration templière et qu’il endosse la responsabilité de perpétuer le credo de sa famille. Son arc narratif est riche, puisque Assassin’s Creed II ne couvre finalement que la première partie de la vie d’Ezio : Ubisoft lui consacrera encore deux jeux (Brotherhood et Revelations) afin de conclure son histoire, témoignant du soin apporté à son développement. Le personnage d’Ezio Auditore, avec son charme italien, son humour et son intensité dramatique, a rencontré un immense succès auprès des joueurs, devenant l’un des assassins les plus emblématiques de la série et du jeu vidéo en général.

Desmond Miles

Desmond est le protagoniste du présent, un barman new-yorkais descendant d’une lignée d’Assassins, que l’on avait découvert prisonnier d’Abstergo dans le premier épisode. Dans AC II, Desmond gagne en importance : il s’évade avec Lucy et rejoint l’équipe des Assassins modernes. Bien que le joueur ne le contrôle directement que lors de brefs segments, Desmond reste le fil conducteur narratif entre toutes les époques. C’est à travers lui que l’on explore les souvenirs d’Ezio – Desmond sert d’interface à l’histoire passée, via l’Animus. Au début du jeu, Desmond est encore relativement passif et peu entraîné, mais grâce à l’Animus 2.0 et à l’effet de Bleed, il commence à acquérir les compétences de son ancêtre Ezio. Cette évolution culmine dans la scène finale où Desmond, armé d’une lame secrète, affronte des agents d’Abstergo en reproduisant instinctivement des techniques de combat d’Ezio. On voit ainsi Desmond passer du statut de fugitif dépassé par les événements à celui d’apprenti Assassin déterminé. Assassin’s Creed II approfondit également son caractère : on découvre sa motivation à aider Lucy et les siens pour contrecarrer les Templiers modernes, ainsi que sa curiosité face aux mystères qu’il découvre (le message de Minerve le concerne personnellement). Desmond reste cependant un protagoniste relativement neutre dans cet épisode, servant surtout de vecteur pour l’histoire d’Ezio. Lucy Stillman, quant à elle, joue le rôle d’une mentor/protectrice pour Desmond : ancienne employée d’Abstergo et membre des Assassins, c’est elle qui organise son évasion et le guide durant son entraînement. Aux côtés de Lucy, les deux autres comparses – Shaun et Rebecca – apportent un soutien logistique (informations historiques, maintenance de l’Animus) et une touche d’humour (notamment via le cynisme de Shaun). Si Assassin’s Creed II ne développe que modestement l’intrigue de 2012, il introduit néanmoins ces personnages secondaires qui gagneront en importance par la suite.

Antagonistes principaux

Le grand ennemi d’Ezio dans Assassin’s Creed II est Rodrigo Borgia, figure historique de la Renaissance. Présenté d’abord comme « l’Espagnol » orchestrant dans l’ombre les conspirations contre les Médicis, Rodrigo Borgia s’avère être le grand maître de l’ordre des Templiers en Italie. Manipulateur et avide de pouvoir, il parvient à se faire élire pape, devenant Alexandre VI en 1492 – position qu’il exploite pour poursuivre les desseins des Templiers. Charismatique et redoutable, Borgia est un adversaire de taille pour Ezio, tant par son influence politique que par sa maîtrise de l’artéfact de la Pomme d’Éden. Leur affrontement au Vatican constitue l’apogée du jeu. Autour de Rodrigo gravite une galerie de Templiers notables, qui servent d’antagonistes tout au long de la quête de vengeance d’Ezio. Parmi eux, on peut citer Francesco de’ Pazzi, instigateur de la conjuration de Florence contre les Médicis, son fils Vieri de’ Pazzi (un jeune noble arrogant qu’Ezio affronte tôt dans l’histoire), Marco Barbarigo et d’autres membres influents de la société vénitienne, ou encore Uberto Alberti, le gonfalonier de justice qui trahit la famille Auditore. Chacun de ces ennemis est ancré dans le contexte historique (la plupart sont inspirés de personnes réelles) et bénéficie d’une mission dédiée où Ezio finit par les assassiner. Les antagonistes sont globalement bien campés dans leur rôle de traîtres : le jeu n’hésite pas à les rendre odieux (la cruauté d’un Rodrigo Borgia ou la lâcheté d’un Uberto Alberti donnent tout son sens à la vengeance d’Ezio). Cette galerie d’ennemis variés contribue à la diversité des situations rencontrées et donne lieu à des confrontations mémorables – l’élimination de certains cibles peut même procurer une forme de catharsis au joueur compte tenu de leur noirceur (le jeu souligne par exemple le « plaisir » d’assassiner le cruel Vieri de’ Pazzi).

