Le JV une aide pour la santé mentale

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On dit souvent que les jeux vidéo rendent asocial, abrutissent ou encore enferment les joueurs dans une bulle virtuelle. Pourtant, la réalité est bien plus nuancée : manette en main, on trouve parfois un vrai refuge contre les tempêtes intérieures. De plus en plus d’études montrent que le jeu vidéo peut jouer un rôle positif sur la santé mentale, notamment face à la dépression. Entre distraction salvatrice, stimulation cognitive et sentiment d’appartenance grâce aux communautés en ligne, le jeu ne se limite pas à un simple passe-temps : il peut devenir un allié précieux pour le moral.

Quand les jeux vidéos aident à contrer la dépression et l’anxiété

Une étude enthousiasmante menée par des chercheurs de l’université d’East Carolina aux Etats-Unis a récemment mis en lumière l’incroyable potentiel des jeux vidéo grand public dans le traitement de la dépression et de l’anxiété. L’équipe de scientifiques a collaboré avec une soixantaine de sujets, tous « champions » dans leur combat contre la dépression nerveuse. Grâce à la création d’un groupe témoin composé de la moitié des participants, les chercheurs ont été ravis de constater une impressionnante diminution de 57% en moyenne des symptômes de la dépression, accompagnée d’une réduction de l’anxiété et d’une nette amélioration de l’humeur des sujets. Ces effets bénéfiques ont été observés aussi bien à court terme (après seulement 30 minutes de jeu) qu’à long terme (après 1 mois).

Les jeux vidéo peuvent ainsi être envisagés pour le traitement des troubles dépressifs et de l’anxiété, en tant que complément voire à terme remplacement des thérapies standards actuellement en pratique.

Pour aller plus loin, Scientific Brain Training, la société à l’origine du programme HAPPYneuron, est fière de travailler depuis plusieurs années sur le site Scientific Brain Training PRO, une plateforme innovante dédiée aux professionnels de santé, élaborée par une équipe passionnée de neuropsychologues, chercheurs et médecins sous la direction inspirante du Dr Bernard Croisile. Son objectif est de simplifier et centraliser la gestion de la remédiation cognitive et des programmes de rééducation, offrant ainsi un soutien précieux. Scientific Brain Training PRO se révèle être un outil efficace et prometteur pour traiter une large gamme de traumatismes et atteintes cognitives, neurologiques, psychiatriques et dégénératives, dont la dépression, grâce à des programmes spécialisés ludiques et interactifs, conçus avec soin pour stimuler et réhabiliter les fonctions cognitives. N’hésitez pas à en parler avec enthousiasme aux professionnels de santé que vous côtoyez !

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Combattre les pensées négatives

La dépression est une maladie qui touche un jeune sur quatre, mais il existe des solutions innovantes pour aider les adolescents sur le chemin de la guérison. Des chercheurs néo-zélandais ont conçu un jeu vidéo inspirant, nommé Sparxx, qui encourage les jeunes à prendre soin de leur bien-être mental. Ce jeu rappelle les classiques, mais avec un twist positif : le joueur crée un avatar personnel pour relever des défis enrichissants. L’objectif ? Atteindre la guérison ! Pour avancer, il devra surmonter des petites épreuves symbolisées par des insectes, représentant des pensées négatives comme « personne ne m’apprécie » ou « je ne vaux rien », mais il apprendra vite qu’avec une pensée positive, tout est possible. Des conseils enrichissants sont également partagés tout au long de l’aventure, enseignant aux adolescents à gérer leur colère grâce à des exercices de relaxation.

Des résultats encourageants

Et ça marche ! Durant près de trois mois, les chercheurs ont en effet suivi 168 jeunes, âgés de 12 à 17 ans, présentant des signes de dépression. Ces sujets ont été séparés en deux groupes : le premier suivait une thérapie de cinq semaines avec des séances chez un psychologue tandis que le second a testé le jeu durant plusieurs semaines. Il apparaît que 44 % des ados ayant testé le jeu ont vaincu leur dépression, alors que le chiffre tombe à 26 % pour ceux de l’autre groupe. Des résultats plutôt encourageants, selon les chercheurs.

