Pokemon (Saison 1 1997)

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Un jour je serais le meilleur dresseur… et comme tout grand projet stratégique digne d’un plan quinquennal version Pikachu, ça commence par… sécher les cours et partir à l’aventure à 10 ans avec une souris électrique qui refuse d’entrer dans sa Poké Ball.

La saison 1 de Pokémon, c’est littéralement un stage intensif de gestion de ménagerie portative : attraper tout ce qui bouge, défier des champions qui ont clairement trop de temps libre, et survivre aux interventions quotidiennes d’une équipe de bras cassés qui annonce son arrivée comme une troupe de théâtre dramatique.

Entre un Sacha qui vise la ligue mais oublie parfois les bases (genre viser la cible avec une Poké Ball), un Pikachu sous caféine permanente, et un Pokédex qui juge tout le monde avec la froideur d’un professeur blasé, cette première saison pose les fondations d’une épopée où l’objectif officiel est “devenir maître Pokémon”… mais l’objectif réel est surtout de voir jusqu’où on peut voyager sans jamais vieillir.

Bref, un road-trip animé où chaque épisode prouve qu’avec de la motivation, un sac à dos magique et beaucoup d’électricité statique, on peut conquérir le monde… ou au moins le Bourg Palette.

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Contexte de création

La série animée Pokémon est lancée sur la vague du succès des jeux vidéo : imaginée par Satoshi Tajiri (avec Jun’ichi Masuda et Ken Sugimori) et produite par le studio OLM, elle débute au Japon le 1er avril 1997. À l’origine, Tsunekazu Ishihara (futur patron de Pokémon Company) était même contre cette adaptation – il avait calculé que « les séries d’animation basées sur un jeu vidéo tiennent six mois, ou au mieux un an » ! Contre toute attente, l’anime s’inscrit dans une stratégie marketing globale gigantesque : la diffusion américaine commence en septembre 1998, 20 jours avant la sortie US des jeux Rouge/Bleu, et devient un « monstre du marketing » mondialisant l’univers Pokémon. Avec son ton bon enfant, le dessin animé véhicule l’image du duo Sacha–Pikachu et est aujourd’hui « considérée comme l’adaptation de jeu vidéo la plus réussie ». Notons que le studio a imposé Pikachu comme mascotte : Junichi Masuda explique que c’est la production de l’anime (OLM) qui a suggéré de « mettre en avant Pikachu, qui était déjà très populaire chez les enfants ». De même, même si la Team Rocket existe dans les jeux, c’est OLM qui a inventé Jessie et James pour donner du relief aux méchants de la série.

Saison 1 – Périple et humour:

La première saison (Indigo League) suit donc les débuts de Sacha Ketchum, 10 ans, qui part de Bourg-Palette avec son nouveau Pokémon Pikachu pour devenir Maître Pokémon. Le récit est simple et très fidèle à la structure du jeu : Sacha parcourt la région de Kanto pour obtenir huit badges en battant les Champions d’arène. En chemin il rencontre Ondine (Misty) et Pierre (Brock) – eux-mêmes Champions d’arène dans le jeu – qui décident de le suivre. Ils forment un trio hétéroclite (héros tête brûlée, fille en colère et garçon séducteur) qui a pour mission de collectionner des monstres de poche et de résister aux plans de la Team Rocket. Jessie, James et leur Miaouss, figure comique de l’organisation, tentent à chaque épisode de subtiliser Pikachu… pour échouer lamentablement à la façon d’un cartoon.

La série mise clairement sur l’humour involontaire et les gags récurrents : la Team Rocket entre en scène avec tambours et slogans démesurés, finit invariablement catapultée dans les airs par un coup de Pikachu, et justifie son statut de bouffon officiel du dessin animé. Dans un article, IGN résumait d’ailleurs l’Indigo League comme une suite d’épisodes « ennuyeux, répétitifs » où « la Team Rocket essaie son dernier stratagème pour capturer Pikachu… et échoue misérablement ». Les auteurs n’hésitent pas à jouer sur ce ressort comique : par exemple, l’épisode où Sacha perd son Charizard (Dracaufeu) qui refuse de lui obéir est traité avec un sérieux dramatique qui prête à rire en retour. Mais la saison sait aussi sortir l’émotion : qui n’a pas versé une larme devant « Bye-Bye Butterfree », le départ tragique de Papilusion, ou l’affrontement final de Sacha sur le Plateau Indigo, où son Dracaufeu tourne le dos en plein match ? Au final, la Saison 1 oscille entre aventures épiques et situations burlesques, le tout dans un esprit très « seconde degré » : on y voit un 10‑ans en short passer à deux doigts de détruire Céladopole, tout en suivant à la lettre la quête « attrapez-les tous » dessinée par le jeu.

Points communs avec Pokémon Rouge et Bleu

La série s’appuie explicitement sur le scénario des jeux Rouge/Bleu. On y retrouve donc :

  • Bourg-Palette, le Professeur Chen et la région de Kanto : Sacha commence sa route au même endroit que le joueur et doit gagner huit Badges dans les villes de Kanto pour défier la Ligue Indigo.
  • Les Champions d’arène principaux : Ondine (Azuria) et Pierre (Argenta) sont bien référencés comme Champions d’eau et de roche, exactement comme dans les jeux, de même que les autres leaders (Major Bob à Jadielle, Morgane à Lavanville, etc., évoqués dans la série).
  • La Team Rocket : organisation antagoniste installée à Céladopole dans les jeux, elle est omniprésente dans l’anime. Le trio Jessie/James/Miaouss agit comme anti-héros grotesques, reprenant l’idée du jeux (travailler pour Giovanni) mais en mode comique.
  • La Ligue Pokémon (Indigo) : Sacha affronte la Ligue comme le joueur aurait affronté les Élite 4 et le champion. Dans les deux cas, l’objectif ultime est le titre de Maître Pokémon, symboliquement remporté (dans le jeu) contre le « grand maître » ou finaliste. La série montre Sacha perdre en finale contre Richie, en écho au jeu où on ne maîtrise pas tout (notamment quand un Pokémon désobéit).
  • Rival et personnages clés : le rival du héros dans les jeux (Blue, fils du professeur Chen) est incarné ici par Régis (Gary), qui possède les mêmes Pokémon… et le même Miaouss domestiqué. On retrouve aussi les starters mythiques de Kanto (Bulbizarre, Salamèche, Carapuce) – que Sacha finira par capturer au fil de la saison – ainsi que les créatures sauvages (Rattata, Tauros, etc.) et objets (Poké Balls, potions) du jeu, bien que la manipulation des TMs/HMs soit oubliée à l’écran.
  • Premier Pokémon alternatif : différence notable, Sacha commence avec un Pikachu récalcitrant au lieu d’un starter classique. Ce choix scénaristique (fait pour renforcer la popularité de Pikachu chez les enfants) diverge du jeu d’origine, mais cimente la liaison jeu/animé en créant un emblème plus « merchandising » – tout en gardant le principe de base de la collection de Pokémon.
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En résumé, la Saison 1 emprunte massivement à l’univers de Rouge/Bleu (géographie, arènes, objectifs, Team Rocket, rival, etc.), pour offrir aux joueurs un spectacle animé qui reste cohérent avec le jeu. Son ton kitsch et son humour potache (« préparer une roche », « on dirait un chat, c’est un chat, c’est un chat… ») sont l’aspect animation studio OLM ajouté au canevas du jeu. Le résultat est devenu culte : ce cocktail d’aventure naïve, de personnages emblématiques et de gags récurrents a lancé la Pokémania dans les années 90.

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