Alliés et personnages secondaires marquants

Autour d’Ezio gravite également une pléiade de personnages alliés qui enrichissent l’histoire et l’univers du jeu. Le plus emblématique est sans doute Léonard de Vinci, l’artiste et inventeur de génie. Jeune homme à l’époque, Léonard devient un ami proche d’Ezio après que celui-ci l’ait aidé à livrer quelques commandes. En échange, Léonard met ses talents au service de l’Assassin : il décrypte les pages du Codex d’Altaïr, révélant de nouveaux secrets, et conçoit pour Ezio des armes inédites. C’est Léonard qui améliore la lame secrète (permettant d’en doter le bras gauche d’Ezio), qui fabrique le pistolet caché et les mécanismes des bombes fumigènes, ou encore qui prête à Ezio sa célèbre machine volante lors d’une mission audacieuse au-dessus de Venise. La présence de ce personnage historique populaire apporte un charme certain au jeu, et les dialogues amicaux entre Ezio et Léonard (ce dernier appelant l’Assassin « mon ami » et s’enthousiasmant pour chaque invention) figurent parmi les moments attachants de l’aventure. D’autres alliés d’Ezio incluent son oncle Mario Auditore, qui lui enseigne les rudiments du combat au début et dirige la résistance des Assassins en Toscane, ainsi que divers membres de la confrérie naissante comme Niccolò Machiavelli. Machiavelli apparaît tardivement pour aider Ezio à organiser la lutte à Florence et Venise, préfigurant le rôle important qu’il jouera dans l’épisode suivant. Côté personnages féminins, la sœur d’Ezio, Claudia Auditore, survit au massacre familial et finit par prendre la gestion de la villa Monteriggioni (et plus tard, elle sera intégrée parmi les Assassins, bien qu’on ne le voie pas encore dans cet opus). Caterina Sforza, la comtesse de Forlì, se révèle aussi une alliée farouche lors d’une séquence où Ezio la secourt : son tempérament fort et son courage la rendent notable, et elle aura une brève idylle avec Ezio suggérée dans l’histoire. Enfin, un personnage secondaire original est Subject 16 (Sujet 16), l’énigmatique prédécesseur de Desmond dans l’Animus, qui a laissé derrière lui des glyphes et puzzles cachés dans les décors du jeu. En les résolvant, le joueur découvre des fragments d’une vidéo intitulée « La Vérité », ajoutant une couche de mystère conspirationniste autour de l’histoire (bien que Subject 16 ne soit jamais rencontré directement, ses messages constituent une “présence” en filigrane de la méta-intrigue).

Dans l’ensemble, Assassin’s Creed II bénéficie d’un casting riche où chaque personnage, allié comme ennemi, joue son rôle dans l’avancement du récit et l’immersion du joueur. Ezio lui-même est soutenu par un entourage crédible qui évolue avec lui, et affronte des antagonistes variés dotés de motivations plausibles. La qualité de l’écriture des personnages – en particulier Ezio et les figures historiques clés – a été saluée par la critique comme un des points forts du jeu, rendant l’histoire plus prenante et mémorable