Créer un lien social

La thérapie par le jeu vidéo n’en est pas à son coup d’essai. Le psychologue François Lespinasse a été le premier thérapeute en France à utiliser ce traitement, en partenariat avec l’infirmier José Perez, dès 1995, à l’hôpital de jour de Bordeaux. Ils se servaient des jeux Super Mario 2 et 3 pour créer un lien et socialiser les enfants inhibés, voire autistes. D’autres thérapies de ce type ont été appliquées chez les adultes afin de remédier aux troubles liés à la solitude et à l’ennui. Et ainsi redonner confiance à la personne. Pourtant, bien que cette méthode se révèle efficace, les professionnels estiment que cette thérapie ludique doit être accompagnée d’un traitement psychologique adapté. Les séquences de jeux sont très encadrées et limitées, et ce, pour ne pas tomber dans l’addiction. Il est nécessaire, en outre, que le patient adhère au principe et soit capable de gérer une activité de trente à quarante-cinq minutes.

Quelles utilisations en santé ?

1. La rééducation.

Bien plus qu’un divertissement, le jeu vidéo est devenu un outil précieux dans le domaine de la rééducation :

  • Physique : après une blessure, une intervention chirurgicale ou un AVC. Il peut améliorer la force musculaire, la souplesse, la coordination et l’équilibre. Exemple d’innovation de jeu vidéo avec : Voracy Fish, développé pour aider les victimes d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) à rééduquer leur membre supérieur. Le principe ? Il met en scène un poisson affamé que le joueur doit diriger en utilisant un joystick, une souris ou une tablette, en effectuant des exercices de rééducation fonctionnelle avec leur main.
  • Cognitive : il aide à améliorer la mémoire, la concentration, la perception spatiale et la résolution de problèmes chez les personnes atteintes de troubles cognitifs tels que la maladie d’Alzheimer ou la démence. Exemples de jeux pour répondre aux besoins des patients atteints de problèmes cognitifs : Memory Motivation ; XTORP ; Sea Hero Quest VR.
  • Orthophonique : pour les patients souffrant de dyslexie, afin de les aider dans leur compréhension de la langue, leur capacité de lecture et d’écriture, ainsi que pour leur mémoire et leur attention. Exemple de jeu : Mila Learn , disponible sur smartphone ou tablette, destiné aux enfants âgés de 7 à 11 ans, qui propose des activités musicales pour stimuler les tâches rythmiques, les capacités auditives et visuelles, ainsi que les actions motrices, pour accompagner le développement.
  • Psychologique : peut assister les personnes atteintes de troubles mentaux tels que l’anxiété, la dépression ou le TSPT ( Trouble de Stress Post-Traumatique) dans la gestion de leurs pathologies.

2. La gestion de la douleur.

Des chercheurs d’hôpitaux en Suède et en Slovénie ont mené une étude clinique impliquant 14 patients amputés du bras, souffrant de douleurs fantômes.

Ils ont joué à un jeu vidéo de course de voitures au cours de 12 séances avec leur bras amputé. Les résultats ont montré que :

  • L’intensité de la douleur avait baissé de 32%,
  • La fréquence des douleurs avait diminué de 61% pendant le sommeil et de 43% pendant la journée.

En outre, quatre personnes sous antidouleurs ont pu réduire leur consommation de médicaments.

3. L’éducation & la formation.

Jouer pour apprendre, les jeux vidéo sont une façon amusante et interactive d’éduquer les patients sur la prévention des maladies, les symptômes et les traitements, tandis que la formation des soignants peut être améliorée par des simulations pratiques pour une expérience d’apprentissage immersive et efficace. 

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4. La santé mentale.

Les jeux vidéo peuvent se révéler être un allié surprenant pour la santé mentale :

  • Pour distraire les patients souffrant de dépression et d’anxiété, tout en renforçant les comportements positifs tels que l’exercice, la socialisation mais aussi en les confrontant à des situations qui les angoissent.
  • Contre les troubles de l’alimentation : ils se présentent comme option de traitement pour les troubles tels que l’anorexie et la boulimie, donnant l’occasion aux patients de développer des compétences en matière de nutrition et de cuisine, de suivre un plan alimentaire et d’établir des routines alimentaires saines.
  • Contre les troubles bipolaires : avec « bipoLife », mini-jeu pédagogique créé par une équipe de médecins et le studio de jeux vidéo français Ubisoft pour aider les patients bipolaires à gérer leurs dérèglements d’humeur en simulant des situations de la vie quotidienne. Bien que ce jeu puisse être utilisé par tous, il est destiné aux adultes en raison de son contenu potentiellement choquant. Il enseigne les différentes phases de la maladie et montre comment un patient peut stabiliser ses émotions grâce à des actions quotidiennes et un traitement approprié. 