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Réception critique

À sa sortie en 2009, Assassin’s Creed II a été accueilli avec un enthousiasme quasi-unanime de la part de la presse spécialisée. Le jeu a obtenu une moyenne de 91/100 sur Metacritic, témoignant d’une large approbation des critiques internationales. Beaucoup ont considéré cet opus comme une suite exemplaire, corrigeant les défauts du premier épisode tout en enrichissant l’expérience de jeu. Le site français Jeuxvideo.com lui attribue par exemple un 18/20, saluant en particulier la variété accrue des missions et les nombreuses améliorations de gameplay apportées par rapport à Assassin’s Creed I. Le testeur de Jeuxvideo.com souligne que, sans révolutionner complètement le concept, le jeu propose un contenu « plus grand, plus riche, moins répétitif » et que ces ajouts « loin d’être négligeables » font de ce second opus « l’un des titres majeurs du moment ». Gamekult abonde dans le même sens, notant que AC II a su « sortir du cycle lassant et linéaire » du premier grâce à des missions principales plus longues, scriptées et variées, si bien que « la monotonie n’est plus vraiment de rigueur » durant l’aventure.

Forces relevées par les critiques : Parmi les points forts unanimement cités figurent la restitution de la Renaissance italienne et la direction artistique. Les environnements urbains (Florence, Venise…) ont impressionné par leur beauté, leur ampleur et le souci du détail architectural ; l’ambiance vivante des villes, appuyée par la musique de Jesper Kyd, plonge véritablement le joueur à l’époque de la Renaissance. La variété du gameplay est l’autre grande réussite soulignée : les séquences d’action alternant avec l’infiltration, les courses-poursuites, les énigmes des tombeaux, etc., maintiennent un rythme soutenu et évitent la répétitivité qui handicapait le premier jeu. La richesse de contenu (missions annexes, objets cachés, améliorations d’équipement) donne également de la profondeur et de la durée de vie au titre. Du point de vue narratif, l’histoire d’Ezio a été appréciée pour son développement plus solide et son héros charismatique. De nombreux journalistes ont trouvé Ezio plus attachant qu’Altaïr, grâce à son évolution personnelle sur plusieurs années et à l’inclusion de personnages secondaires marquants comme Léonard de Vinci. Certains considèrent même Assassin’s Creed II comme un nouveau standard pour la série, « le véritable premier Assassin’s Creed » qui pose les bases de la franchise telle qu’on la connaît. Enfin, la bande-son et le doublage (en français) ont reçu un bon accueil, malgré le choix original de conserver quelques expressions italiennes dans les dialogues – choix qui, selon Jeuxvideo.com, peut être perçu soit comme un ajout d’authenticité, soit comme un tic un peu agaçant.

Faiblesses et critiques mineures : Malgré un succès critique indéniable, Assassin’s Creed II n’est pas exempt de quelques reproches ponctuels. Plusieurs testeurs ont noté que le début du jeu est un peu lent à se mettre en place (il faut du temps avant qu’Ezio ne revête son costume d’Assassin et que l’action ne démarre vraiment). Ce démarrage plus long a pu déconcerter certains joueurs impatients, même s’il sert l’histoire en offrant un contexte et un développement solide du personnage. Le scénario, par ailleurs, a été qualifié de touffu (« tortueux » selon Jeuxvideo.com) en raison de la multiplication des conspirations et des noms de personnages historiques – on peut s’y perdre parfois dans les intrigues italiennes et la métahistoire de la Première Civilisation. Ce n’est cependant qu’une réserve mineure, car la plupart ont jugé l’intrigue générale passionnante. Sur le plan technique, quelques défauts déjà présents dans le premier opus subsistent : l’I.A. des ennemis est encore perfectible (il arrive que certains gardes abandonnent inexplicablement une poursuite ou n’aient pas des réactions très réalistes), ce qui rend la difficulté du jeu assez modérée. Des petits bugs visuels ou de collision ont été relevés çà et là (effets de clipping lors des balades à la campagne, visages parfois moins soignés que les décors, etc.), sans que cela n’entame réellement l’expérience de jeu. Les versions consoles de 2009 affichaient par ailleurs un taux de rafraîchissement perfectible dans les grandes foules, mais rien de rédhibitoire. À noter que la version PC, sortie en 2010, incluait d’office les deux séquences supplémentaires (DLC) absentes de la campagne principale initiale – une bonne surprise – mais elle a souffert d’une controverse liée à son DRM : Ubisoft avait imposé une protection obligeant le joueur PC à être constamment connecté à Internet pour jouer, sous peine de voir le jeu se couper en cas de déconnexion. Ce DRM très contraignant a provoqué la colère des joueurs PC et des critiques négatives à ce sujet – d’autant plus qu’il a été rapidement craqué par des pirates, le rendant inefficace. Ubisoft a dû déployer un patch pour atténuer le problème, mais cet épisode a quelque peu terni l’image de la version PC auprès de la communauté.