Les jeux pouvant aider à la santé mentale :

Life is Strange : True Colors – un game play basé sur l’empathie

Dans ce jeu vidéo d’aventure graphique à choix multiples, le joueur incarne Alex Chen, une jeune femme qui débarque dans la ville de Haven Springs où son frère a trouvé la mort lors d’un mystérieux accident. Elle décide d’enquêter sur les circonstances de sa mort en partant à la rencontre des habitants. Pour trouver des réponses à ses questions elle va être aidée par son pouvoir surnaturel : sa capacité à ressentir les émotions des autres.

 Céleste, ou la lutte contre la dépression

Ce jeu vidéo indépendant offre deux grilles de compréhension, et de game play, au joueur. Dans un premier temps, on découvre incarner Madeline, une jeune femme qui se lance le défi de gravir le mont Céleste. Pour cela il va falloir, grâce à des mouvements précis et une réactivité à toute épreuve, éviter les obstacles comme les fossés, et grimper des parois raides. 

Au cours du jeu, on réalise alors que Madeline souffre de dépression : très angoissée, elle doit alors affronter ses phobies et son anxiété pour franchir tous les obstacles et atteindre le sommet du mont Céleste. Beaucoup ont été touchés par le cheminement personnel de Madeline représenté par son ascension.

 Le jeu vidéo Gris pour voir la vie en rose

Si vous êtes sensibles aux atmosphères paisibles et aux beaux graphismes, Gris est fait pour vous. Ce jeu vidéo indépendant a ému beaucoup de joueurs à travers le monde. Ce petit ovni nous permet d’incarner une jeune fille appelée Gris qui évolue dans un monde mélancolique. Elle se lance dans une longue quête pour retrouver sa voix, l’ayant perdue. Ce cheminement va lui permettre de vaincre sa propre noirceur pour gagner en sérenité. En résolvant des petites énigmes et évoluant dans cet univers aux couleurs changeantes, le joueur va avancer dans cette quête.

Ici, on peut facilement reconnaître que les thématiques liées à la dépression, au deuil et à l’anxiété sont évoquées proposant une expérience de jeu particulièrement émouvante.

 Hellblade : Senua’s Sacrifice conçu avec l’aide de psychiatres

Attention âmes sensibles s’abstenir ! Dans cet univers de fantaisie très sombre, nous suivons la quête de la guerrière Senua qui doit rejoindre Helheim pour sauver l’âme de celui qu’elle aime. Mais dans cette aventure, son pire ennemi va être… elle-même. Elle souffre de troubles psychologiques, devant lutter contre des hallucinations visuelles et auditives tout au long du jeu.

Pour rendre l’expérience la plus réaliste possible, l’équipe de développeurs a fait appel à des psychiatres et spécialistes en neurosciences afin de pouvoir partager les symptômes de cette malade de la façon la plus juste possible.

Un jeu particulièrement réussi qui a été acclamé par la critique.

The Quarry pour gérer ses angoisses

Ce jeu d’horreur cinématographique nous permet de faire la connaissance de nombreux personnages que nous pouvons incarner tour à tour. Ici, un groupe de jeunes moniteurs de colonie décide de passer une ultime nuit ensemble à la fin de l’été dans un camp déserté au coeur de la foret. Le joueur va devoir prendre des décisions à la place de chaque personnage pour survivre à une nuit d’horreurs.