Distinctions : Assassin’s Creed II a remporté plusieurs récompenses de fin d’année 2009. Il a par exemple reçu le prix du Meilleur jeu d’action-aventure aux Spike Video Game Awards 2009, et a été nommé dans la catégorie Jeu de l’année par de nombreux médias. Les lecteurs de sites spécialisés l’ont souvent plébiscité dans leurs votes. En France, il figure régulièrement dans les classements rétroactifs des meilleurs jeux de la décennie 2000, grâce à son impact durable. Avec des ventes dépassant les 9 millions d’exemplaires dans les mois suivant sa sortie, AC II a solidifié l’implantation de la franchise auprès du grand public. En définitive, la réception critique de Assassin’s Creed II a consacré le jeu comme l’un des incontournables de 2009, loué pour avoir transformé un premier essai prometteur en véritable chef de file du genre action-aventure en monde ouvert.

Impact culturel

Influence sur la série Assassin’s Creed : Assassin’s Creed II a eu un impact majeur sur l’avenir de la franchise, au point qu’on peut le considérer comme le titre qui a défini la formule classique de la série. Là où le premier épisode posait des bases innovantes mais inachevées, le second a concrétisé les espoirs placés dans la licence en étoffant le gameplay et l’univers. Ubisoft, fort du succès critique et commercial d’AC II, a rapidement capitalisé dessus : le jeu a engendré deux suites directes – Assassin’s Creed: Brotherhood (2010) et Assassin’s Creed: Revelations (2011) – formant la trilogie d’Ezio. Ces suites, qui prolongent la vie d’Ezio Auditore, n’étaient pas prévues initialement mais ont été rendues possibles par l’accueil enthousiaste du personnage et de son histoire. Assassin’s Creed II a ainsi lancé la tradition des sorties quasi-annuelles de la saga pendant de longues années. Sur le plan du game design, il a établi des fondamentaux repris par tous les épisodes suivants : monde ouvert dense avec des quêtes secondaires variées, mélange d’histoire principale scénarisée et d’exploration libre, intégration d’éléments RPG (économie, équipement à améliorer), sans oublier le principe de double temporalité (même si les jeux ultérieurs l’exploiteront de manière variable). Comme le résume un article de Jeuxvideo.com, AC II a pris les bases prometteuses de son prédécesseur et leur a donné « une autre ligne directrice », en offrant plus de liberté aux joueurs, des zones plus vastes à explorer, des missions moins linéaires et une multitude de secrets à découvrir – en un mot, « c’est avec Assassin’s Creed II que la licence vient intégrer le mot liberté à son credo ». Cette orientation a posé le cadre des épisodes suivants, de Black Flag à Origins, qui chercheront souvent à recréer la même alchimie d’action, d’infiltration et de découverte historique ouverte initiée par AC II. On peut dire que Assassin’s Creed II a propulsé la série au rang de franchise phare d’Ubisoft, comparable à Prince of Persia à son époque ou aux séries GTA et Tomb Raider dans leur influence sur le genre aventure en monde ouvert.