Pour cela, il va falloir comprendre la psychologie de chaque personnage mais également leurs traumatismes passés et leurs angoisses pour prendre les bonnes décisions. Un jeu où empathie et réflexes seront la clé pour sauver un maximum de personnes face à de mystérieuses et violentes attaques de monstres…

Mentions spéciales:

Tous les jeux de types souls like qui donnent un sentiment de réussite après les épreuves

Jeux vidéo et santé mentale : “En jouant, je reprends le pouvoir”

Longtemps pointés du doigt (sans preuve scientifique) pour justifier la violence d’un individu, les jeux vidéo ont été réhabilités par plusieurs études qui soulignent leurs bienfaits. Pour de nombreuses personnes, jouer contribue à améliorer la santé mentale. Témoignages.

« À l’annonce du premier confinement en mars 2020, j’avais peur, se souvient Louise, 26 ans. Je craignais pour ma santé, pour mon travail, pour mon avenir. C’est à ce moment que mon copain m’a fait découvrir Animal Crossing sur Switch. Je n’avais jamais joué sur une console avant ça et j’ai tout de suite adhéré. Ça me permettait de penser à autre chose qu’à l’épidémie : mon seul problème était alors de savoir comment rembourser Tom Nook [un personnage auquel on souscrit des emprunts dans le jeu, ndlr]. »

Comme Louise, des millions de joueurs et joueuses ont (re)découvert les joies du gaming pendant ces deux mois passés entre quatre murs. Vecteur de lien social, manière de réduire le stress ou de s’évader : les jeux vidéo présentent de nombreux bienfaits pour la santé mentale.

“Une colère en moi et un besoin de l’extérioriser”

Pendant longtemps, on a plus volontiers établi un lien entre les œuvres vidéoludiques et la violence, principalement lorsqu’une tuerie de masse survenait aux États-Unis. Pourtant, « les études ne montrent pas de lien de causalité entre un jeu violent et un comportement violent », rappelle Vanessa Lalo, psychologue clinicienne spécialiste des pratiques numériques, sur France Culture.

C’est même le contraire puisqu’une étude de 2020, menée par Andrew K Przybylski, professeur en Comportement humain et technologie à l’université d’Oxford, admet une corrélation entre le gaming et le bien-être. Le cas de Louise, dont les parties d’Animal Crossing l’ont aidée à supporter un moment difficile, n’est pas isolé.

Pour Paul*, 24 ans, cela a commencé dès l’adolescence. « J’ai subi un abus sexuel durant l’enfance. Il a donné lieu à un procès, mais je me suis rendu compte en grandissant que les psychologues ne m’avaient pas beaucoup accompagné. Ajoutons à cela un père qui est un “sacré personnage” et on peut dire que j’avais une colère en moi et un besoin de l’extérioriser. J’ai beaucoup joué à Tekken puis à Grand Theft Auto, où j’ai tué pas mal de monde. Mais cette violence n’était pas le principal attrait. Ce que j’aime dans les jeux, c’est la grande sensation de liberté qu’ils procurent, en particulier dans les open-world. En jouant, je reprends le pouvoir de narration. C’est pourquoi j’ai également passé énormément d’heures sur Les Sims. »

Au contraire, toujours d’après ces mêmes résultats, les personnes qui jouent à des jeux compétitifs en ligne sont celles qui bénéficient le moins des bienfaits psychologiques que peuvent avoir les jeux vidéo. Sur le sujet, on se souvient notamment du craquage, passé à la postérité, du streamer Kameto, évoquant le jeu League of Legends : « Depuis que j’ai repris LoL, c’est trop nul frère, je m’énerve pour rien alors que rien ne s’est jamais aussi bien passé [dans ma vie]. » D’autant que l’étude le précise : c’est un usage modéré qui peut avoir des bénéfices émotionnels, psychologiques et costauds, tandis qu’un usage excessif peut être nocif.

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Conclusion:

En conclusion, les jeux vidéo peuvent être de véritables alliés face aux maladies mentales : ils offrent des espaces d’évasion, stimulent la concentration, favorisent la créativité et permettent même de recréer du lien social. Cependant, comme toute bonne médecine, la dose fait la différence : jouer peut apaiser, mais l’excès risque d’isoler et d’aggraver certains troubles. L’essentiel est donc de trouver un équilibre, où la manette devient un outil de bien-être sans jamais remplacer l’accompagnement médical ni la vie réelle. En somme, les jeux vidéo ne sont pas des ennemis, mais des partenaires précieux… à condition de savoir quand appuyer sur « Start » et quand penser à « Pause ». 🎮

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