Popularité durable d’Ezio et de son histoire : Le personnage d’Ezio Auditore est rapidement devenu une icône culturelle du jeu vidéo. Charismatique, humain et porté par une histoire vengeresse émouvante, Ezio a marqué les esprits bien au-delà du cercle des joueurs d’Assassin’s Creed. Comme le souligne un journaliste, même ceux qui n’ont jamais joué à la série ont probablement déjà entendu parler d’Ezio tant sa figure est devenue célèbre, « notamment grâce à son charisme et son histoire ». Ubisoft a largement mis en avant ce protagoniste adulé : non seulement il est le héros de trois jeux principaux, mais il apparaît aussi dans divers produits dérivés. En 2016, une compilation remasterisée intitulée The Ezio Collection a réuni sur PS4/Xbox One les trois volets de sa saga (AC II, Brotherhood et Revelations) pour faire découvrir à une nouvelle génération les aventures d’Ezio. Ce retour, près de sept ans après la fin de son arc narratif, témoigne de l’attachement du public pour ce personnage. Dans les communautés de fans, Ezio reste fréquemment cité comme le « meilleur Assassin » de la série lors de sondages ou de débats. Son costume iconique (tenue blanche à capuche avec ceinture rouge) est un des plus représentés en cosplay dans les conventions, et ses répliques (telles que « Requiescat in pace » prononcé après chaque mise à mort) sont entrées dans la culture populaire du jeu vidéo. Par ailleurs, Ezio a fait une incursion remarquée dans d’autres médias : il est apparu en personnage jouable invité dans le jeu de combat SoulCalibur V (2012), aux côtés de figures comme Dark Vador ou Link, preuve de sa notoriété transcendant son œuvre d’origine. Ubisoft a également publié en 2021 un court métrage en réalité virtuelle (Assassin’s Creed VR Experience) où Ezio figure parmi les Assassins emblématiques présentés. Plus de dix ans après, le « leg de Ezio » demeure vivace : rares sont les héros de jeux vidéo à avoir bénéficié d’un traitement aussi complet de leur vie (on l’a connu de sa naissance – scène d’introduction d’AC II – jusqu’à sa mort dans le court-métrage Embers en 1512), ce qui a contribué à le rendre particulièrement attachant et mémorable pour les joueurs.

Adaptations et transmédia : Le succès d’Assassin’s Creed II a encouragé Ubisoft à étendre l’univers du jeu au-delà du média vidéoludique. Avant même la sortie du jeu, en 2009, Ubisoft a produit une mini-série de courts-métrages en prise de vue réelle intitulée Assassin’s Creed: Lineage. Ces films, diffusés sur internet, font office de préquelle : ils racontent les missions de Giovanni Auditore (le père d’Ezio) juste avant les événements du jeu, incluant la conspiration qui mènera à son exécution. Lineage avait un double objectif : enrichir le contexte narratif pour les fans les plus curieux, et servir de test pour un éventuel passage de la licence sur grand écran – c’était « une tentative dans le cinéma pour la compagnie », selon Ubisoft. La qualité de cette web-série a été saluée, notamment pour son respect de l’esthétique du jeu. Ubisoft a poursuivi dans la voie du transmédia avec un roman officiel, Assassin’s Creed: Renaissance, écrit par Oliver Bowden et publié fin 2009, qui novelise fidèlement l’intrigue d’AC II. Ce roman (et ceux qui suivront pour les jeux ultérieurs) a permis aux fans de revivre l’histoire sous un autre format et d’atteindre un public amateur de littérature fantastico-historique. En 2010, un court-métrage animé intitulé Assassin’s Creed: Ascendance est sorti, faisant le lien entre AC II et Brotherhood en narrant l’ascension de Cesare Borgia (fils de Rodrigo). Enfin, en 2011, Ubisoft a conclu la saga d’Ezio avec un poignant court-métrage d’animation, Assassin’s Creed: Embers, qui montre les derniers jours d’Ezio bien après les jeux. Toutes ces œuvres parallèles ont consolidé l’univers étendu de la franchise, faisant d’Ezio et de la période Renaissance un des axes centraux du complexe transmedia Assassin’s Creed.

Héritage et influence sur l’industrie : Sur le plan de l’industrie vidéoludique, Assassin’s Creed II a confirmé la capacité d’Ubisoft à produire des jeux en monde ouvert immersifs ancrés dans des contextes historiques détaillés. Son succès a inspiré l’éditeur à appliquer une recette similaire à de nombreuses autres licences (on pense à la prolifération de jeux Ubisoft à monde ouvert dans les années 2010). AC II a également démontré qu’il existait un appétit du public pour des jeux mêlant Histoire et fiction de façon crédible, ouvrant la voie à d’autres titres ambitieux exploitant différentes époques (comme Assassin’s Creed III pendant la Révolution américaine, ou Unity pendant la Révolution française, etc.). De plus, la forte emphase mise sur la reconstitution architecturale et la visite virtuelle de lieux célèbres (la Florence des Médicis, la Venise des Doges) a eu des échos au-delà du jeu : par exemple, des universitaires et professeurs d’histoire ont évoqué l’utilisation d’Assassin’s Creed II comme outil pour susciter l’intérêt des étudiants pour la Renaissance. Le jeu a su capturer l’imaginaire du public au point que certaines personnes ont découvert des éléments d’histoire (ou visité ensuite en vrai des monuments italiens) grâce à lui. En ce sens, AC II a contribué à légitimer l’idée que le jeu vidéo peut être un vecteur culturel et éducatif, une porte d’entrée vers l’Histoire pour toute une génération.

Communauté de fans et postérité : Aujourd’hui encore, Assassin’s Creed II jouit d’un statut culte. Les fans organisent régulièrement des classements rétrospectifs où cet opus figure souvent en tête des meilleurs épisodes de la saga, loué pour son équilibre entre narration, gameplay et ambiance. Des speedruns, défis (terminer le jeu à 100%, sans alerte, etc.) et autres streams commémoratifs sont fréquemment dédiés à AC II. Sur les forums et réseaux sociaux, il n’est pas rare de voir des discussions nostalgiques comparant les nouveaux titres de la franchise à ce « chef-d’œuvre indétrônable ». La communauté Assassin’s Creed considère en effet l’ère Ezio comme l’âge d’or de la série, ce qui se reflète dans la popularité d’Ezio et le respect attaché à AC II. Même plus d’une décennie après, le jeu demeure référencé dans la culture populaire : par exemple, des clins d’œil à Ezio ou à des éléments d’AC II apparaissent dans certaines productions (la série animée Les Simpson l’a parodié dans un gag, des youtubeurs notoires citent la musique ou les répliques du jeu, etc.). Enfin, l’annonce en 2022 d’un futur jeu intitulé Assassin’s Creed: Mirage (recentré sur le parkour urbain et l’infiltration) a ravivé chez les fans l’espoir d’un retour aux sources rappelant l’expérience d’AC II, preuve de l’héritage durable de ce dernier dans les attentes du public.

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Conclusion:

En résumé, Assassin’s Creed II, c’est un peu comme des vacances en Italie… sauf que tu remplaces les selfies devant le Colisée par des plongeons dans des bottes de foin, des réunions familiales par des conspirations politiques, et les visites de musées par des assassinats “discrets” (discrets… si on ne compte pas les gardes qui hurlent “ASSASSINO !” toutes les cinq minutes).

Ezio Auditore, lui, commence comme un adolescent italien classique : il se bat dans la rue, drague tout ce qui bouge et pense que la vie est cool. Cinq minutes plus tard, toute sa famille finit en décoration publique et il décide que finalement, son avenir sera plutôt dans l’assassinat, le parkour en toitures et la collection compulsive de plumes pour sa mère traumatisée. Un vrai parcours Parcoursup.

Grâce à lui, on a appris deux choses essentielles :

  1. L’Italie de la Renaissance est l’endroit où tout le monde savait faire du parkour.
  2. On peut résoudre 95 % des conflits, politiques ou familiaux, avec une lame cachée, un bon timing et une cape stylée.

Alors oui, Assassin’s Creed II a marqué l’histoire du jeu vidéo, mais surtout il a créé un phénomène mondial : des millions de joueurs persuadés qu’ils peuvent grimper à n’importe quel bâtiment après une soirée pizza. Spoiler : non.

Sur ce, je te laisse : j’ai un rendez-vous important avec un certain Léonard qui veut me montrer sa “machine volante”. J’espère juste que ce n’est pas encore un truc qui explose.

Requiescat in pace, et n’oublie jamais : si tu tombes d’un clocher de 80 mètres, vise toujours le tas de foin. Toujours.

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